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- Membre : The Velvet Underground , John Cale , Lou Reed And John Cale , Metallica, Antony And The Johnsons, Reed, Anderson, Zorn

Lou REED - Sally Can't Dance (1974)
Par LE BARON le 9 Mai 2016          Consultée 516 fois

D'abord, il y a la pochette. Un portrait dessiné de Lou REED, en buste. Blond, lunettes noires, il est de guingois. Ce qui au fond lui va bien, lui qui a toujours été de travers. Au verso, dans le reflet des lunettes noires de Lou, une jeune femme maquillée, cigarette à la bouche. On dit qu'il s'agit de Rachel, sa compagne de l'époque. Sa compagne, ou son compagnon.

Lou REED enregistre cet album après la tournée qui donnera « Rock'n'Roll Animal ». Nous sommes en 1974, il est en très mauvais état. Trop de drogues, trop d'alcool, trop de succès peut-être ? Lou REED a toujours eu une relation compliquée avec ce dernier. Il le cherchait, mais lorsqu'il en a eu, il l'a rejeté, persuadé que si on l'acclamait, c'était pour de mauvaises raisons. Il n'avait sans doute pas tout à fait tort : il sera davantage objet de fascination pour ses excès (sur scène, la mise en scène d'un « shoot ») que pour ses textes. Et en effet : punk avant l'heure, praticien de l'auto-destruction, il se déglingue sur scène et dans sa vie. Tout en conservant une écriture ciselée, et un côté « gay-friendly » loin des standards du rock.

Lou REED n'aimait pas « Sally Can't Dance »., qu'il jugeait trop commercial. Pas franchement en état de s'investir dans sa réalisation, c'est Steve Katz (celui de Blood, Sweat &Tears), qui s'en chargera.
Pourtant, l'album a beaucoup moins vieilli que certains disques apparaissant plus tard dans sa discographie. Il est une preuve de plus que Lou pouvait être d'autant meilleur qu'il était accompagné : David BOWIE, Mick RONSON, Bob EZRIN. La musique est agréable, et met du coup en relief des textes très durs (on a droit, pêle-mêle, au histoires de drogues, d'hôpitaux psychiatriques, de viol, de souffrances en tous genres), chantés d'une voix nonchalante. Loin du côté hard rock de son récent album live, la musique, un peu en retrait, sert le propos. D'une certaine élégance, la voix semble parfois à la limite de la préciosité. Et créée ainsi un merveilleux décalage d'avec le texte. La princesse qui débite des ordures. Peut-être que l'on n’atteint pas le sommet de Berlin, mais on est dans cette lignée. Et puis, côté texte, il semble que Lou n'ait plus de limite.

Prenons « Sally ». Deux chansons lui sont consacrées. « Ride Sally Ride », dont le titre est évidemment emprunté à Wilson PICKETT, et « Sally Can't Dance ». Wilson PICKETT chantait la façon dont Sally pouvait s'enflammer en dansant. Bien sûr, on peut l'entendre autrement, la musique noire américaine étant portée sur le double sens. Mais dans le cas de Lou, point de second degré. Sa version, forcément crue, est plutôt dérangeante. Sally, invitée à une soirée, ne l'a été que pour donner du plaisir aux autres, que croit-elle ? Du coup, le « Ride, Sally ride » du refrain devient sinistre. Et que dire de « Sally Can't Dance » ? Évidemment, après tout ce qui lui arrive, Sally n'est plus capable de danser... C'est à une véritable descente aux enfers que Lou nous convie. N'oublions pas qu'il est un admirateur d'Hubert Shelby, et de son « Last Exit To Brooklyn ». Sally pourrait tout à fait en être un personnage.
On retiendra également « Baby Face » : un(e) narrateur(trice) s'adresse à son amant. Et bien entendu, leur amour par à vau-l'eau. On pense à « Berlin », d'autant plus que cet amant se prénomme Jim, et que le refrain est basé sur un « I said now no no no », comme dans « Lady Day ». Notons également « Kill You Sons », une chanson que Lou jouera régulièrement en concert. Il y décrit rien moins que son expérience des hôpitaux psychiatriques, et notamment des électrochocs. Il y décrit également une famille en décomposition totale. Son père bat sa mère. Sa sœur est mariée à un pauvre type. Lou Reed, quoi !

Un album à redécouvrir absolument, même s'il a été renié par son auteur. Et qu'il est mal considéré par bon nombre de critiques.

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   LE BARON

 
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- Pakash John (bass & background vocals)
- Danny Weis (guitar, tambourine & background vocals)
- Michael Fonfara (all keyboards, including mellotron on 'ennui' & ba)
- Whitey Glan (drums)
- Richie Dharma (drums on 'kill you sons' & 'ennui')
- Doug Yule (bass on 'billy')
- Paul Fleisher (sax on 'billy')
- David Taylor, Lou Marini, Trevor Koehler (horns)
- Steve Katz (harmonica)
- Lou Reed (acoustic guitar on 'billy')


- Sally Can't Dance
1. Ride Sally Ride
2. Animal Language
3. Baby Face
4. N.y. Stars
5. Kill Your Sons
6. Ennui
7. Sally Can't Dance
8. Billy



             



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