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- Style : Agitation Free, Electric Sandwich
- Membre : Franz Ferdinand, Guru Guru, Xhol Caravan
- Style + Membre : Amon DÜÜl Ii, Dissidenten

EMBRYO - La Blama Sparozzi (1982)
Par WALTERSMOKE le 2 Octobre 2014          Consultée 600 fois

Après un Reise hallucinant d'excellence, EMBRYO se met à découvrir les joies des dissensions internes. Le groupe s'est gonflé à une quinzaine de membres, qu'il faut bien payer pour chaque concert donné. C'est ainsi, et à cause d'autres facteurs, que certains musiciens désertent les rangs et vont former un nouveau groupe, Dissidenten. Ceci étant, cette désaffection peut n'être vue que comme un changement de line-up de plus, avec ses départs et ses arrivées. En parlant de cela, Christian Burchard a l'honneur d'accueillir dans sa caravane musicale deux nouveaux venus remarquables. Le premier, Gerald Luciano, a fait ses gammes entre 1979 et 1981 chez Guru Guru, le fameux groupe de krautrock ; mais surtout, EMBRYO reçoit Chris Karrer, ni plus ni moins. Pour rappel, il s'agit du leader d'Amon Düül II, auteur des grands Phallus Dei (sur lequel Burchard a joué) et Yeti. Rien que ça, donc.

Côté musique, EMBRYO se trouve face à un défi de taille, à savoir évoluer tout en intégrant les nouvelles sonorités chères aux années 80. Il faut dire qu'il est bien difficile de ne pas céder à la tentation de l'usage de claviers et autres boites à rythmes, notamment au vu de ce qu'ils peuvent produire de bon. Toutefois, il faut dire que le groupe n'a pas forcément bien négocié son virage, comme en témoigne La Blama Sparozzi.

La Blama Sparozzi, sorti en 1982, est d'abord un tour de force apparent mais finalement peu étonnant. Il s'agit d'un double album, qui sort donc après Reise, qui lui aussi s'étendait sur 2 vinyles (à l'origine). Le pari est risqué, mais ça, Burchard s'en contrefout comme de l'an 40, et c'est quelque part tant mieux. Par contre, contrairement à son illustre prédécesseur, La Blama Sparozzi, en plus de posséder un nom incongru, part bien moins gagnant, la faute à une bonne partie de compositions au mieux anecdotiques, au pire ratées. Le premier morceau du disque 1, « Abart », est d'ailleurs déconcertant. On s'attend à de la fusion sans concession... et on se retrouve avec une boite à rythmes pachydermique, des claviers horriblement datés, et surtout un chant à côté de la plaque, hors du rythme. Il paraît dès lors légitime d'être inquiet pour la suite. « Reportage » rattrape un peu le niveau sans plus, et il faudra attendre le morceau-titre pour vraiment commencer à être satisfait. Il pourrait d'ailleurs suffire pour l'acquisition de l'album entier, au moins autant que « Abart », « Zapata Pasteta » ou « Pia Pia » peuvent faire l'inverse. « Kehlig Selig » commence mal et semble vain, mais quelques passages méritent une écoute, et « Cimbalero » ne sonne pas comme un morceau désagréable, au contraire.

Le meilleur de La Blama Sparozzi se trouve indéniablement sur le second disque. C'est là que se trouve l'EMBRYO qu'on aurait aimé voir sur tout l'album, là que se cachent des morceaux flirtant avec l'excellence. Un bon mot pour le qualifier est « kaléidoscope » : les guitares hispanisantes (« El Moro ») croisent le chemin de l'oud arabe (« Wasserräder »), tandis que la musique indienne se fait taquiner (« Pia Pia », « Grace »). Certains passages sont franchement pénibles, comme « Auf Gottes Äuge Wäscht Kein Grass », quand d'autres luttent pour figurer comme étant le meilleur morceau de La Blama Sparozzi, à l'image de « Nigeria/Karnataka », soit une étude aux percussions jouissive.

EMBRYO n'avait pas forcément quelque chose à perdre en plaçant son propos en phase avec son temps, mais n'en tire pas non plus une musique formidable. La preuve, les meilleurs morceaux sont ceux qui sonnent résolument world, et qui n'incluent pas trop les claviers. Dommage également que La Blama Sparozzi soit double, car en rognant quelque peu, EMBRYO signait encore un classique, ou du moins un incontournable de sa discographie.

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   WALTERSMOKE

 
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- Werner Aldinger (tuba, chant)
- Ulli Bassenge (basse, chant)
- Roman Bunka (guitares, chant, percussions, claviers)
- Christian Burchard (un peu de tout)
- Sehnap Eizard (chant, percussions)
- Wilfried Grotens (trompette)
- Muhammed Hilal (claviers, arrangements)
- Edgar Hofmann (vents, violon)
- Ibrahim (sälemeia )
- Abdul Jabar (tula)
- Chris Karrer (guitare)
- Gerald Luciano (basse, chant, percussions)
- Abdul Madjid (tambur)
- Schamsdin Masrur (dotar, chant)
- Malang Negrabi (zerbagali)
- Colin Offord (percussions, chant)
- Ustad Mohammed Omar (rubab)
- Muraina Oyelami (talking drum)
- Salah Ragab (piano, batterie, percussions)
- Machin Abdul Raschid (saranda)
- Ustad Salin (dilruba)
- Freddy Setz (batterie, percussions, chant)
- Ramesh Shotam (percussions)
- Micheal Wehmeyer (claviers, chant)
- Grace Youn (chant)
- Jay Ziehr (guitare)


1. Abart
2. Reportage
3. Xingu
4. La Blama Sparozzi
5. Jay
6. Computer Killer
7. Cimbaleso
8. Zapata Pasteta
9. Kehlig/selig
10. Duo

1. Mundbogen
2. El Moro
3. Fun-bahia
4. Auf Gottes Auge Wäscht Kein Gras
5. Evas Zimmer
6. Nigeria/karnataka
7. Pia Pia
8. Wasserräder
9. Egypt Straat
10. Grace



             



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