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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - Rockford (2006)
Par JASPER LEE POP le 12 Mars 2017          Consultée 230 fois

Rockford est la 3e ville de l'Illinois avec 152871 habitants recensés en 2010. Les premiers colons l'avaient surnommée Forest City en raison des bois verdoyants qui l'entouraient. Plus tard, la ville hérita du surnom de Screw City parce que devenue la première productrice du pays de vis et de boulons. C'est moins glamour et le fait est que la ville assez grise n'attire pas beaucoup les touristes. Fief de CHEAP TRICK qui a rayonné autour pour écumer jusqu'à plus soif tous les clubs jusqu'à Chicago au début de sa carrière, Rockford est aujourd'hui encore le lieu de résidence de Nielsen et Carlos, improbable mais attachante fidélité. Zander vit quant à lui en Floride et Petersson à Nashville.

Baptiser un album du nom de la ville de ses débuts, c'est symboliquement fort et ça sent le retour aux sources. La critique ne s'y est d'ailleurs pas trompée en saluant la qualité du résultat. Je rappelle que deux tentatives de retour sur trois sont passées à l'as et qu'encore aujourd'hui Woke Up With A Monster et Cheap Trick '97 ne sont pas disponibles sur les plate-formes d'écoute en streaming. Alors, si l'auditeur lambda en était resté au tiède Special One, je veux bien croire que l'écoute de Rockford en a enthousiasmé plus d'un. Et qui plus est, c'est parfaitement mérité parce qu'il est aux petits oignons cet album-là.

Un petit préambule supplémentaire, avant de disséquer l'objet du délit, concernant les chœurs chez CHEAP TRICK : le groupe a toujours mis un point d'honneur à enregistrer sur bandes des chœurs qu'il pourrait reproduire fidèlement sur scène et c'est tout naturellement Nielsen et Petersson qui s'y sont collés. C'était un pari audacieux quand on connaît la voix comme déformée à l'hélium de Nielsen mais le côté comique/canard du bonhomme a contribué à forger une vraie identité autant sonore que visuelle en injectant une dose d'acidité dans le sucre. Combien de groupes auraient tiré profit ad nauseam d'une Rolls comme Zander pour assurer ses propres chœurs ? Jamais le boulot abattu sur les chœurs et les harmonies vocales par Nielsen n'a été mis plus en avant que sur Rockford. Il pousse même le vice à chanter le début et la fin du très bon et très Lennonien « O Claire » et ça passe presqu'inaperçu.

Ça commence avec « Welcome to the World », un morceau expédié en deux minutes chrono, idéal pour ouvrir les hostilités sur disque et en concert et qui rappellera fort opportunément les « Hello There » et « ELO Kiddies » des premiers albums. Forcément, ça ne déplaira à personne. On poursuit avec « Perfect Stranger », une tranche de pop up-tempo qui servira de 1er single. C'est de la grosse artillerie diablement efficace mais le morceau manque tout de même de spontanéité et sent un peu trop la recherche du tube (la faute à Linda Perry, ex-4 NON BLONDES qui coécrit et coproduit le titre?). C'est seulement après cette mise en bouche que l'album décolle réellement pour quasiment ne jamais retomber. « If It Takes a Lifetime » est une petite pépite avec les chœurs de Nielsen et Petersson, le pont orientalo-bordélico-psychédélique à la suite duquel Zander relance tout seul la machine avant d'être rejoint par des cordes jusqu'au final abrupte. C'est juste une leçon de power pop délivrée par un groupe qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts. On notera que le morceau est coécrit par Julian Raymond qui avait déjà collaboré de façon homéopathique avec le groupe par le passé et qui va de plus en plus s'imposer comme le cinquième membre du groupe sur les deux prochains albums.

Les réussites pop-rock ne manquent pas entre « This Time You Got It », mariage entre Jeff Lynne et Roy Orbison, « Every Night and Every Day » où mélodies enjouées et grosses guitares font bon ménage et la ballade dénuée de toute mièvrerie « All Those Years ». On n'oublie pas non plus de décocher quelques mandales bien senties avec « Give It Away » et son riff boogie sorti du bréviaire de STATUS QUO, « Come On, Come On, Come On » un brin bourrin, le facétieux "One More" et l'ébouriffant « Decaf » avec ses chœurs faussement sixties.

Rockford est un bien bel album qui voit le groupe revenir en force en redéployant toute la palette de ses talents là où la seule couleur mélancolique du Cheap Trick '97 avait pu rebuter certains. Bien que la composition se soit étalée sur trois ans (le groupe dit ne pas s'être posé plus d'une semaine dans un même endroit) et que la production soit signée par plusieurs mains, le résultat est cohérent et spontané. On en redemande.

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   JASPER LEE POP

 
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- Robin Zander (chant, guitare, claviers)
- Rick Nielsen (guitare, chœurs, claviers)
- Tom Petersson (basse, chœurs)
- Bun E. Carlos (batterie, chœurs)
- +
- Damon Fox (mellotron, 2)


1. Welcome To The World
2. Perfect Stranger
3. If It Takes A Lifetime
4. Come On, Come On, Come On
5. O Claire
6. This Time You Got It
7. One More
8. Every Night And Everyday
9. Dream The Night Away
10. All Those Years
11. Decaf



             



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