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POPOL VUH - Seligpreisung (1973)
Par AIGLE BLANC le 16 Novembre 2014          Consultée 1208 fois

Sur le plan historique, Seligpreisung est bien le quatrième album de POPOL VUH. Mais du point de vue stylistique, il pourrait bien s'agir du second seulement. En effet, le précédent effort studio, le séminal Hosiana Mantra (1972), avait révélé la nouvelle orientation du groupe de Florian Fricke qui, après deux albums expérimentaux en 1970 et 1971, avait mis au placard l'attirail électronique de ses débuts pour revenir à une veine purement acoustique plus en accord avec le tempérament de son leader. F.Fricke s'est mainte fois expliqué sur ce changement de cap radical, affirmant qu'après avoir défriché les possibilités de cette étrange machine qu'était alors le Moog-synthétiseur, il estimait en avoir fait le tour. Ses propos laissent entendre que POPOL VUH est passé aux choses sérieuses seulement à partir d'Hosiana Mantra, son vrai départ artistique en quelque sorte. Dans ce cas, l'opus qui nous occupe ici serait le second album du groupe.

Un tel recadrage me permet d'envisager Seligpreisung sous l'angle du pari risqué que représente toujours le successeur d'un chef-d'oeuvre ou d'un succès planétaire. Rappelez-vous l'angoisse qui fut celle du jeune MIKE OLDFIELD lorsqu'il fallut offrir au public et aux critiques un petit frère à son monumental Tubular Bells. PINK FLOYD avait senti une pression terrible au moment d'entrer dans le studio pour enregistrer le successeur de Dark Side of The Moon. Les deux artistes sus-mentionnés avaient su contre toute attente rebondir sur leur précédent succès et proposer une grande oeuvre (Hergest Ridge pour le premier, Wish You Were Here pour les seconds) confirmant leur génie s'il en était.

Et POPOL VUH ? A-t-il renouvelé le coup de grâce d'Hosiana Mantra ?
La réponse est négative, malheureusement. L'ombre du précédent chef-d'oeuvre fait du tort à ce nouvel opus qui affiche une bien pâle figure. Plusieurs paramètres expliquent cette déconvenue.
Le premier se cache dans la liste des musiciens ayant oeuvré à cet album. On y retrouve Florian Fricke au piano et au clavecin, normal c'est la tête pensante du groupe. Popol Vuh est sa création. Il en est le dépositaire, l'âme pour ainsi dire. C'est avec un vrai bonheur qu'on y accueille pour la seconde fois l'hautboïste Robert Eliscu et le guitariste au doigté de magicien Conny Veit. C'est sur cet album qu'entre en scène celui qui deviendra l'unique guitariste attitré de Popol Vuh dès l'année suivante, le subtil Daniel Fichelscher qui officie en plus à la batterie et au conga. L'arrivée d'un second guitariste très talentueux laissait présager un surcroît de plaisir. Alors, que se passe-t-il ? Ne voyez-vous pas l'ombre au tableau ? Djong Yun a disparu du circuit, la soprano coréenne dont le chant illuminait Hosiana Mantra n'était plus disponible lors de l'enregistrement du disque. Pour la remplacer, Florian Fricke a décidé, une fois n'est pas coutume, d'assumer le chant. Ce qui est compréhensible s'avère une erreur lourde de conséquences. Le leader de POPOL VUH, aussi talentueux soit-il en tant que pianiste ou simple compositeur, n'est pas un chanteur. En effet, sa voix au timbre sans saveur plombe systématiquement les passages où il intervient. Heureusement, larges sont ceux accordés aux seuls musiciens, notamment à nos chers guitaristes qui s'en donnent à coeur joie. La part du chant occupe approximativement un tiers du disque, c'est peu me direz-vous mais avec le chant totalement raté de F.Fricke c'est déjà trop. Je me demande si l'album en l'état n'aurait pas gagné à n'être qu'instrumental, ce qu'est d'ailleurs la majorité de la discographie du groupe.
Le second paramètre expliquant l'échec artistique du disque réside dans son format. D'une durée atteignant difficilement la demi-heure, cela s'avère trop étroit pour que les huit compositions aient le temps de s'épanouir. Certes, Hosiana n'était pas vraiment plus long (guère plus de 35 min), mais ses compositions affichaient une ampleur autrement plus convaincante.
Et c'est là qu'est le troisième paramètre : Seligpreisung est loin de présenter un degré d'inspiration digne de son prédécesseur.

Ceci étant dit, peut-on juger un peu plus objectivement cet opus ? Du point de vue stylistique, Seligpreisung se veut dans la continuité de Hosiana Mantra. On y évolue dans la même atmosphère éthérée qui invite au recueillement. Les textes sont présentés comme étant signés Matt -Evangelium (du moins au dos de la pochette du vinyle). Je suppose qu'il s'agit de l'Evangile selon Saint Matthieu dont Florian Fricke entonne quelques psaumes d'une voix trainante.
Le premier titre est une belle entrée en matière où brillent déjà les deux guitares de Conny Veit et Daniel Fichelscher. Mais le chant malheureusement alourdit l'ensemble même s'il n'est qu'épisodique.
Le deuxième titre est un instrumental agréable qui met encore une fois les guitares en valeur. Il aurait mérité un développement plus important.
Le troisième titre tisse une atmosphère sereine et rêveuse que le hautbois de Robert Eliscu magnifie tandis que les beaux accords au piano de Fricke scandent la composition. Dans sa dernière partie, une guitare s'élance dans un solo entraînant qui réveille la batterie pour proposer le versant rock de l'album. Un rock très soft toutefois, qui n'égratigne pas la délicatesse de la composition. Les quelques apartés vocaux encore une fois m'apparaissent hors de propos. Heureusement, ils ne sont jamais envahissants.
Ce qui n'est pas le cas du titre suivant qui donne l'impression d'une certaine confusion tant les guitares partent un peu dans tous les sens.
Dans les deux pistes suivantes, Florian Fricke entonne jusqu'à plus soif un "Halleluia" qui sonne quand même incroyablement new age avant la lettre. Cela confère au disque un aspect sectaire qui nuit à son désir sincère d'universalité. Je n'ai rien contre l'élan mystique, mais mes poils se hérissent lorsque la foi trouve des accents d'une mièvrerie si affligeante. C'est d'autant plus dommage que le piano demeure très beau dans ses accompagnements et que le hautbois parvient dans ses rares interventions à amorcer un début d'envol dans des compositions par ailleurs vraiment trop mollassonnes.

Le disque se finit en queue de poisson alors que le titre ne semble pas terminé comme si l'enregistrement était arrivé en bout de bobine. Déagréable façon de quitter un album apparemment bâclé et assez peu inspiré.

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   (2 chroniques)



- Florian Fricke (piano, clavecin, voix)
- Daniel Fichelscher (guitare électrique, batterie, konga)
- Conny Veit (guitare électrique, guitare 12 cordes)
- Klaus Wiese (tambour)
- Robert Eliscu (hautbois)


1. Selig Sind, Die Da Hungern...
2. Tanz Der Chassidim
3. Selig Sind,die Da Hier Weinen...
4. Selig Sind, Die Da Willig Arm Sind...
5. Selig Sind, Die Da Leid Klagen...
6. Selig Sind, Die Sanftmütigen...
7. Selig Sind, Die Da Reinen Herzens Sind...
8. Ja,sie Sollen Gottes Kinder Heiben...



             



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