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EMBRYO - Ibn Battuta (1994)
Par WALTERSMOKE le 15 Janvier 2018          Consultée 205 fois

Si un groupe comme EMBRYO peut se permettre de mener sa carrière comme bon lui semble sans rendre de compte à qui que ce soit, force est de constater que 5 ans, ça fait quand même beaucoup de temps à attendre. Les tournées et voyages autour du monde auraient-ils complètement accaparé la bande à Christian Burchard ? Bien sûr que oui, comment faire autrement ? Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans les bacs en 1994, avec Ibn Battuta.

Pour celles et ceux qui s'en souviennent, le précédent album, Turn Peace (1989), était bien long et bien fichu, mais doté ça et là de passages franchement ennuyeux. Fallait-il y voir les limites d'un tri peu efficace, ne serait-ce qu'en raison de sa durée ( une heure et quart) ? Ibn Battuta propose une tout autre réponse, mais tout aussi crédible : EMBRYO a bel et bien eu un moment de manque d'inspiration, sans plus. En effet, l'opus de 1994 montre un groupe plus en forme, de nouveau capable de sortir de belles envolées à mi-chemin entre l'Occident et l'Orient.

Formellement, Ibn Battuta arbore le même genre de contenu que Turn Peace, et le concurrence en termes de longueur – même si l'on est loin de Reise (1979) et La Blama Sparozzi (1982). C'est-à-dire un mélange de différentes musiques issues d'ici et d'ailleurs. Sauf que la recette a légèrement changé. Ainsi, le versant le plus occidental d'EMBRYO s'efface, même lorsque Burchard se fait plaisir avec ses marimbas (les deux parties de "1/4 Tone Jazz"). En particulier, ce sont les mystères du monde arabe qui sont mis en avant, avec quelques incartades en terre indienne. Malgré quelques couacs dans les années 80, il y a là de quoi se pourlécher les babines.

Et Dieu merci, EMBRYO sort là un album tout à fait honorable. On ne remonte pas dans les plus hautes cimes telles qu'atteintes il y a déjà bien des années, mais d'un autre côté, il paraît impossible de nier qu'on a affaire à un bon album qu'on va non seulement réécouter, mais avec un certain plaisir. Évidemment, le défaut majeure de Ibn Battuta reste le même que Turn Peace : c'est trop long. Quand bien même la musique serait excellente de bout en bout, une heure et quart d'affilée, c'est dur à encaisser et cela peut négativement influer sur l'impression finale. Toutefois, l'album n'est pas un déluge de morceaux fous furieux et bourrins, ici c'est le jazz/world qui domine, on peut donc au pire le trouver ennuyeux.

Parlons directement du meilleur : Ibn Battuta contient des morceaux qui ne font pas regretter de continuer à suivre EMBRYO. "Code 7" marche très bien dans son rôle introductif bien qu'il traîne un peu en longueur. "Prelude/Rast" est un formidable mélange, tout en tranquillité, entre l'Inde et le monde arabe, et les envolées de guitares orientales sur "Beat from Bagdad" sont enivrantes. Et en fin d'album, on ne peut qu'admirer la beauté mystérieuse et nocturne de "Zeinab", dont le seul défaut est sa production faiblarde – mais le morceau a été enregistré en live. Cependant, le vrai sommet de Ibn Battuta, c'est "Komet 41". En voilà du jazz world inventif et cool à écouter ! Les marimbas et autres vibraphones de Burchard résonnent et se baladent, en prenant le soin de nous emporter avec, et répondent aux instruments à cordes dans une ambiance détendue.

Ensuite, comme dit plus haut, le plus gros danger sur Ibn Battuta, c'est l'ennui. 72 minutes de coolitude parfois peu inspirée ("Ibn Battuta", "Simai Ka"), ce n'est pas évident, et ce même quand on a le temps. Du coup, il faut sortir la tronçonneuse et élaguer large, tailler dans le gras pour mieux mettre en valeur le meilleur de l'album. Est-ce quand même grave ? Moyennement, dirons-nous. Car Ibn Battuta laisse globalement une satisfaction notoire en fin d'écoute, tout juste lui manque-t-il un goût de « reviens-y ». Et c'est déjà bien.

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   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Christian Burchard (batterie, percussions)
- Dieter Serfas (batterie, percussions)
- Roman Bunka (guitare, oud)
- Chris Lachotta (basse)
- Chuck Henderson (saxophone, chant)
- Chris Karrer (percussions, oud, violon)
- Edgar Hofmann (vents sur 2, 6 et 8)
- Norbert Stammberger (saxophone)
- Marty Cook (trombone)
- Albrecht Huber (trompette)
- Jamal Mohmand (harmonium et chant sur 5)
- Yusuf Eshaq (tabla sur 5)
- Sima Mohmand (chant sur 5)
- Rama Krishna (basse sur 13)
- Salah Ragab (batterie sur 13)
- Ibrahim Gauala (flute sur 13)
- Khamis Henkesh (darabouka sur 13)
- Roland Schaeffer (nagaswaram sur 13)
- Adeeb Refala (oud sur 13)
- Fathi Salama (synthé sur 13)
- Alman Shafik (violon sur 13)


1. Code 7
2. Ibn Battuta
3. Komet 41
4. 1/4 Tone Jazz, Part 1
5. Man Bekhod Wa To Bekhod
6. Prelude/rast
7. Beat From Bagdad
8. Simai Ka
9. 1/4 Tone Jazz, Part 2
10. Kletta
11. 11. El Qalb Yeshak Kulli Camil
12. Andalusian Beat
13. Zeinab



             



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