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NEW-AGE/AMBIENT  |  B.O FILM

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- Style : Dead Can Dance, Irene Papas & Vangelis, Yatha Sidhra
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POPOL VUH - Cobra Verde (1987)
Par AIGLE BLANC le 26 Décembre 2016          Consultée 1343 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Les musiques de POPOL VUH pour les films de Werner Herzog sont presque toutes sujettes à caution. Le leader Florian Fricke a toujours pioché dans les archives du groupe pour nourrir ces B.O dont certaines, Aguirre, Nosferatu et Coeur de verre principalement, font l'objet d'un petit culte. En fait, j'ai toujours eu du mal à les considérer comme de vraies B.O's.
Cobra Verde, 4ème collaboration officielle de POPOL VUH et du cinéaste allemand, présente enfin une musique absolument inédite composée semble-t-il exclusivement pour le film éponyme avec de nouveau, et pour l'ultime fois, la présence fulgurante du fou génial qu'était Klaus Kinski. Mais en 1987, la côte de Werner Herzog est au plus bas et son film se voit descendu en flèche par la critique cinématographique dans son ensemble.

La musique de POPOL VUH reflète sans bavure l'ampleur d'un tel naufrage. Il est extrêmement pénible pour un fan du groupe munichois comme votre serviteur d'assister à l'effondrement artistique de Florian Fricke qui n'a plus rien de neuf à dire depuis belle lurette et se trouve contraint pour pallier ce manque d'aller picorer par-ci butiner par-là des plans empruntés à plusieurs albums de sa discographie pour nourrir une B.O peinant à masquer l'indigence de son propos.
8 compositions pour 36 petites minutes dont pas une seule seconde n'est à sauver. A la rigueur, le titre le plus respectable reste celui qui ouvre l'album ("Der Tod Des Cobra Verde") et qui décrit la mort de Cobra Verde à la fin du film. Florian Fricke livre une composition chorale conforme à ce à quoi il nous avait habitués depuis Fitzcarraldo, Sei still Wisse Ich Bin et Agape Agape, c'est-à-dire empreinte d'un profond mysticisme à laquelle la scène finale du long-métrage confère une dimension pathétique assez prégnante. Mais en l'absence des images, il ne reste de ce chœur a cappella qu'une certaine gravité solennelle quelque peu absconse. La magie depuis (i]Fitzcarraldo s'est belle et bien diluée dans une soupe ésotérico-new-age de plus en plus agaçante. Les 4 titres suivants qui constituent la face A de l'édition vinyle ("Nachts : Schnee", "Der Marktplatz", "Eine Andere Welt" et "Grab Der Mutter") sont une arnaque scandaleuse. Tout d'abord, ce ne sont pas 4 titres qu'enchaîne POPOL VUH, mais bien un seul réparti sur 4 pistes. Si ce titre unique étiré sur 12 minutes présentait le moindre intérêt et si Florian Fricke nous en livrait 4 belles variations agrémentées d'un développement un minimum inspiré, cela pourrait à peine passer auprès d'un auditeur indulgent comme l'est souvent le fan avant que ses paupières ne se décillent. Mais cette composition sans queue ni tête, qui plus est exécutée au synclavier, s'avère d'une banalité affligeante. Il ne suffit pas de tapisser l'espace sonore à coups de nappes de claviers éthérées pour faire de la bonne musique ambient. Florian Fricke n'a rien préparé d'avance, ne sait pas où il va ni pourquoi il y va. C'est le vide intersidéral le plus navrant. De plus, ce recours aux nappes de claviers sonne déjà des plus ringards en 1987. Florian Fricke avait abandonné le Moog synthétiseur en 1974 parce que l'exploration de cette machine énorme lui avait révélé une impasse artistique. Il n'aurait pas dû revenir à l'électronique le temps d'une B.O comme Cobra Verde : le résultat est une véritable insulte pour tous ceux (TANGERINE DREAM, Klaus SCHULZE, VANGELIS etc.) qui ont su élever la musique électronique au rang de l'art.

La face B, bien que davantage variée dans ses arrangements, enfonce encore davantage l'album dans l'innommable. Le film se déroule en Afrique certes, mais cela justifiait-il l'existence d'un titre tel que "Die Singenden Madchen Von Ho Ziavi" qui voit l'intervention a cappella d'un chœur féminin africain dans le style kermesse du village ? Cela ne présente aucun intérêt autre que documentaire. Le titre de clôture, "Ha'Mut, Bis Dass Die Nacht Mit Ruh' Und Stille Kommt", du haut de ses 9 minutes, retrouve un peu de poésie grâce au piano recueilli de Florian Fricke et de profondeur grâce au chœur mélancolique, sans que cela constitue pour autant un atout majeur. L'ambiance est sombre, solennelle, soutenue par le chœur délicat fort bien intégré au background synthétique, mais sans jamais atteindre le niveau du grand POPOL VUH.
Par pitié, si l'envie vous prenait de découvrir POPOL VUH, surtout ne portez jamais l'oreille sur cette B.O indigne qui risquerait de vous éloigner à jamais de ce groupe par ailleurs magique.

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   AIGLE BLANC

 
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- Florian Fricke (piano, clavier, chœur)
- Daniel Fichelscher (guitare, percussion, chant)
- Renate Aschauer-knaup (chœur)
- Kristen Riter (chœur)
- Irmgard Hecker (chœur)
- Troupe Culturelle De Zigi Ho (chant)
- Chœur De L'opéra D'état De Bavière


1. Der Tod Des Cobra Verde
2. Nachts : Schnee
3. Der Marktplatz
4. Eine Andere Welt
5. Grab Der Mutter
6. Die Singenden Madchen Von Ho, Ziavi
7. Sieh Nicht Überm Meer Ist's
8. Ha'mut, Bis Dass Die Nacht Mit Ruh Und Stille Komm



             



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