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POPOL VUH - Affenstunde (1970)
Par AIGLE BLANC le 5 Septembre 2014          Consultée 1254 fois

Affenstunde est à POPOL VUH ce que The Piper At The Gates of Dawn est à PINK FLOYD, c'est-à-dire non seulement le tout premier effort studio du groupe munichois renvoyant à la préhistoire de sa carrière, mais aussi un album qui, bien que fort intéressant et à l'identité déjà affirmée, est le résultat d'un groupe qui se cherche encore et n'a pas encore trouvé sa formule gagnante. Dans ce sens, il constitue une étape primordiale -et émouvante- pour ceux qui connaissent parfaitement l'oeuvre discographique de POPOL VUH, mais ne saurait être le choix recommandé pour quelqu'un qui voudrait commencer à explorer son univers musical.

POPOL VUH, c'est Florian Fricke à l'évidence, seul membre fondateur à figurer sur les crédits de tous les albums, de 1970 à 1999, presque seul compositeur aussi, ce qu'on appelle communément le leader (ou le père) du groupe, comme Mark Knopfler l'était de DIRE STRAITS.

Dans le courant du Krautrock ("Rock Choucroute", boutade d'un critique de rock britannique pour désigner la musique allemande des années 70/80, mais appellation devenue certifiée depuis ces années), on a englobé tous les groupes germaniques de l'époque mentionnée ci-dessus, ce qui en soi constitue une sorte d'abus qui ne rend pas justice à la diversité des artistes y appartenant. C'est ainsi que POPOL VUH ne partage aucune affinité avec KRAFTWERK ni GURU-GURU, encore moins avec CAN ni TANGERINE DREAM. Si on le place du côté du rock planant à caractère cosmique, aux côtés de Klaus SCHULZE, ASH RA TEMPEL et TANGERINE DREAM, pour ne citer qu'eux, c'est uniquement pour avoir été le pionnier, avec Walter Carlos, à explorer les possibilités techniques du célèbre synthétiseur Moog III, mastodonte archaïque, mais ô combien génial, qui anticipe avec 20 ans d'avance le principe des samples que glorifieront en leurs temps le Hip-hop et la House.

C'est le chef d'orchestre Eberhard SCHOENER qui initie Florian Fricke à cet instrument révolutionnaire. Si vous voulez vous faire une idée des sons novateurs qu'il peut émettre, pour peu qu'on sâche dompter "le fauve", souvenez-vous de la Bande Originale du film Orange Mécanique de Walter Carlos où le compositeur proposait une transposition "hérétique" des symphonies de Beethoven pour Moog Synthétiseur. Cela fit hurler les puristes à l'époque, et sans leur donner raison nous conviendrons aujourd'hui, avec le recul, que c'était bien compréhensible.
Florian Fricke fonde POPOL VUH en 1969, avec Frank Fielder (également au synthétiseur) et Holger Trülzsch (aux percussions). Le nom du groupe est emprunté au livre sacré des Maya-Quichés, ce qui lui donne sans ambiguïté son orientation clairement spirituelle, épine dorsale qui contribuera à sa couleur musicale unique, son identité la plus affirmée.

Affenstunde (traduction l'Offrande) s'organise donc en deux titres (un par face à l'époque du vinyle), le premier "Ich mache einen Spiegel" composé de 3 parties intitulées "Dream Part 4", "Dream Part 5" et "Dream Part 49" et le second qui donne son titre à l'album. Les fans de TANGERINE DREAM période Alpha Centauri se sentent plutôt en terrain familier, même si POPOL VUH ignore le lyrisme de son confrère berlinois. Cette musique fait davantage penser aux travaux des compositeurs minimalistes tels Terry Riley avec ces loops séquencés qui conduisent par leur répétition à un effet de transe. Les instruments se limitent à des percussions ethniques qui parfois remplissent entièrement l'espace sonore ("Dream Part 4"), d'autres fois jaillissent sur fond de loops improvisés de Florian Fricke au Moog III ("Affenstunde"). Certains passages ("Dream Part 5") annoncent avec 4 ans d'avance l'Ambient Music à une époque où Brian ENO n'avait pas encore découvert et nommé le concept. Comme toute musique abstraite (souvenez-vous du groupe Cluster), celle du premier opus de POPOL VUH s'avère difficile à appréhender. Découvrir le groupe par celui-ci risque de dissuader certaines oreilles de poursuivre son exploration discographique. C'est une musique qui exige d'ouvrir au maximum "les portes de la perception" de façon à la vivre comme une expérience "tripante" que, pour ma part, je ne goûte pas exagérément, ce qui ne signifie pas que le voyage n'en vaille pas la peine, mais il ne faut pas chercher l'émotion dans ce magma sonore stagnant d'une lumineuse austérité. La Bande Originale du film Planète Interdite, première musique électronique dans l'histoire du cinéma, qui date des années 50, s'avère très proche de celle que déploie le groupe de Florian Fricke. La palette sonore assez limitée en rend l'écoute très aride, ce qui surprend quand on sait les possibilités du Moog III.

Il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici de la préhistoire non seulement de l'instrument mais aussi de POPOL VUH qui proposera dès son opus suivant, In Den Garten Pharaos, une musique beaucoup plus intense et inspirée et au pouvoir incantatoire plus affirmé.

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   (2 chroniques)



- Florian Fricke (moog synthétiser)
- Holger Trülzsch (percussions)
- Frank Fielder (synthétiseur)


1. Ich Mache Einen Spiegel
- dream Part 4
- dream Part 5
- dream Part 49
2. Affenstunde



             



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