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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - One On One (1982)
Par JASPER LEE POP le 13 Juin 2016          Consultée 524 fois

D'après Rick Nielsen, Tom Petersson s'est fait mené par la braguette. Dagmar, un charmant mannequin allemand que le bassiste a récemment épousé, le pousse à prendre le micro et à réclamer de chanter sur la moitié des compos au sein du groupe. Quand on repense à « I Know What I Want » sur Dream Police et qu'on a un chanteur comme Zander, on se dit que tout ça n'est pas raisonnable et que ça sent l'OPA à la Yoko Ono. Petersson n'assiste même pas au mixage de All Shook Up et s'en va s'installer à Los Angeles alors que le reste du groupe demeure fidèle à Rockford malgré le succès. Le divorce est annoncé et c'est Pete Comita, guitariste de D'Thumbs, un groupe de Chicago dans lequel officient Tommy Aldridge aux baguettes et un certain Jon Brant à la basse, qui remplace Petersson à la douze cordes. Comita va faire la tournée d'All Shook Up en montrant une belle présence sur scène, enregistrer trois morceaux sur l 'album ici chroniqué et sera remercié pour ses services. Aux dires de Bun E. Carlos parce que le garçon était un fêtard un peu trop excessif (a party dog) même si de l'aveu du batteur le groupe n'était pas en reste. Du coup, on va débaucher le copain de Comita qui tenait la basse dans D'Thumbs Jon Brant. C'est sûr que Brant ne risque pas de faire de l'ombre au groupe tant il est discret et d'ailleurs, histoire de lui montrer sa place, son visage n'apparaît pas en entier sur la pochette. Pas très sympa ça, les mecs.

En parlant de pochette, les brushings de Zander et du petit nouveau datent le disque sans aucune ambiguïté possible. On est bien au début des années 80 et après l'échec de All Shook Up (relatif par rapport aux albums précédents) le groupe se cherche à nouveau. C'est Roy Thomas Baker, le producteur fétiche de QUEEN et des CARS, qu'on appelle à la production. Tout comme les brushings, le son est typique de l'époque à commencer par cette batterie sans saveur ni relief qu'on distinguerait à peine d'une boîte à rythmes sur certains morceaux. Mais si Carlos est la première victime de One on One, la deuxième, c'est l'inspiration. C'était déjà le défaut de l'opus précédent me direz-vous mais un « Stop This Game » avait quand même une sacrée tenue. Rien de ce niveau ici.

« I Want You » n'est pas désagréable mais pour débuter un album, c'est sacrément faiblard. Et puis Zander qui nous refait le coup du passage en force pour masquer les faiblesses du morceau est juste très irritant à beugler sur le refrain. « One on One » le morceau-titre est sympathique mais s'oublie aussitôt écouté. On retiendra qu'il est très probable que le riff d'intro ait pu influencer le « Come As You Are » de NIRVANA. On sait l'affection que portait Cobain à CHEAP TRICK. La ballade en habituelle troisième position s'appelle ici « If You Want My Love » et c'est une des rares réussites de l'album si on veut bien excuser l'emprunt un peu trop flagrant à « While My Guitar Gently Weeps » sur la première partie du pré-refrain. Et puis arrive « Oo La La La » qui résume bien où en est le groupe à cette époque-là. Le morceau entraînant dépote joyeusement avec ses cuivres mais c'est clairement une chanson gag qui finit vite par tourner court. C'est toujours aussi sympa de voir Nielsen faire le zouave avec sa collection de chandails infâmes (celui de la pochette et des clips issus de l'album décroche le pompon) tant ça tranche agréablement avec le sérieux de la plupart des autres groupes mais il ne faudrait pas que l'humour se substitue à la qualité et là, on est obligé de constater qu'on est loin de celle d'Heaven Tonight.

Le deuxième single « She's Tight » fonctionne plutôt bien malgré un synthé gadget agaçant mais on est là encore dans le clin d'œil un peu trop appuyé comme si le groupe s'excusait de ne proposer que cela. Ce sera néanmoins suffisant pour les gars de POISON qui pomperont le riff d'intro pour « Talk Dirty to Me ». « Time is Running » n'est pas une chanson, c'est un refrain qui tourne en boucle avec une vague ébauche de premier couplet. Même constat pour « Love's Got a Hold on Me » qui termine en fade après avoir à peine commencé. Quant au troisième single « Saturday at Midnight », rien de tel qu'une écoute de ce morceau pour mesurer le désarroi du groupe qui ne sait plus dans quelle voie s'engouffrer. New wave radiophonique ? Allez-y, les gars ! La version instrumentale de 7 minutes (« Super New Dance Remix », tout est dit!) sur la face B du 45 tours vaut son pesant d'or. « I Want Be Man » et « Four Letter Word » très synthétiques témoignent encore de l'égarement du groupe.

One on One n'a pas ramené au bercail les fans qui ont abandonné le navire CHEAP TRICK depuis l'album précédent et s'il a pu sonner frais et sympathique à l'époque, il laisse apparaître aujourd'hui trop de défauts. Le groupe attire encore suffisamment de monde pour tourner dans des grandes salles mais au sein de la maison de disques et du management, on commence à sérieusement s'inquiéter. Et ça donne quoi du côté du lâcheur Petersson ? Celui-ci va enlever un « s » à son patronyme et sortir en 1984 un EP sous le nom de Tom Peterson and Another Language dans un style new wave post-Blondie. Devinez qui chante ? Dagmar. Par la braguette, avait dit Nielsen !

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   JASPER LEE POP

 
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- Robin Zander (chant, guitare rythmique)
- Rick Nielsen (guitares, basse)
- Jon Brant (basse)
- Bun E. Carlos (batterie)


1. I Want You
2. One On One
3. If You Want My Love
4. Oh La La La
5. Lookin' Out For Number One
6. She's Tight
7. Time Is Runnin'
8. Saturday At Midnight
9. Love's Got A Hold On Me
10. I Want Be Man
11. Four Letter Word



             



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