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- Style + Membre : Steve Hogarth & R. Barbieri , Kino [uk], Fish
 

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MARILLION - Misplaced Childhood (1985)
Par BUDDY le 12 Novembre 2005          Consultée 26615 fois

Tout a été dit, ou presque, sur ce groupe légendaire qu’est MARILLION. Que le groupe doive son nom à un roman fantastique de Tolkien ne suffirait pas à résumer ce que ce génial combo a apporté au rock progressif. Fish et ses acolytes n’ont pas un look branché : ils sont nettement plus proches de bûcherons irlandais que du style dandy de Brian Ferry. En tout cas, Fish ne paie pas de mine dans ses trainings de sport, ses capes de concert satinées et son maquillage à la Peter Gabriel.

Et c’est en 1985 que Fish et sa tribu sortent ce qui constitue une référence dans le monde du rock et celui du rock progressif. Misplaced Childhood est une fresque de 41:16, que vous prenez plaisir à écouter en vous laissant bercer par les mélodies planantes de Mark Kelly et de Steve Rothery et par l’énorme charisme que dégage Fish qui, sous des allures de grosse brute et de vieil ours mal léché, sait dompter sa voix à merveille et la rendre tour à tour douce, violente, mélancolique et visqueuse. Oui, mesdames, cet homme-là sait tout faire !
Il est dit par ailleurs que cette galette est une fresque. La preuve en est qu’entre chaque titre, il n’y a pratiquement aucune coupure, comme si un peintre avait fait glisser le pinceau sur sa toile. Fish et sa bande, d’un coup de baguette magique mettent tout le monde d’accord. Un rock entremêlé de saveurs des seventies et un hard lourd des années 80. Mélange réussi et osmose totale. Misplaced Childhood est tout cela.
"Pseudo Silk Kimono" est une entrée en matière planante qui fait la part belle aux synthés de Kelly et aux glissés de guitares de Steve Rothery. La voix profonde de Fish, au milieu de cette atmosphère, laisse place après 2:14 au titre qui pourrait être considéré comme le 'tube' de l'opus. "Kayleigh" avec son intro à la guitare dopée au delay démarre fort et ce morceau fait date dans l'histoire du groupe. Une rythmique carrée encadre ce titre classique dans sa conception, mais qui n’en reste pas moins remarquable. La voix de Fish, qui explose dans le refrain, lui confère toute sa puissance. Le solo de guitare après le premier refrain est remarquable de simplicité et d’inventivité. Rothery possède un son bien à lui, qui fait toute la différence.

"Lavender" et son intro géniallissime au piano, suivie de la voix magique de Fish, ainsi que des interventions de basse et de guitare, est fort bien conduit. Son couplet calme enivre l’auditeur, jusqu’à la montée en puissance qui donne vie au refrain très syncopé lui aussi.
"Bitter Suite" est un medley de plusieurs influences du groupe (le fantôme du FLOYD n’est pas loin). La mélancolie se fait ressentir sur "Heart Of Lothian" dont la musicalité est très fine dans le couplet comme dans les ponts musicaux. Les arrêts bien à propos font de ce morceau un titre bien spécifique. Jusqu’au démarrage du passage "Wide Boy" assez syncopé à la rythmique infernale.
"Waterhole" où Ian Mosley matraque ses fûts et où la guitare de Steve Rothery est affûtée comme un sabre surprend par sa différence : c'est en effet un titre assez hard, jusqu'à ce que "Lords of The Backstage" prenne la relève avec son rythme ultra-perfectionné et saccadé à souhait, titre assez représentatif de ce que réussit au mieux le groupe. Alors que "Blind Curve" déjà en route déverse toute sa puissance, retraçant également toutes les influences du groupe.
La légèreté de "Childhoods End" pourrait faire penser à un titre commercial, mais il n’en est rien. Ce titre trouve naturellement sa place au sein de l'album, préparant l’épilogue de cette œuvre originale. La basse y joue un rôle important, c’est elle qui guide les mélodies de Fish sur pratiquement tous les couplets. Le refrain, lui aussi, est plus rock que le couplet mais parfaitement interprété.
L’album se termine avec un titre assez gras ("White Feather") qui se situe bien dans l’esprit de l’album mais ne sera pas en tête de ligne, car trop brouillon à mon goût.

Cet album des cinq Anglais est une pure merveille musicale qui, en dépit des années passant, reste un de ses meilleurs, voire le meilleur. La gageure de MARILLION était de réunir les nostalgiques des seventies et les fans du hard pur et dur. Pari réussi.

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   (3 chroniques)



- Mark Kelly. (claviers)
- Steve Rothery. (guitares)
- Fish. (chant)
- Ian Mosley. (batterie)
- Pete Trewavas. (basse)


1. Pseudo Silk Kimono
2. Kayleigh
3. Lavender
4. Bitter Suite
5. Heart Of Lothian
6. Waterhole (expresso Bongo)
7. Lords Of The Backstage
8. Blind Curve
9. Childhoods End?
10. White Feather



             



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