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- Style : Bon Jovi
- Membre : Little Steven

Bruce SPRINGSTEEN - The Rising (2002)
Par SUNTORY TIME le 11 Septembre 2011          Consultée 3096 fois

C’était une belle journée.
Une journée de fin d’été.
La Big Apple rayonnait déjà, se préparant à un mardi comme les autres.
Ce ne fut pas un mardi comme les autres…

La suite, on la connaît, tous rivés devant nos postes de télé que l’on était.
Les images, la stupeur, les cris, les larmes, la panique
Les « pourquoi ? », les « Qui ? », les « Oh my God ! »
Après les explosions, le grand craquement, l’effondrement.

Feu, poussière, gravats, les survivants déboussolés.
Devant nos télés, nous, citoyens des quatre coins du monde.
Une page de l’Histoire vient de se tourner, le nouveau siècle est né.
Plus rien ne sera comme avant … plus rien.

Si je parle de tout ça, c’est parce que l’album ici chroniqué est né de ce traumatisme mondial. Bruce SPRINGSTEEN, comme tout Américain, a été profondément marqué par le 11 Septembre 2001. Et dés la première soirée de soutien organisée par la télévision, le boss est arrivé, guitare folk en main, et a chanté une chanson inédite, écrite depuis un certains temps, mais qui a pris tout son sens depuis ce jour funeste. Cette chanson s’appelle « My City of Ruins ». Elle va être le point de départ de cet album intitulé The Rising (l’Elevation), album qui sera très fortement imprégné du drame vécu, et livrera un message de paix et d’espoir des plus intenses.

Bon, ça peut faire un peu Bisounours dit comme ça, mais il est vrai que The Rising est un album à thème ; chaque chanson étant liée plus ou moins à cette actualité de début de millénaire. Tout un symbole. Mais ce n’est pas le seul symbole que représente ce disque, car il est le premier album studio de SPRINGSTEEN avec le E STREET BAND dans son intégralité depuis………………… Born in the USA, en 1984 ! C’est dire si The Rising est un événement quand il sort en 2002. Même si ça faisait un moment que le Boss avait renoué avec son groupe fétiche (le Reunion Tour de 2000 a été un carton extraordinaire).

Bon, je ne vais pas m’attarder sur les fait historiques, et parler de l’album lui-même. Et je n’irai pas par quatre chemins : The Rising est un chef d’œuvre.

The Rising, c’est le retour en grâce du E Street Band, et force est de constater que 17 ans après Born in the USA, le groupe n’a pas pris une ride, et fait preuve d’une énergie débordante. La violoniste Soozie Tyrell fait désormais partie intégrante de la troupe du Boss, et agrémente presque toute les compos de cordes subtiles mais jamais agaçantes (fait très rare avec le violon country…). Et le regretté Danny Federici nous offre un très bon solo d’orgue sur la fin de « You’re Missing ».

The Rising, c’est aussi un nouveau son. Le jeune producteur Brendan O’Brien fait des merveilles en modernisant la musique de SPRINGSTEEN. Aucun album du Boss n’a sonné comme cela auparavant. On croirait que le groupe joue en face de nous ; la batterie de Max Weinberg claque magistralement, la voie de SPRINGSTEEN est chaleureuse et plus présente que jamais, les claviers sont moins présents, mais utilisés avec plus de finesse. On se retrouve avec un album très rock, puissant et électrique, mais non dénué d’arrangements acoustiques et de ballades folk (l’intro de « Countin’on a Miracle », « Empty Sky ».

The Rising, c’est ne jamais parler directement du drame qui a servi de fil conducteur à tout l’album. Il n’est jamais question d’Amérique, d’Afghanistan, de Twin Towers, de terroriste ou de soldats du feu. Tout est suggéré, et il faut attentivement décrypter les paroles des morceaux pour comprendre ce qui se cache sous d’apparentes chansons d’amour. Que ce soit la disparition de l’être aimé, victime de l’attentat (« Lonesome Day », « Into the Fire », la merveilleuse « You’re Missing » ), la déprime du pompier new-yorkais n’assumant pas son statut de héros malgré lui (« Nothing Man », sublime), la rencontre du GI et de l’afghane (« Worlds Apart »), les illusions du terroriste (« Paradise »), et la force de se relever après le drame (« The Rising », « My City of Ruins »). C’est ce qui fait tout le talent de songwriting du Boss ; ne dire les choses que par des sous-entendus.

