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Michel DELPECH - Quand J'etais Chanteur (1975)
Par MARCO STIVELL le 12 Janvier 2020          Consultée 413 fois

Ce disque pourrait souffrir quelque peu du fait de suivre le précédent d'une année à peine, en termes de sortie, mais ce n'est pas le cas. Michel DELPECH est un de ces artistes qui ont besoin de temps pour des publications telles que le 33-tours, et le rythme alterné avec des singles lui convient bien, mais en 1974-75, ce n'est pas le cas. En plus, il a changé radicalement de look, à un peu moins de trente ans : fini les cheveux longs, place à la moustache ! À noter une nouvelle fois que la photo a été prise par Chantal, son ex-femme, toujours présente malgré...

Sur le plan personnel, ça ne va pas mieux, mais ce point a déjà été suffisamment abordé pour Le Chasseur et, de toute façon, les suivants portent aussi cette charge, en fond. Le disque pas tout à fait jumeau de 1975 est enregistré à Londres, lui aussi, mais en partie seulement, et l'équipe de musiciens n'est pas résolument anglo-saxonne, cette fois-ci. En France, le mixage est exécuté par Dominique Blanc-Francard, valeur sûre dans la pop. Aux côtés d'Alan Parker, Hugh Burns, Herbie Flowers, Frank Ricotti et Chris Spedding, requins de studio réputés, la direction musicale reste gérée par Michel Bernholc, ami de Michel POLNAREFF et ancien concertiste devenu collaborateur parmi les favoris de Michel BERGER (un de leurs hauts faits communs reste STARMANIA, encore en gestation). Décidément, tout cela est une affaire de Michel, y compris les Pelay et Rivat, toujours bien là !

La plupart des nouvelles chansons sont donc encore écrites à trois mains. Pelay, Rivat, DELPECH. Forcément, les mêmes préoccupations que l’année précédente reviennent. "Une destinée" raconte le quotidien d’un homme seul (et pas seulement à Noël cette fois), pris dans son long célibat et l’amertume qui n’empêche point quelques lueurs de percer la grisaille (belle rencontre imaginée). Le texte et le chant de DELPECH usent d’un effet de redondance qui servent bien ce morceau aux tons latino, basse et accordéon prononcés. Bon morceau, tout comme "Le fleuve qui coule en si-lence", allégorie de la séparation, de l’éloignement ("tu t’en vas de plus en plus vers l’océan loin-tain"), que DELPECH saupoudre de très beaux falsettos en vocalises ("aah"), chose rare.

Autre élément sensuel et probant, le piano de ce titre qui paraît bien hérité d’Elton JOHN (Michel Bernholc tient les claviers sur tout le disque). "Draguez-moi", sur rythmique blues et guitares miau-lantes, est presque un hommage à "Honky Cat", voire "Captain Fantastic and the Brown Dirt Cow-boy" sorti en cette même année 75. Les paroles ont du chien, et certains pourront vite pointer du doigt le fait que DELPECH, avec son interprétation fragile, en est totalement dépourvu. Je la valide pourtant – même si le décalage reste étrange -, car un costume de séducteur forcené en cette période noire aurait paru bien trop large pour le bonhomme. Le ton sucré de "Tu me fais planer" peut laisser davantage perplexe, malgré quelques paroles tendres bienvenues, et ce besoin viscéral de légèreté.

Déjà, on a quelques références à la religion sur "Il y en a encore" (des dieux), preuve que l’artiste s’y intéresse de plus en plus, et rurales sur "La mort de l’âne", au début voix/arpèges magnifique, pour point commun supplémentaire avec l’album précédent. La combinaison piano/synthétiseur ARP (fausses cordes, quand il n’y en a pas de réelles) installe ensuite sa couleur sonore, fort plaisante. C’est un album plus anglais, pop anglaise même, que simplement variété. Dans "Il y en a encore", on trouve les mêmes éléments qui sont en train de conduire Véronique SANSON ou Michel BERGER vers un succès massif.

En outre, DELPECH joue la carte de morceaux courts : "La mort de l’âne", le délirant "Même Ger-maine elle était stoned" avec son ambiance saloon, et le blues-rock mordant de "Avez-vous vraiment essayé d’aimer ?", un rien cynique et où le chanteur reprend son tic de chant doublé. "La fille avec des baskets" joue sur le portrait d’une personne indépendante et fière de l’être mais qui "appelle au secours quinze jours après". Une splendide ballade rêveuse avec cordes, violon solo…

Le clou de cette cuvée 75 reste néanmoins son final "Quand j’étais chanteur". Comme l’album précédent, le single est inclus au 33-tours, ce dont DELPECH n’a pas coutume. Désabusé, le chanteur en question revient sur sa vie d’avant - et notamment les bons moments -, sur un tempo martial, très bel effet du groupe accompagnateur. Guitares léchées, chœurs en anglais, cordes massives mais pas envahissantes, c’est de la belle ouvrage, avec cette mélodie nostalgique, forcément. Il y a des paliers crescendo, comme DELPECH aime bien en chanter depuis quelques singles déjà et la batterie opère des ruptures légères sympathiques à la fin. Même si c’est un son très en vogue, ça vaut le détour, même des décennies plus tard !

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   MARCO STIVELL

 
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- Michel Delpech (chant)
- Michel Bernholc (claviers, direction musicale)
- Barry Morgan (batterie)
- Herbie Flowers (basse)
- Alan Parker, Chris Speeding (guitares solo)
- Vic Flick, Hugh Burns (guitares rythmiques)
- Frank Ricotti (percussions)
- Roy Wellox (saxophone alto)
- Graham Preskett (violon solo)


1. La Mort De L'âne
2. Ce Lundi-là
3. Une Destinée
4. Avez-vous Vraiment Essayé D'aimer ?
5. Le Fleuve Qui Coule En Silence
6. Il Y En A Encore
7. La Fille Avec Des Baskets
8. Draguez-moi
9. Tu Me Fais Planer
10. Même Germaine Elle était Stoned
11. Quand J'étais Chanteur



             



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