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- Style : The Beatles , The Move , Electric Light Orchestra
- Membre : Bun E. Carlos
- Style + Membre : Robin Zander

CHEAP TRICK - Dream Police (1979)
Par JASPER LEE POP le 15 Mai 2016          Consultée 528 fois

Un rappel du contexte est de rigueur pour juger au mieux le quatrième album studio de CHEAP TRICK. Les séances d'enregistrement de celui-ci sont quasiment bouclées quand le groupe part faire sa tournée de six dates japonaises. À la surprise de leur label, le live At Budokan initialement réservé au marché nippon qui sort là-bas en octobre 1978 s'écoule tellement bien en imports que la décision est prise de le sortir sur le marché américain en février 1979. Et c'est la baraka que l'on sait. Du coup, la maison de disques va retarder la sortie de Dream Police une fois mis en boîte pendant huit mois, le temps d'exploiter le filon jusqu'à plus soif en sortant deux singles extraits du live (« I Want You To Want Me » et « Ain't That A Shame »). Tout ça pour dire que les membres du groupe ne savent pas encore que le succès sera au rendez-vous à l'heure où ils composent et enregistrent cet album et qu'ils cherchent encore la recette miracle pour décrocher la timbale dans leur pays. Il faut aussi rappeler que CHEAP TRICK est soumis à un rythme éreintant depuis 1977 en enchaînant albums et tournées et qu'une pause dans l'écriture du successeur de Heaven Tonight aurait peut-être été la bienvenue.

Ah, la photo de la pochette à nouveau signée Miles Reid, improbable croisement des Village People et du Body Talk d'Imagination avant l'heure, c'est quelque chose ! On a beau savoir que les CHEAP TRICK sont des marrants, on s'inquiète quand même un peu. Est-ce qu'ils auraient pris un tournant fatidique disco à l'instar de KISS produit par Vini Poncia ? Non, pas tout à fait. N'empêche que des petites touches disco pointent leur nez ici et là. On sent que, faute de savoir que la recette de Heaven Tonight était finalement la bonne, ça tâtonne, ça essaie des choses avec plus ou moins de bonheur.

Tenez, prenez la chanson-titre, la première écoute fut un vrai choc. Qu'est-ce que c'est que ce clavier qui éclipse à ce point la guitare ? Et ces cordes ? Et cette orchestration pour le moins chargée, limite bling-bling ? L'étonnement laisse vite place à l'enthousiasme tant la chanson est un bijou d'écriture pop extrêmement bien construite avec sa montée en puissance et elle deviendra vite un des incontournables du groupe. Le sujet de la manipulation mentale est peu ou prou le fil rouge thématique de toutes les chansons et ça, ça inquiète aussi. Qu'est-ce que les joyeux drilles de Rockford sont allé faire du côté des concept-albums ? Bon, passons et voyons ce que donne la suite. « Way of The World » serait une très bonne compo si ce n'était ce nappage de synthé et de cordes. Monsieur Werman, vous n'auriez pas une version basique rock dans vos stocks, s'il vous plaît ? Les harmonies vocales sont en revanche du meilleur goût. « The House is Rockin' (With Domestic Problems) » renoue efficacement avec le CHEAP TRICK classique et s'annonce comme une locomotive lors des concerts.

Et puis arrive « Gonna Raise Hell » et ça commence à se compliquer. Le morceau qui débute comme une espèce de parodie de hard-rock lourdaud typique de certaines compos de Gene Simmons s'embourbe dans une jam disco qui peut faire sourire lors de la première écoute mais qui lasse très vite ultérieurement. Le truc dépasse les neuf minutes. « I'll Be With You Tonight » n'est pas désagréable, Zander s'y donne à fond mais ça sent le réchauffé ou le pilotage automatique, au choix. « Voices » est une ballade d'inspiration Beatlesque en général et Harrisoniène plus particulièrement qui divise, certains fans de CHEAP TRICK la trouvant dégoulinante, mais trop sucrée ou pas, ça reste une bonne chanson et le groupe nous pondra plus tard d'autres ballades moins convaincantes. Non crédité, le solo est signé Steve LUKATHER.

Autant être franc, à ce moment-là de l'écoute, une vraie déception s'installe. On sait d'ores et déjà que le groupe ne réitérera pas le quasi sans -faute de leur précédent méfait. Et la suite ne va pas rectifier le tir. « Writing on the Wall » s'oublie vite et « I Know What I Want » aurait tout juste pu se hisser à la moyenne s'il n'avait pas été chanté par Petersson (et dire qu'il devait à l'origine chanter « Voices » ! On l'a échappé belle). Non, Tom, s'il te plaît, contente-toi de manier la basse, exercice où tu excelles. On termine avec « Need Your Love » que l'on connaissait déjà depuis Budokan. On pensait que la jam finale était propre à son interprétation en concert, il n'en est rien. Le morceau pourtant très bon dépasse les sept minutes inutilement.

Ça part dans tous les sens au niveau de la production et si on a pu reprocher le son trop lisse de In Color, il y avait au moins une vision d'ensemble qui est ici absente. Hormis les trois premiers titres et « Voices » si on aime les sucettes, la qualité des compositions n'est pas au rendez-vous. On en vient naturellement à regretter que le groupe n'ait pas pu profiter des huit mois d'attente liés à l'exploitation du live japonais pour recharger ses batteries et prendre un peu de recul pour écrire sereinement. On aurait également adoré que le clavier Jai Winding se casse la jambe avant les séances et se rétablisse tranquillement chez lui.

3,5/5 non arrondi à quatre étoiles puisque inférieur à In Color. Dommage parce qu'une provision d'étoiles aurait été bienvenue quand on sait ce qui nous attend.

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   JASPER LEE POP

 
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- Robin Zander (chant, guitare rythmique)
- Rick Nielsen (guitares)
- Tom Petersson (basses)
- Bun E. Carlos (batterie)


1. Dream Police
2. Way Of The World
3. The House Is Rockin' (with Domestic Problems)
4. Gonna Raise Hell
5. I'll Be With You Tonight
6. Voices
7. Writing On The Wall
8. I Know What I Want
9. Need Your Love



             



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