The Rising, c’est 15 compositions inspirées pour un album très long. Mais la musique ne vire jamais au larmoiement comme on aurait pu le redouter tant la trame thématique est lourde de sens. Certaines chansons sont même joyeuses et entraînantes, telles les tubesques « Lonesome Day », « Waitin’on a Sunny Day », « Mary’s Place » ou « Let’s Be Friend ». Le morceau titre, lui, est devenu depuis un véritable hymne, avec son formidable refrain. Quand au long « Worlds Apart », il suprend dans ce style world music, avec chants orientaux et solos de guitares ravageurs. Assurément un des sommets du disque. Il y a aussi des vraies morceaux limite hard rock, comme « Further on Up the Road » et des rythmiques lourdes comme le très bon « The Fuse » ainsi que des ballades folk de toute beauté comme « Empty Sky ».
En plus d’être riche, The Rising est varié.

Et puis, il y a la chanson absolue. Autant vous prévenir, cet avis est encore plus subjectif que ce que j’ai pu écrire plus haut. Oui, j’ai bien dit la chanson absolue. Il s’agit de « Paradise ».
Cette ballade folk atmosphérique, chantée par une voix des plus chaleureuses, est pour moi la plus belle chanson que je n’ai jamais entendue, jamais je n’ai ressenti autant de frisson et cette impression que les larmes ne demandent qu’à couler. Peut-on imaginer plus beau ? De mon point de vue, non. Et pourtant je connais des morceaux plus sublimes les uns que les autres, mais « Paradise » est un Everest indépassable d'émotion. Il faut l’écouter de nuit (jamais l’idée ne me viendrai de l’écouter en plein jour) tant son ambiance est nocturne, et l’idéal serait d’être allongé sur l’herbe, un soir d’été, en regardant le ciel étoilé. Pour l’avoir fait, je peux vous garantir que vous l’atteignez, ce Paradis. Qu’importe la signification réelle du texte, « Paradise » est une chanson d’Amour, et tout le reste a peu d’importance. Vous rêvez pendant plus de 5 minutes … le plus beau des rêves.

The Rising, c’est tout ça à la fois. Un thème dramatique finement exploité, un groupe fraîchement reformé et plein d’enthousiasme, une production puissante et maîtrisée (ce qui ne sera pas forcément le cas sur les prochains albums), des morceaux variés et originaux, et un Bruce SPRINGSTEEN au meilleur de sa forme et de son inspiration. S’il y avait une critique à faire, ce serait sur les bondieuseries un peu trop omniprésentes dans les textes du Boss, surtout sur « My City of Ruins » et ses accents gospel. Mais à quoi bon leur tenir rigueur ? Durant cette sombre époque, il fallait bien ça au peuple américain pour relever la tête.

Car The Rising, c’est un album à valeur historique, reflet d’une époque, et témoignage des réflexions les plus intelligentes qui ont pu se faire face à la barbarie intégriste, ainsi que la bêtise de l’administration Bush. The Rising c’est aussi un message donc, un message pour nous dire que quelque soit la dureté de l’épreuve subie, il faut toujours se relever, faire face, ne jamais baisser les bras, être vivant. Une grande leçon de vie signé Bruce SPRINGSTEEN, encore et toujours le BOSS, le seul, l’unique.

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   SUNTORY TIME

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Bruce Springsteen (chant, guitares, harmonica)
- Roy Bittan (claviers)
- Clarence Clemons (saxophone, choeurs)
- Danny Federici (claviers)
- Nils Logfren (guitaren banjo, choeurs)
- Steven Van Zandt (guitare, mandoline, choeurs)
- Garry Tallent (basse)
- Max Weinberg (batterie)
- Patti Scialfa (choeurs)
- Soozie Tyrell (violon, choeurs)
- Brendan O’brien (arrangements, percussions)
- The Nashville String Machine (violons sur « coutin’on a miracle » et « you’re mi)
- Asif Ali Khan Groupe (chant et chœurs sur « worlds apart)
- Alliance Singers (chœurs sur « mary’s place »)


1. Lonesome Day
2. Into The Fire
3. Waitin’on A Sunny Day
4. Nothing Man
5. Coutin’on A Miracle
6. Empty Sky
7. Worlds Apart
8. Let’s Be Friend (skin To Skin)
9. Further On Up The Road
10. The Fuse
11. Mary’s Place
12. You’re Missing
13. The Rising
14. Paradise
15. My City Of Ruins



             



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