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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - Special One (2003)
Par JASPER LEE POP le 14 Février 2017          Consultée 223 fois

Six ans séparent cette nouvelle livraison des Tricksters de leur précédente, l'excellent album éponyme de 1997. C'est qu'il a fallu se relever de deux cuisants échecs successifs avec une major (Warner) et un label indépendant (Red Ant). Chat échaudé craint l'eau froide, le quatuor monte son propre label (Cheap Trick Unlimited) et négocie désormais la distribution avec Big3 Records. Special One n'est pas si mauvais que beaucoup ont voulu le dire. Le problème, c'est qu'il n'est pas non plus bon, loin s'en faut. Pas très vendeuse mon intro, hein ?

Le groupe se prend d'abord pour les WHO sur le morceau d'ouverture "Scent Of A Woman", ou en tout cas Zander se prend pour Daltrey. Il en fait des tonnes en déclinant ad nauseam que l'homme ne serait qu'une sous-merde sans la gente féminine sur le mode "When A Man Loves A Woman" en dix fois plus lourdingue pour être honnête. Calme-toi Robin, tu as suffisamment la cote auprès des soccer moms, pas besoin d'en rajouter. Le morceau tient la route mais on a connu mieux pour un single et on est d'ores et déjà inquiets pour le reste du disque. "Too Much" rassure dans une veine pop que le groupe maîtrise depuis des lustres. Ça sentirait presque le pilotage automatique si ce n'était ce pont sympathique qui relance efficacement l'intérêt. "Special One" s'inscrit dans la tradition des morceaux à tempo lent et à ambiance malsaine inaugurée brillamment par "Heaven Tonight". Ici, le groupe nous emmène faire une ballade au Japon mais le tour operator n'a pas les moyens de ses ambitions et c'est un ratage. Pas complet et c'est bien dommage parce que le potentiel était là, le morceau en lui-même n'est pas vilain mais les arrangements kitsch dignes des 80s sabotent méthodiquement l'entreprise. Une version chantée en Japonais a été enregistrée pour servir de bonus à l'édition nippone et on aurait dû en rester là.

Autre problème de taille, l'ordre des chansons de l'album est calamiteux. Le très bon "Pop Drone" qui suit, autre tempo lent atmosphérique n'est pas appréciable à sa juste valeur du fait même de son positionnement après "Special One" qui lui savonne la planche. Même erreur impardonnable pour l'enchaînement "Sorry Boy" et "Best Friend", deux morceaux individuellement déjà bien monotones qui mis bout à bout plombent l'écoute de la seconde moitié de l'album de façon durable. Et là, le mal est fait, ce ne sont pas le tout juste honnête "My Obsession" et la ballade pourtant convaincante "Words" où Zander roucoule comme LENNON qui sauveront un album totalement déséquilibré. Et que dire du binôme final constitué de "Low Life In High Heels" et de "Hummer", soit deux fois le même morceau, le deuxième étant un remix du premier signé par le producteur hip hop Dan The Automator ? Zander tire sur sa clope, se met à fredonner, Carlos et Petersson font tourner un beat technoïde sacrément addictif et Nielsen joue les Billy GIBBONS période Afterburner. C'est un morceau gag et ça fonctionne très bien mais pas au point de nous le servir deux fois de suite.

Quand vient l'heure du bilan, on est sacrément embêtés. Special One n'est pas la catastrophe annoncée mais la poignée de bons morceaux qu'il contient n'est pas mise en valeur. Autre défaut de l'album, son manque d'unité au niveau de la production. Chaque producteur (Chris Shaw, Steve Albini, Jack Douglas...) y va de son style et ça part dans tous les sens sans aucune retenue. Comme disent les Anglais, il y a trop de cuistots dans la cuisine. Corrigez-moi si je me trompe les gars, mais vous êtes seuls maîtres à bord maintenant, personne ne vous a mis un calibre sur la tempe. Quand on repense à la production organique impeccable de l'opus précédent (je vous ai déjà dit qu'il était bon, celui-là?). Special One est à bien des égards supérieur à bon nombre d'albums du ventre mou de la carrière de CHEAP TRICK ; mais après six ans d'absence le compte n'y est pas et la déception (l'agacement?) est au rendez-vous après un retour gagnant trop longtemps attendu.

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   JASPER LEE POP

 
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- Robin Zander (chant, guitare)
- Rick Nielsen (guitare)
- Tom Petersson (basse)
- Bun E. Carlos (batterie)


1. Scent Of A Woman
2. Too Much
3. Special One
4. Pop Drone
5. My Obsession
6. Words
7. Sorry Boys
8. Best Friend
9. If I Could
10. Low Life In High Heels
11. Hummer



             



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