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- Membre : The Velvet Underground , John Cale , Lou Reed And John Cale , Metallica, Antony And The Johnsons, Reed, Anderson, Zorn

Lou REED - Legendary Hearts (1983)
Par LE BARON le 3 Septembre 2016          Consultée 587 fois

Les êtres humains sont des mammifères. En tant que tels, ils ont tous un nombril. Certains d’entre eux aiment à tourner autour et, pour peu qu’ils écrivent ou chantent, vont même jusqu’à nous faire part du résultat de cette observation d’eux-mêmes. Cela peut créer des chefs-d ‘œuvres. Ou pas. Et force est de constater que Lou REED, après un Blue Mask franchement faible, continue sa formidable chevauchée de la médiocrité. Où diable est donc passé son talent d’auteur ? Lui qui savait peindre une situation en quelques traits, raconter une vie en 4 vers ? Son écriture est désormais au 1er degré, désespérément plate.

Il continue la navrante description de ses états d’âme. Il ne parle que de lui, un peu de sa femme, et bien sûr de sa moto, sur laquelle il roule ivre et a un accident. Le Lou REED de l’époque est un beauf ordinaire. Lorsqu’on pense qu’il a écrit « Walk On The Wild Side » ou « Street Hassle », on se demande s’il s’agit bien de la même personne. Est-il à ce point usé par l’alcool ?

Même les aficionados auront du mal à sauver quelques morceaux. La mention de Christophe Colomb et de Roméo peut-être ? Parfaitement creuse dans « Legendary Hearts » pour l’un et « Home Of The Brave » pour l’autre, elles aboutiront à « Romeo Had Juliet » sur l’album New-York. Mais s’il faut creuser ainsi pour sauver quelques restes, c’est bien qu’il n’y a rien à sauver. Lou REED, grand auteur de chansons, n’est pas non plus Dostoïevski, ou Flaubert, et son œuvre ne mérite pas l’étude des exégètes.

Mentionnons la perle de l’album, l’infâme chanson ! Dans « Betrayed », Lou nous raconte comment il a été trahi par une femme. Sa famille (à elle) l’a éloigné de lui, et il est en colère, Lou. Jusque là, c’est au fond du rock médiocre mais ordinaire. Mais la cerise sur le gâteau est dans l’interprétation : il chante complètement faux, et chevrote comme jamais.

La musique est au diapason, fade. Les musiciens, quoique tous bons, s’ennuient visiblement. Robert QUINE (guitare) cachetonne, Fred MAHER (batterie) est si sobre qu’il en est inexistant. Fernando SAUNDERS, à la basse, tente de remplir l’espace sonore en harmonisant en permanence. C’est pénible. Il s’agit pourtant de la formule musicale que Lou REED utilisera désormais : deux guitares (dont lui, alors on ne sait pas bien si ça fait vraiment deux), une basse, une batterie. C'est un des charmes de l’album, même si c’est une constante dans tous les disques de Lou REED. Son jeu de guitare est parfaitement reconnaissable. Il s’agit de la partie un peu à côté du temps, et pas totalement juste. Bon, tant qu’il ne prend pas de solo, hein.

Pour ceux qui en douteraient, j’aime énormément Lou REED. Certains de ses albums m’accompagnent toujours, plus de 20 ans après que je les ai découverts. Mais franchement, celui-ci touche le fond. « Bottoming Out », nous chante t-il pour évoquer le fait qu’il ait survécu à son accident de moto. Il aurait donc touché le fond et s’en serait sorti ? Pas sûr, le bougre a de la ressource, dans le talent comme dans la médiocrité.

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   LE BARON

 
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- Lou Reed (guitare, voix)
- Fred Maher (batterie)
- Robert Quine (guitare)
- Fernando Saunders (basse)


- legendary Hearts
1. Legendary Hearts
2. Don't Talk To Me About Work
3. Make Up My Mind
4. Martial Law
5. The Last Shot
6. Turn Out The Light
7. Pow Wow
8. Betrayed
9. Bottoming Out
10. Home Of The Brave
11. Rooftop Garden



             



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