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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - Standing On The Edge (1985)
Par JASPER LEE POP le 11 Juillet 2016          Consultée 405 fois

Vous connaissez Mark Radice ? C'est un chanteur/musicien/producteur qui a eu un petit succès d'estime en sortant quelques albums dans les années soixante-dix. Gene, son père, était un ingénieur du son réputé qui a œuvré pour HENDRIX, le VELVET UNDERGROUND et plein d'autres. Avec un paternel comme ça, le petit Mark baigne tellement tôt dans la musique qu'il est signé à sept ans par RCA Records en 1964. Précoce, le gosse ! Pour la petite histoire, il sort en 1967 chez Decca le 45 tours « 10,000 Years Old Blues » sur lequel un certain Steven Tallarico âgé de 20 ans frappe sur les fûts. Le type en question troquera vite les baguettes contre des foulards et se fera appeler Steven Tyler. Et assez ironiquement, il retrouvera Mark Radice quelques années plus tard en l'embauchant pour tenir les chœurs et les claviers en tournée. C'est d'ailleurs lui qui est crédité sur le Live ! Bootleg d'AEROSMITH.

Bon, t'es gentil, Jasper mais quel est le rapport avec le Standing on the Edge de CHEAP TRICK ? Et bien, le rapport, c'est que Radice gagne principalement sa croûte en tant que song doctor et on lui doit pas moins de 4000 compositions pour un paquet d'artistes de tous poils comme MICHAEL BOLTON, EDDIE MONEY, BARBRA STREISAND, j'en passe et des pires. Et pour CHEAP TRICK donc. Ça faisait un moment que la maison de disques des Tricksters poussait à la roue pour leur imposer un compositeur extérieur. Le groupe avait tenu bon et avait dû accepter la mort dans l'âme le choix forcé d'une reprise navrante sur Next Position Please. L'album n'ayant pas marché, cette fois-ci ils n'y coupent pas et à l'exception de deux titres, Radice cosigne la totalité des compos. Il faut dire que l'entreprise CHEAP TRICK bat sérieusement de l'aile et que le groupe ne tourne plus en tête d'affiche. Ils assurent désormais les premières parties de HEART et de REO SPEEDWAGON et ne sont plus en mesure de négocier. Sacré coup au moral.

L'album s'ouvre sur « Little Sister », l'unique compo signée Nielsen et on serait tenté de prendre le parti de la maison de disques tant c'est peu inspiré. On s'attardera plus tard pour expliquer les ratés de la prod mais le morceau cumule beaucoup des tares de l'époque et la collection d'effets en tous genres est assez insupportable. Et du côté des paroles, après « Younger Girls » sur l'album précédent et maintenant « Little Sister », le côté pervers pépère devient lourdingue, les mecs. « Tonight It's You » est le single ultra mélodique de l'album et fonctionne plutôt bien. Dépouillé de ses guirlandes, il s'intégrera même comme un gant au répertoire du groupe en live. Ça se gâte méchamment avec « She's in Motion », vulgaire et synthétique. On aimerait croire à une parodie de BILLY SQUIER mais non, c'est du premier degré. « Love Comes » est le genre de ballade qu'on trouve typiquement sur tous les albums de hair metal de l'époque, ici dégoulinante du synthé de Radice. « How About You » sent trop la formule pour être mémorable.

« Standing on the Edge » rebalance un peu de punch bienvenu et, récemment exhumée sur scène, la chanson retrouve une seconde jeunesse débarrassée de ce clavier irritant au possible. On écoute le reste de l'album mal à l'aise en reconnaissant les trucs récurrents et formules des song doctors de l'époque (Jim Vallance, Desmond Child...), « Cover Girl » n'est pas désagréable mais on souffre pour nos héros d'antan qui paraissent dépossédés de leurs moyens.

On aurait adoré que la production relève un peu le niveau et on était tout jouasse d'apprendre que Jack Douglas, le découvreur du groupe dans une salle de bowling et le producteur du premier album en 1977 était à nouveau derrière les manettes mais hélas le bonhomme est davantage accaparé par le procès qu'il a intenté à Yoko Ono pour non-paiement de royalties sur les Double Fantasy et Milk and Honey de LENNON (il lui réclame 2,5 millions de dollars et il aura gain de cause). Résultat, il met les voiles avant le mixage et c'est Tony Platt qui termine le boulot. Ou le massacre, au choix. Les synthés tocs de Radice sont mis en avant, les guitares sont délavées et des pistes de batterie électronique remplacent des prises acoustiques. Écœuré, Bun E. Carlos se désolidarise de la production en signalant dans les crédits qu'il est juste responsable de la batterie acoustique et des cymbales.

Standing on the Edge est un mauvais album et c'est d'autant plus regrettable qu'on avait voulu croire à un retour en grâce initié par Next Position Please. Si le tiercé d'albums précédents est clairement d'un niveau inférieur au quarté initial considéré comme l'âge d'or du groupe, il y avait sur chaque opus suffisamment de morceaux valables pour maintenir l'intérêt. Ça n'est plus le cas et Standing on the Edge inaugure réellement la période la plus médiocre de CHEAP TRICK. Mark Radice va accompagner le combo sur une tournée au terme de laquelle il fera la connaissance de Jim Henson qui l'embauchera pour composer pour les Muppets. Il travaillait encore récemment pour Sesame Street ayant visiblement trouvé son bonheur chez les marionnettes.

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   JASPER LEE POP

 
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- Robin Zander (chant, guitare)
- Rick Nielsen (guitares)
- Jon Brant (basses)
- Bun E. Carlos (batterie acoustique)
- Mark Radice (claviers)


1. Little Sister
2. Tonight It's You
3. She's Got Motion
4. Love Comes
5. How About You
6. Standing On The Edge
7. This Time Around
8. Rock All Night
9. Cover Girl
10. Wild Wild Women



             



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