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ROCK  |  LIVE

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- Membre : The Velvet Underground , John Cale , Lou Reed And John Cale , Metallica, Antony And The Johnsons, Reed, Anderson, Zorn

Lou REED - Rock 'n Roll Animal (1974)
Par PINHEAD le 4 Avril 2011          Consultée 3402 fois

Au dessus de mon lit trônait autrefois une carte postale attachée avec cette pâte jaune et grasse connue de tous. Cette carte représentait la jaquette de Rock n Roll Animal : Un LOU REED un peu flou, rasé, maquillé, arborant fièrement bracelets et colliers cloutés. Putain de pochette! Pourtant, cette photo est loin de représenter le LOU REED qui officiait autrefois chez le VELVET UNDERGROUND : Beau gosse, poète, raffiné... Qu'est-ce qui peut changer un homme en mort-vivant à ce point là - plus zombie qu'humain?

La drogue mes amis! Celle qu'on s'injecte le matin, le midi, le soir, milligramme par milligramme, noyé dans un peu d'eau crade et arrosée d'un grand verre de whisky pour faire passer la douleur de l'aiguille s’enfonçant dans la peau....
La drogue, sujet de prédilection du chanteur, sur "Heroin", sur "White Light/White Heat", mais surtout sur son dernier album concept : Berlin (1973) qui mettait en scène un couple de junkies de leur rencontre à leur rupture, en passant par le retrait des enfants du couple par les services sociaux, et s'achevant sur le suicide de la belle. L'échec commercial et critique de ce même album (considéré aujourd'hui comme la plus grande réussite du musicien) l'enfonce dans une violente dépression qui le transforme en épave humaine au teint blanc, à l'haleine d'alcool frelaté et au traces de seringues présentes sur chaque centimètre carré de ses bras. Le jeune poète de New-York est mort. Le Rock'n'Roll Animal est né, sillonnant les routes pour défendre tant bien que mal ce chef d’œuvre non reconnu qu'est Berlin.
Peut-être était-ce à cause de son insuccès que ledit album n’était représenté que par un seul morceau sur la version originale de Rock n' Roll Animal. Nous nous occuperons cependant de la tracklist de la version remastérisée : plus intéressante et plus fournie. Quatre titres issus du répertoire du VELVET et trois de la carrière solo du New-yorkais – tous trois tirés du fameux Berlin. Comme une envie de s'accrocher à ses échecs critiques (Ni Berlin, ni les albums du VELVET n'ont connu de réussite commerciale), refusant la facilité et le succès d'un Transformer (1972), et par la même occasion le côté glam qui va avec.

Car ce n'est plus à coups de vers romantiques ni de réflexions sociales que LOU REED se produit sur scène, mais de guitares affutées et de soli dévastateurs.
Il s'entoure d'une équipe de virtuoses pour sa tournée, toujours accompagné des deux guitaristes Dick Wagner et Steve Hunter déjà présents sur Berlin.

Ces deux derniers entament le concert du 21 décembre 1973 à l’académie de Musique Howard Stein (New-York) par un duel de guitares épique. Le ton est donné, ce sera celui du Hard Rock, martelé par le riff de "Sweet Jane" qui succède à ces trois minutes de soli Zeppliniens. Le morceau semble avoir été écrit pour une telle interprétation, tant la saturation sied bien à ce riff pourtant acoustique dans sa version studio. "White Light/White Heat" est également un de ces titres qui profite de ce changement de son : tempo très accéléré et maintenu par la rythmique assassine guitare/basse, le classique du VELVET se transformerait presque en hymne motard tant le Hard est présent, même dans la voix de LOU REED qui s'autorise quelques cris sauvages sur ses couplets, entre deux envolées de guitare. De ce côté là, on ne peut nier que le groupe est en grande forme, et ce compliment est même valable pour le junkie en noir au milieu de la scène qui ne se donne parfois même pas la peine de chanter juste, au profit d'une intensité exceptionnelle ("Caroline Says").
Le remarquable "Lady Day" et son duel entre Wagner et Hunter est également à ranger dans les grands moments du live. Le morceau parvient à garder une atmosphère spécifique sans vraiment que les guitares, pourtant omniprésentes, en deviennent envahissantes.

Néanmoins, on ne sait parfois plus où donner de la tête entre toutes ces notes perdues des deux côtés des baffles. Un des charmes du solo de guitare est sa rareté... Les deux gratteux balancent pourtant leurs gammes à tout va sans se soucier des misères du monde. Par exemple, l'introduction de "Sweet Jane" citée précédemment en devient carrément insupportable après quelques écoutes, tout comme l'improvisation Funk à la Wah-Wah qui clôture "Rock N Roll", mais qui a au moins l'avantage de mettre en avant un excellent solo de basse décoché par Prakash John. Époustouflants moments, certes, mais qui laissent place sur le long terme à une époustouflante lassitude. La démonstration technique devient le mot d'ordre du groupe à qui LOU REED laisse la part belle.

J'en viens dès lors à mon petit coup de gueule personnel, que mes lecteurs ne me pardonneront peut-être pas. Tant pis pour eux, je le déclare haut et fort : la version d'"Heroin" est détestable! A mon sens, le morceau perd toute sa dimension bruitiste et anarchique, et traine trop en longueur pour des explosions assez quelconques comparées aux sommets de jouissance atteints sur la version studio. Une longueur soporifique et une orgue atmosphérique trop pesante et ont fini par me faire avouer que "Heroin", malgré tous les commentaires de fans que j'ai pu lire, était la tâche ultime de l'album.

Pourtant, j'aime beaucoup ce live, mais les quelques défauts cités m’empêchent, par souci d'objectivité, de crier à l'incontournable. Ces quelques imperfections passées outre, Rock n Roll Animal est un grand moment de musique qui porte bien son nom, dont certains moments sont à garder comme les meilleurs témoignages live de LOU REED.

3/5 (sévère)

Coup(s) de cœur: "Caroline Says", "White Light/White Heat"

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   PINHEAD

 
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- Lou Reed (chant)
- Steve Hunter (guitare)
- Dick Wagner (guitare)
- Ray Colcord (claviers)
- Prakash John (basse)
- Pentti Glan (batterie)


1. Intro / Sweet Jane
2. Heroin
3. How Do You Think It Feels (bonus)
4. Caroline Says I (bonus)
5. White Light / White Heat
6. Lady Day
7. Rock 'n Roll



             



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