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LAIBACH - Rekapitulacija 1980–1984 (1985)
Par JOVIAL le 5 Juillet 2012          Consultée 1965 fois

Rekapitulacija 1980-1984 est le dernier album de LAIBACH à avoir tourné sur ma platine. Il faut dire qu’il n’a franchement pas de quoi attirer l’œil au premier passage : une pochette sobre, bien loin de l’imagerie plus évocatrice des autres disques du groupe slovène, et un titre qui pourrait presque le faire passer pour une simple compilation. Or Rekapitulacija est tout, sauf une simple compilation. Si le disque regroupe en effet plusieurs morceaux inédits, datant des premières obscures années du groupe, ainsi que d’autres déjà présents, dans des versions différentes toutefois, sur l’album éponyme, les membres de LAIBACH l’ont ajusté de manière à presque nous le présenter comme un album-concept. Et cela fonctionne très bien, puisque l’auditeur n’a jamais l’impression de sortir de l’univers industriel et malsain que le groupe lui propose, au contraire du premier album que je mentionnais plus haut, dont l’alternance volontaire entre ambient et indus s’avérait rapidement peu palpitante. Ici, l’homogénéité est beaucoup plus au rendez-vous, et si en définitif Milan Fras et ses camarades officient sur des terrains davantage expérimentaux, Rekapitulacija pourrait tout simplement bien se révéler comme un des meilleurs albums de LAIBACH.

Ce disque, c’est avant toute chose une plongée en apnée dans l’horreur et la souffrance. « Cari Amici Soldati » introduit l’œuvre avec brutalité, le Duce appelle à la guerre, l’auditeur sait que Rekapitulacija ne sera que violence et désolation. Les pistes d’indus minimale et mécanique se succèdent, dans un climat de plus en plus froid, avec ses bruits de tôles et d‘acier, ses sonneries d’usine (« Zmagoslavje Volje », « Jaruzelski » « Mi Kujemo Bodočnost »), ses lointains murmures ou hurlements d’ouvriers en délire qui viennent subitement nous glacer le sang (« Smrt Za Smrt (1) », « Sredi Bojev ») ou toutes ses ambiances guerrières, au pas cadencé, qui préfigurent déjà les futures travaux de LAIBACH sur les albums suivants (« Panorama 14 »). Parfois, Rekapitulacija s’extirpe de sa léthargie grise pour s’essayer à d’autres jeux autrement plus dangereux. Ainsi, avec la terrifiante « Dokumenti », qui lorgne davantage vers la musique bruitiste, l’atrocité s’inscrit en lettres capitales, et le sang rouge jaillit sur les murs de carrelage blanc immaculé d’une salle d’expérience dont on ne voudrait jamais avoir entendu parler. Plus loin, c’est au tour de l’incroyable « Vade Retro Satanas », avec son dialogue complètement halluciné entre le Diable et une armée de prêtres salvateurs, de faire fuir son auditeur, qui ne retrouve finalement plus son chemin, perdu entre « Brat Moj » pleurant la liberté et la voix d’un Milan Fras glaçant sur l‘implacable « Smrt Za Smrt » (littéralement « Mort pour la Mort »). « Ti,Ki Izzivaš » enfin, présente en version raccourcie sur Nova Akropola, reprend la bande-son de la scène de la douche de Psychose, sur laquelle Dejan Knez y appose des expérimentations et plages électroniques stressantes, dans le seul but de nous achever dans un violent cauchemar dont on ne peut bientôt plus s’arracher, luttant contre une rythmique toujours aussi impitoyable, écrasant sans vergogne nos moindres tentatives de résistance.

Bien qu’il demeure le meilleur témoignage de cette première époque musicale de nos Slovènes, je ne conseillerai pas Rekapitulacija aux novices de LAIBACH. Moins difficile d’accès, Nova Akropola devra sans doute vous permettre de vous familiariser avec la musique si particulière et hostile du groupe, restant néanmoins, reconnaissons-le, des plus intéressantes et créatives dans ces années-là. Enfin, pour tous ceux qui n’auraient pas encore compris en quoi consistait exactement la philosophie de la formation slave, je leur recommande vivement l’écoute de « Perspektive » qui, si elle ne distingue en rien des autres morceaux de l’album, contient un court discours qui permettra sans doute d’éclairer pas mal de lanternes. Difficile d’accès donc, résolument plus expérimental voire extrémiste, mais également terriblement réussie, Rekapitulacija 1980-1984 est à mon humble avis une des plus grandes œuvres de LAIBACH, à mettre aux côtés des Krst Pod Triglavom et autres Opus Dei, deux albums qui lui ont, et c’est bien dommage, toujours fait de l’ombre.

(Note : je chronique ici la réédition de 2002, comprenant deux bonus, « Vade Retro Satanas » et une seconde version de « Smrt Za Smrt »)

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- Milan Fras (chant)
- Dejan Knez (claviers)
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1. Cari Amici Soldati
2. Zmagoslavje Volje
3. Jaruzelsky
4. Smrt Za Smrt (1)
5. Sila
6. Dokumenti
7. Sredi Bojev
8. Mi Kujemo Bodočnost
9. Panorama 14
10. Brat Moj
11. Slovenska Žena
12. Boji
13. Ti, Ki Izzivaš
14. Perspektive
15. Mars
16. Vade Retro Satanas
17. Smrt Za Smrt (2)



             



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