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ROCK  |  LIVE

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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - At Budokan (1978)
Par JASPER LEE POP le 14 Mai 2016          Consultée 672 fois

En stratégie militaire, on connaissait la victoire à la Pyrrhus, soit une victoire amère obtenue au prix de lourdes pertes. En stratégie rock'n'roll business, il faudra désormais parler de victoire à la Kiss, soit un succès obtenu grâce à un album live (Alive!) succédant à trois premiers albums plus que tièdement accueillis. C'est ce qui va se passer avec nos copains de CHEAP TRICK et de façon encore plus cocasse puisque le coup de billard sera à deux bandes via le Pays du Soleil Levant.

Alors que le staff de chez Epic s'arrache les cheveux pour faire percer leurs poulains aux States dans l'indifférence générale, le groupe est l'objet au Japon d'une véritable adulation grâce aux trois numéros un qu'il a décroché là-bas (sur une période très ramassée, rappelons-le). C'est bien simple, on parle d'eux comme des BEATLES américains. Et si nos quatre joyeux lurons pensent que tout ça est exagéré, les faits sont là, leurs albums se vendent au Japon comme des petits pains au wasabi et les six dates de la tournée qu'on leur a montée là-bas affichent déjà complet.

On a en effet parlé de Beatlesmania concernant les dix jours de folie que le groupe a passés sur l'archipel. Et même si on connaît l'astuce assez énervante, et ici exploitée sans retenue, consistant à pousser les cris de la foule au maximum lors du mixage, les nippones ont effectivement l'air déchaînées quand on annonce le groupe sur la scène du Budokan de Tokyo les 28 et 30 avril 1978, initialement une arène sportive dédiée aux arts martiaux construite pour les J.O de 1964 et réputée cauchemardesque à sonoriser. « Hello There », morceau introductif court, est comme on le pressentait parfait pour lancer la machine et on est d'entrée de jeu scotché par l'énergie du groupe. Oubliez le côté pop acidulé du quartet, en live les loustics ne font pas de prisonniers, c'est une tuerie rock'n'roll et ça transpire à grosses gouttes. « Come On, Come On » continue dans l'invitation à la fête et le groupe est tellement en confiance qu'il balance en troisième salve « Lookout », une chanson inédite, rejetée des sessions du premier album. C'est culotté mais Zander & co accueillis comme des demi-dieux ont compris qu'ils seraient intouchables ces soirs-là. Bun E. Carlos qu'il faudra un jour réhabiliter comme un des grands batteurs rock (toujours au service des morceaux) lance un « Big Eyes » des plus efficaces qui emporte tout sur son passage. Le groupe se permet encore de jouer une chanson à l'époque inédite puisque « Need Your Love » est issue des séances d'enregistrement de Dream Police déjà partiellement mis en boîte (le rythme de production de ces types-là était juste hallucinant). De toute façon, le public leur mange dans la main et la version live rallongée atteignant neuf minutes est superbe.

Intro batterie et déluge d'accords pour lancer le « Ain't That a Shame » de FATS DOMINO avec un Nielsen tout en slide. Domino confessera que la version live survitaminée de CHEAP TRICK est sa reprise préférée du morceau. Les écolières nippones sont au bord de l'évanouissement quand l'éphèbe blond Zander détache malicieusement les syllabes pour mieux se faire comprendre en lançant « I Want You To Want Me ». Le morceau joué en live perd le côté bubblegum vulgaire de la version studio et s'offre à nu pour ce qu'il est, une ritournelle pop-rock sacrément efficace. L'enregistrement live de la chanson ressortira avec succès en single et s'imposera dès lors comme la version définitive. Un tube fait place à un autre tube avec « Surrender ». Nielsen continue de faire le mariole et Zander lâche sa guitare sans trop savoir quoi faire de ses dix doigts (les deux concerts ont été filmés et sont visibles où vous savez) mais le morceau déjà imparable sur cire est magnifié sur scène. « Goodnight Now » n'est autre que la reprise de « Hello There » avec des paroles inversées pour clôturer le show avant le rappel que sera « Clock Strikes Ten » et sa fameuse sonnerie de Big Ben jouée par Nielsen. La captation en concert remet les pendules à l'heure en restituant la véritable énergie du groupe jamais plus dans son élément que devant des spectateurs même si, ne nous trompons pas, cet album live est retouché comme c'est la tradition à l'époque et que le son du groupe est normalement encore plus décapant comme on pourra l'entendre sur At Budokan II, soit le reste du concert sorti en 1994*.

Le disque est destiné au marché nippon à la faveur d'une brèche dans le contrat liant Columbia et Epic permettant à la première de commercialiser des enregistrements en public faits sur le seul territoire japonais. Mais très vite, le disque s'écoule en import aux USA dans des chiffres tels qu'on décide de le sortir officiellement sur le marché américain. Carton plein, Cheap Trick At Budokan s'inscrira rapidement comme un des albums live de référence et lancera pour de bon la carrière du groupe dans son pays.

* Les deux volets seront assemblés, remaniés et remixés pour constituer At Budokan : The Complete Concert, double CD sorti en 1998.

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   JASPER LEE POP

 
  N/A



- Robin Zander (chant, guitare rythmique)
- Rick Nielsen (guitares)
- Tom Petersson (basses)
- Bun E. Carlos (batterie)


1. Hello There
2. Come On, Come On
3. Lookout
4. Big Eyes
5. Need Your Love
6. Ain't That A Shame
7. I Want You To Want Me
8. Surrender
9. Goodnight Now
10. Clock Strikes Ten



             



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