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Michel DELPECH - Les Voix Du Bresil (1991)
Par MARCO STIVELL le 25 Mars 2020          Consultée 86 fois

À la fin des années 80, Michel DELPECH publie encore un single par an, fait de chansons inédites en 33-tours et avant d'abandonner totalement cette formule. Sur "Petite France" en 1987, il retrouve son ancien compositeur ami et fétiche Roland Vincent pour la première fois depuis 1975, et grâce à des réminiscences folk hippie, c'est sans doute la chanson d'alors qui demeure la plus appréciée. Ensuite, en 1989, survient une courte "période avec Didier Barbelivien", faite de tentatives au mieux agréables ("Pleurer le chanteur", "J'étais un ange") et dans le même temps, la participation au collectif Pour Toi, Arménie dirigé par Charles AZNAVOUR, idole de notre artiste, une aubaine.

Toutefois, en 1991 et à près de 45 ans, Michel DELPECH démentant quelque peu ce retour à la variété pure retrouve Roland Vincent et montre qu'il désire reprendre sa carrière d'une main meilleure que quelques années plus tôt. Il a quitté Charles Talar Records et signé avec Tréma, le label de SARDOU, encore un Michel... Son premier opus et également pour la nouvelle décennie est un nouveau disque de voyage.

Les Voix du Brésil porte bien son nom, tant y est forte l'empreinte musicale du 5ème (ou 6ème) pays le plus grand du monde. Certes, DELPECH garde un peu son identité de globe-trotteur et un peu à la manière de Philippe LAVIL au même moment, joue de séduction en parlant des jolies filles du monde. Sur "Multiraciale et pluriculturelle", il nous les décrit de sa voix toujours belle, avec des recettes simples mais plutôt convaincantes.

Vincent use de claviers exotiques façon marimbas, et pour la nostalgie, DELPECH double son chant comme au moment de "Wight is Wight" pour une formule autrement élégante. Le titre deviendra ensuite "C'est ainsi qu'elles sont belles", ultime 45-tours (ajouté en bonus à l'album) qui n'a presque rien d'inédit, mis à part un son plus FM, plutôt convenable une fois qu'on y rentre.

La face B en est "Christians, Muslims and Jews", dernier titre à s'écarter du Brésil pour des préoccupations qui tiennent tout autant à coeur à DELPECH : la religion, avec ce souci d'égalité là où il y a tant de conflits et de disparités, en pleine guerre du Golfe. In english, c'est une belle chanson, basée sur la voix et les claviers blues de Vincent. Une marque de fabrique que l'on retrouve à d'autres moments, "Pleure pas Eva", "Rêve de Gauguin", dès leurs introductions.

Ce rapprochement des deux hommes conduit ainsi à un travail qui paraît éloigné, et pourtant moins que ce qu'on pourrait croire, de leur meilleur ensemble et qui date de vingt années plus tôt, pile. À l'époque, en 1971, l'équilibre entre morceaux rock et folk était tel qu'il reste meilleur que celui de 1991, avec le temps. Néanmoins, même si tout est loin d'être sensationnel, le résultat force l'admiration.

Peu d'albums de chanteurs de variété en France détiennent ce petit je-ne-sais-quoi d'addictif, lorsqu'ils veulent mélanger des sujets de textes universels ("Terre amour", "Chico Mendes" en hommage au leader anti-déforestation de l'Amazonie assassiné trois ans plus tôt) avec des musiques dont la teneur exotique est forte, sans oublier d'être "branché". Encore une fois, il faut mettre cela sur le compte d'une voix qui n'a pas fini de nous émouvoir.

Roland Vincent en est très certainement responsable lui aussi, grâce à des mélodies de qualités, un emploi de programmations certes, notamment sur le morceau-titre aux sonorités presque "dance", mais rien, pratiquement rien à voir avec le dernier 33-tours de DELPECH, celui de 86 ! À un ou deux détails près (les cuivres de "Sul America"), la chaleur rime ici avec profondeur. Des sons oniriques, choisis par Vincent et Gérard Bikialo, sont complétés par la basse sensuelle de Bernard Paganotti, la guitare plus discrète de Denys Lable, sans oublier les choeurs et percussions, bien sûr.

La couleur latino-américaine, "world" si l'on veut généraliser et comme c'est d'usage depuis les années 80, fait en grande partie la beauté de cet opus. En dehors des congas/timbales, guiros et batucadas de Denis Benarrosh sur "Terre amour" et "Sul America", il y a un effet enchanteur réel dans les choeurs, les flûtes de pan aux synthés.

Qu'on se rassure, le disque évite facilement la case ringardise, grâce à des ambiances spirituelles et orchestrations parfois splendides comme sur "Chico Mendes" et "Corcovado" (au violoncelle, Hubert Varron, plus proche d'Alan STIVELL vingt ans plus tôt). Non contents de l'énumération de grands noms comme Tom JOBIN et Vinicius DE MORAES sur "Les voix du Brésil", on entend les voix de MIÙCHA et sa fille Bebel (GILBERTO) se mêler à la voix de DELPECH sur ces deux titres-là ! De quoi ajouter au charme précieux de ce disque, donner envie d'y revenir même s'il aurait pu être meilleur.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Michel Delpech (chant)
- Roland Vincent (claviers, programmations, flûte, cor anglai)
- Claude Salmiéri (batterie)
- Bernard Paganotti (basse)
- Denys Lable (guitares)
- Gérard Bikialo (orgue, claviers, piano)
- Denis Benarrosh (percussions)
- Richard Galliano (bandonéon)
- Hubert Varron (violoncelle)
- Laurel Palms (samples)
- Laurence Karsenti (choeurs)
- Georges Costa, Michel Costa (choeurs)
- Beckie Bell, Bruce Johnson (choeurs)
- Carole Fredericks, Yvonne Jones (choeurs)
- Miùcha Buarque De Holland (voix)
- Bebel Gilberto (voix)


1. Sul America
2. Chico Mendes
3. Multiraciale Et Pluriculturelle
4. Terre Amour
5. Christians, Muslims And Jews
6. Les Voix Du Brésil
7. Rêve De Gauguin
8. Pleure Pas Eva
9. Corcovado
10. C'est Ainsi Qu'elles Sont Belles (bonus)



             



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