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POPOL VUH - On The Way To A Little Way (1978)
Par AIGLE BLANC le 11 Décembre 2015          Consultée 904 fois

Si vous êtes désireux d'explorer la musique pratiquée par le groupe munichois POPOL VUH, surtout ne débutez pas avec cet opus bâtard : une quasi-arnaque.

Un imbroglio inextricable est à l'origine de cet album dont la pochette conserve la trace : en effet, y est mentionné, en gros caractères, "Original soundtrack of Werner Herzog's Nosferatu". Et pour parfaire l'illusion, la photo de la pochette affiche une image du film avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani. Il s'agit apparemment de la première rencontre effective de Nosferatu et de Mina Harker quand le vampire surprend sa dulcinée face à son miroir. Sauf que dans le film, Nosferatu ne se reflète pas dans la glace (normal pour un vampire, me direz-vous). Il semble alors que ce soit plutôt une photo prise lors du tournage.

Détrompez-vous : vous n'avez pas sous la main la BO de ce film admirable, à l'exception de trois titres insignifiants utilisés fort discrètement dans le long-métrage. Et la preuve en est qu'au bas de la pochette, sous le nom du groupe, apparaît un second titre : On the Way to a Little Way. Comment? Nosferatu ne serait pas le vrai titre? Le discours officiel est le suivant : Werner Herzog aurait demandé à Florian Fricke si POPOL VUH ne détenait pas dans ses archives musicales quelques titres plus sombres, voire effrayants, qui conviendraient mieux à son remake du chef-d'oeuvre de Murnau. En effet, la musique que le groupe a composée pour Nosferatu est plus méditative et mystique que réellement angoissante.

En fouillant donc dans ses bandes magnétiques poussiéreuses, F. Fricke a fini par dénicher des bouts de musique s'approchant de ce que lui demandait le cinéaste bavarois. Les trois titres ajoutés in extremis au film sont "On the Way", "Through Pains to Heaven II" et "To a Little Way". Sauf que lesdites pistes ne présentent aucun aspect angoissant. POPOL VUH n'a jamais rien composé d'effrayant pour la simple raison que ce groupe n'a jamais été impliqué dans, voire concerné, par les films d'épouvante. Grand admirateur pourtant de F. Fricke, Werner Herzog a été mal inspiré d'espérer trouver ce type de musique dans les archives du groupe.

Ces trois titres renvoient à l'époque où F. Fricke expérimentait à partir de son Moog, c'est-à-dire au début des années 70. Explorant les possibilités de ce mastodonte appartenant à la préhistoire des synthétiseurs, le musicien avait forcément enregistré des kilomètres d'improvisations avant de jeter l'éponge le jour où il a compris que POPOL VUH était un groupe Folk acoustique. Si ces trois pistes n'avaient pas été retenues par Werner Herzog, elles n'auraient certainement jamais été éditées car elles ne présentent en l'état aucun intérêt artistique sauf peut-être celui de s'inscrire dans les prémices du courant Ambient. A mettre toutefois à l'actif du cinéaste l'intelligente intégration de ces bandes obscures dans une des meilleures séquences de Nosferatu.

Le reste de la galette est constitué de titres épars qui ressemblent davantage à des chutes de studio qu'à des compos dignes de ce nom. Alors que Florian Fricke est d'habitude le principal compositeur de POPOL VUH, on entend ici deux créations personnelles de Daniel Fichelscher (l'excellent guitariste du groupe) et du sitariste Al Gromer.

L'instrumental "Morning Sun Rays" est une ballade folk très agréable où brille la guitare acoustique de D. Fichelscher et que ponctue le jeu champêtre des cymbales. "Venus Principle" fait résonner le sitar de Gromer sur un rythme sautillant assez inhabituel au regard des normes de cet instrument ici magnifiquement interprété. Naturellement, des percussions indiennes soutiennent le rythme. C'est assez joli, encore faut-il être sensible à ce genre de musique.

D'autres titres renvoient à des albums antérieurs de POPOL VUH, notamment le très beau Brüder Des Schattens (1978). Ainsi en va-t-il de "Mantra I" et "Mantra II" fort caractéristiques du style de F. Fricke dont le piano caresse des notes méditatives alors que le sitar bourdonne à la manière d'un drone sur fond d'un choeur à peine audible. "Zwiesprache Der Rohrfloete Mit Der Saengerin" mixe le bourdonnement continu du sitar et le thème d'ouverture de l'album Letzte Tage Letzte Nächte (1976). C'est encore loupé pour ceux qui espèrent de l'inédit. "Die Nacht Der Himmel" est lui aussi un mix alternatif du fameux "Brüder Des Schattens" qui ouvre l'opus éponyme et dont on a, après avoir chassé la piste du hautbois, conservé uniquement le choeur mystérieux. Telle quelle, cette composition ne présente plus vraiment d'intérêt et apparaît comme un brouillon frustrant.

Vous avez compris que ce qui pèche le plus dans ce disque, c'est l'aberrante compilation de titres anciens anodinement remixés ainsi que l'hétérogénéité des matériaux d'origine. Pour la cohérence, passez votre chemin.

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   AIGLE BLANC

 
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- Florian Fricke (piano, moog synthétiseur)
- Daniel Fichelscher (guitares électrique et acoustique)
- Alois Gromer (sitar)
- Ted De Jong (tambura)


1. Mantra I
2. Morning Sun Rays
3. Venus Principle
4. Mantra Ii
5. On The Way
6. Through Pains To Heaven
7. To A Little Way
8. Zwiesprache Der Rohrflöte Mit Der Saengerin
9. Die Nacht Der Himmel
10. Der Ruf Der Rohrflöte



             



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