Recherche avancée       Liste groupes



      
INDUS  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

 Site Officiel (381)
 Guide Laibach (215)

LAIBACH - Nova Akropola (1985)
Par JOVIAL le 15 Décembre 2010          Consultée 2043 fois

En réalité, Nova Akropola n’est pas un album à proprement parler, mais une compilation des premiers travaux du groupe, destinée à le faire connaître en dehors des Balkans. Cependant, je respecterai les conventions admises, en gardant cette étiquette de « second album », pour qu’entre autre, nos lecteurs ne se perdent pas dans leur discographie labyrinthique.

LAIBACH avait déjà fait forte impression avec son premier album, tant par la brutalité de son art que par son ambigüité. Nova Akropola reprend la même route, et va plus loin encore. Les compositions se font plus martiales, plus sombres et plus inquiétantes que jamais. « Vier Personen », classique du groupe, ouvre le bal, par une rythmique implacable, sombrant petit à petit dans un univers carcéral minimaliste, où le garde à vous est de rigueur. Dans la même lignée, « Krvava Gruda - Plodna Zemlja », histoire sanglante, visite d’une salle de torture, terrifie par son chant puissant et caverneux, tandis que « Die Liebe » bascule dès les premières secondes dans un défilé militaire douteux. Les vocaux sont fantastiques, nous assénant à chaque réplique un puissant coup de matraque derrière la nuque, sans que l’on puisse se débattre, fasciné par cette ambiance morbide.

« Vojna Poema », comme son nom l’indique, est d’un tout autre registre, et voit le groupe évoluer dans un vieil opéra berlinois, où le chanteur, vieux romantique désabusé, déclame ses vers sans broncher jusqu’à un final des plus oppressants. L’horreur absolue survient sur « Nova Akropola », lente et sombre agonie qui aurait pu tout aussi bien être la BO d’un vieux film d’épouvante en noir et blanc, mais surtout l’inquiétante « Vade Retro », qui retranscrit à l’identique un rituel d’exorcisation moyenâgeux, véritable dialogue entre un chant possédé et un prêtre orthodoxe lointain, disparaissant tous deux dans un vent glacial en fin de morceau.

Nos quatre Slovènes rendent hommage au compositeur américain Bernard Hermman avec « Ti, Ki Izzivaš (Outro) », très réussie, mais malheureusement trop courte. Autre grand classique, déjà présent sur le premier album, la grandiloquente et démentielle « Država », peut-être la meilleure de l’album, chronique une glorieuse victoire militaire slave. Les arrangements y sont très travaillés, tout comme dans le reste de l’album d’ailleurs, et force est de reconnaître que les musiciens LAIBACH ne sont pas que de simples provocateurs cherchant la controverse, mais d’excellents compositeurs. Certes, difficile de ne pas voir en eux une secte néo-fasciste, ou de ne pas s’imaginer une quelconque référence au IIIème Reich sur les morceaux les plus martiaux, d’autant plus que le chant en allemand est très présent, mais bon, on sait désormais que le groupe adore cultiver cette image totalitaire, qui d’ailleurs les a fait connaître, en niant néanmoins toute appartenance à quelques groupes d’extrême-droite ou d’extrême-gauche que ce soit. Enfin bref, je m’égare.

Noka Akropola se termine de façon assez décevante, avec la très controversée « Panorama », elle aussi présente sur le premier album, un peu trop répétitive et trop brouillonne par endroits. « Decree » enfin, est pour le coup vraiment gonflante, et l’on s’ennuit ferme durant ses 6 minutes de batterie électronique sans aucun intérêt. Quoiqu’il en soit, le disque est dans l’ensemble plutôt très bon, idéal pour se familiariser avec l’univers si particulier et si dérangeant de LAIBACH. Loin d’être le meilleur de sa discographie mais tout de même, une écoute très plaisante, assez abordable par ailleurs, et de loin mon préféré.

Note réelle : 3,5/5

A lire aussi en INDUS par JOVIAL :


LAIBACH
Krst Pod Triglavom - Baptism (1986)
Laibach au sommet de son art




LAIBACH
Ljubljana-zagreb-beograd (1993)
Cauchemar sonore


Marquez et partagez





 
   JOVIAL

 
  N/A



- Milan Fras (chant)
- Dejan Knez (claviers)
- Ervin Markošek (batterie/claviers)
- + Autres ?


1. Vier Personen
2. Nova Akropola
3. Krvava Gruda - Plodna Zemlja
4. Vojna Poema
5. Ti, Ki Izzivaš (outro)
6. Die Liebe
7. Država
8. Vade Retro
9. Panorama
10. Decree



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod