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POPOL VUH - In Den Garten Pharaos (1972)
Par AIGLE BLANC le 26 Septembre 2014          Consultée 1511 fois

Un an après son premier effort studio dominé par une improvisation à base de loops, de percussions ethniques et de drones extatiques, POPOL VUH nous revient en forme avec un nouvel opus qui, sans révolutionner la formule du précédent, nous invite à une expérience sensorielle plus aboutie. Les membres du groupe n'ont pas changé : on retrouve Holger Trülzsch aux percussions tribales, Frank Fieder et Florian Fricke au Moog-synthétiseur. Quelques évolutions sont à noter cependant dans la panoplie des instruments intervenant dans le studio, et c'est au leader d'en assumer la pleine maîtrise. En effet, Florian Fricke est crédité, en plus du Moog-synthétiseur, à l'orgue et au piano-Fender. Cela paraît fort minime comme différence, mais suffit à transformer les premiers balbutiements en une œuvre fort intéressante, plus cohérente encore dans le choix des sonorités proposées.

La galette est composée de deux longues plages où domine l'improvisation. La première est celle qui donne son titre à l'album: « In den Garten Pharaos » (Dans les jardins du Pharaon). Etrangement, ce n'est pas celle qui justifie vraiment le titre du disque, dans la mesure où vous aurez beau jeu d'y chercher la grandiloquence à laquelle on s’attendait avec pareil patronyme évoquant des images grandioses de pyramides et de foules telles que nous en ont abreuvé les peplums au cinéma. Ce titre, au contraire, se caractérise par sa discrétion. Le Moog y distille des traits dont la texture sonore se rapproche de celle des scies musicales et que vient contrebalancer un chœur étrange aux volutes éthérées produit par le second synthétiseur. Puis, quand s'ajoutent les percussions africaines, la masse sonore produite dessine une ambiance fortement exotique qui invite à la méditation. Enfin, l'arrivée du piano-Fender de Florian Fricke emmène la composition vers des territoires plus anachroniques où pointent les échos d'un jazz 70s’ fort dépaysant à la Herbie Hancock. Le voyage, même s'il demeure principalement intérieur, vaut le détour. Le morceau se termine par des sons marins qui transportent en leur sein les origines de toute vie sur terre.
Malgré sa grande retenue, la composition propose une déambulation poétique apaisante.

La seconde et dernière plage, « Vuh », est celle qui justifie non seulement le titre de l'album mais aussi son achat. Il s'agit d'une composition pour orgue, cymbales et chœurs, qui renvoie au Pink Floyd du Live à Pompéi, c'est-à-dire aux albums A Saucerful of Secrets et Ummagumma. On ne peut cependant pas accuser POPOL VUH de plagiat tant ces claquements de cymbales et autres percussions sont le reflet aussi d'une époque psychédélique dans laquelle cet album, de par son année de publication, s'inscrit naturellement. « Vuh » ne propose presque pas d'évolution musicale, ce qui, compte tenu de la prédominance des percussions dans l'espace sonore, pourrait faire craindre l'ennui. Heureusement, la composition évite cet écueil grâce à la puissance incantatoire des chœurs (générés par le Moog, mais époustouflants de réalisme) qui amplifient la bacchanale des percussions de façon exponentielle. Sincèrement, dans le genre, je n'ai rien entendu de plus puissant, à part certes le « A Saucerful of Secrets » de PINK FLOYD, longue plage de batterie au rythme effréné. Mais chez POPOL VUH la dimension mystique et transcendantale conduit le morceau jusqu'aux confins de notre réalité, nous laissant entrevoir, au loin, les dieux païens de l'Egypte, tandis que l'orgue magnifique de Florian Fricke confère une ambiance d'église à l'ensemble. De ce chaos sonore époustouflant, jaillit la lumière divine, l'auditeur se sent immergé dans le feu, les ténèbres, à moins qu'il s'imagine assister à une messe sacrificielle à l'intérieur d'une pyramide d'Egypte.
Avant DEAD CAN DANCE, nous avions POPOL VUH. Dieu puisse l'en remercier.

Comment prévoir, après la publication d’In den Garten Pharaos, que Florian Fricke abandonnerait définitivement l'électronique et se débarrasserait de son Moog III ? C'est que le bonhomme, après s'être passionné pour la théorie des vibrations, a découvert la religion. Sa musique, profondément mystique, s'est ouverte alors à l'acoustique pour mieux se rapprocher du divin. Son énorme Moog, Fricke le vendit à son confrère Klaus Schulze en 1976, lequel l'utilisa la première fois sur son mythique Moondawn. Mais, en 1972, un certain Edgar Froese ayant écouté le second album de POPOL VUH invita son leader à venir jouer du Moog sur le premier titre de l'album Zeit. Le monde des musiciens décidément est bien petit.

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- Holger Trülzsch (percussions tribales)
- Frank Fieder (moog-synthétiseur)
- Florian Fricke (moog-synthétiseur.)


1. In Den Garten Pharaos
2. Vuh



             



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