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POPOL VUH - Coeur De Verre (1977)
Par AIGLE BLANC le 27 Juin 2015          Consultée 810 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Après la bande sonore mythique de Aguirre (1972), Coeur de verre est la seconde BO officielle signée POPOL VUH pour un film de WERNER HERZOG. Bien que cela soit mentionné sans ambiguïté sur la belle pochette du disque, rien n'est aussi simple.
Je voudrais ici mettre en évidence les nombreux imbroglios liés aux musiques de films de POPOL VUH. Un visionnage des films concernés (Aguirre, Coeur de verre, Nosferatu, Fitzcarraldo, Cobra Verde) suffit à démasquer la supercherie. Je le déclare quitte à secouer les certitudes rassurantes : jamais POPOL VUH n'a composé la moindre parcelle de musique pour le cinéaste WERNER HERZOG. Au-delà du caractère délibérément exagéré de ma sentence, il est une vérité bonne à dire.
La musique contenue dans cet album n'a que peu à voir avec le film. En effet, le cinéaste n'en a conservé qu'une infime parcelle, et encore rares sont les morceaux figurant dans l'album que l'on entende dans le film et vice-versa. Coeur de verre en revanche doit s'apprécier comme un opus studio à part entière, et c'est à ce titre que je l'aborde ici.

De tous les disque estampillés BO du groupe de Florian Fricke, il s'agit incontestablement du plus abouti, du plus riche et du plus inspiré. Sept compositions toutes plus intéressantes les unes que les autres, ce qui, comparé à l'unique thème d'Aguirre, satisfait le mélomane qui y trouve matière suffisante pour ses oreilles.
Globalement, les compositions sont d'un niveau supérieur à celles de l'album Das Hohelied Salomos. A la guitare et aux percussions, Daniel Fichelscher prend une plus grande importance en terme de présence physique, ce qui confère à l'album une empreinte rock plus marquée, même si elle se fond à la perfection dans les atmosphères méditatives chères à Florian Fricke. Débarrassé de ses accents les plus mièvres, la musique de Popol Vuh retrouve sa vraie grandeur. Bien qu'on soit en droit de regretter l'absence de la soprano coréenne Djong Yun, il est surprenant de constater que le chant ne manque jamais à ces compositions instrumentales de toute beauté. Quant au piano, il est relégué à l'arrière-plan. C'est à peine si on le remarque. Dans la discographie du groupe, c'est assez rare pour être signalé.

Le disque débute admirablement par l'un des titres les plus réussis de POPOL VUH : « Engel der Gegenwart ». Dans ces six minutes d'une rare intensité, le crescendo amorcé par la guitare électrique déploie une atmosphère incantatoire particulièrement prenante. La guitare d'abord entonne des notes en picking espacées puis de plus en plus resserrées, tandis que la mélodie au départ en suspension finit par déployer ses corolles les plus séduisantes. La très belle progression mélodique de la guitare, soutenue par des percussions toujours aussi extatiques, conduit à une accélération brutale du tempo marquée par une guitare sautillante que dédoublent les pistes sonores. C'est beau, inclassable, transcendantal : bref du pur POPOL VUH.
On retrouve une ambiance équivalente dans le second mouvement, « Blätter Aus Dem Buch Der Kühnheit », tout aussi réussi où les percussions éblouissent jusqu'à l'extase.
« Hüter Der Schwelle » constitue un autre pic de l'album. Même s'il évolue dans la même veine que les deux cités précédemment, il s'avère particulièrement réussi dans le matraquage guitaristique et percussif qu'il nous assène. L'effet assommant que provoquent les deux instruments trouve sa délivrance dans l'envol lyrique de la guitare électrique où D.Fichelscher laisse libre court à sa verve. Encore un titre d'une beauté à couper le souffle.
Dans « Singet, Denn Der Gesang Vertreibt Die Wölfe », POPOL VUH retrouve les accents pastoraux qu'il affectionne tant et qui m'évoquent à merveille les doux paysages de Bavière. La ligne mélodique ne varie pas beaucoup, mais la vigueur de l'exécution conduit l'auditeur encore une fois au firmament.
« Gemeinschaft » rappelle de par sa construction mélodique le titre d'ouverture, un cousin en somme, qui conclut l'album en lui conférant sa belle unité.

Dans Coeur de verre, POPOL VUH nous offre un condensé de son art, celui qui le rend si précieux à nos coeurs de dentelle. Une nouvelle réussite intemporelle aux couleurs chatoyantes, source de sérénité et de recueillement.

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   AIGLE BLANC

 
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- Daniel Fichelscher (toutes les guitares et percussions)
- Florian Fricke (piano)
- Mattias V. Tippelskirch (flûte)
- Al Gromer (sitar)


1. Engel Der Gegenwart
2. Blätter Aus Dem Buch Der Kühnheit
3. Da Lied Von Den Hohen Bergen
4. Hütter Der Schwelle
5. Der Ruf
6. Singet, Denn Der Gesang Vertreibt Die Wölfe
7. Gemeinschaft



             



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