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LAIBACH - Jesus Christ Superstars (1996)
Par JOVIAL le 7 Juillet 2013          Consultée 1560 fois

C'est fini, les types de LAIBACH ne savent plus ce qu'ils font, ce qu'ils sont, ce qu'ils furent. Je sais bien que vous en avez profondément marre de mes incessantes analepses dans la discographie de nos Slovènes adorés, mais je suis tout de même obligé d'établir quelques points de comparaison entre le LAIBACH des années 80 et celui des années 90, pour que vous enregistriez bien ce qui se passe en 1996. Beaucoup de choses ont en effet changé depuis les grandioses Opus Dei, Nova Akropola et consorts, sur lesquels nos musiciens, nourris de diverses influences, étaient parvenus à se forger leur propre langage musical, entre indus, musique électronique, art expérimental et délires militaro-symphoniques, tout en étant capable d'y fondre subtilement des hymnes et des codes du rock ou de la pop music. En 1996 donc, soyons clair, LAIBACH s'est considérablement assagi, s'est même carrément aseptisé. Il n'expérimente plus, semble imiter ses pairs sans grande volonté de création. Certains diront que j'exagère, car évidemment la patte de la formation est toujours franchement reconnaissable, le chant de Milan Fras et l'introduction d'éléments symphoniques en tête, mais non, je n'exagère pas tant que ça, on sent une réelle perte de confiance de la part du groupe, comme si ce dernier en avait soudainement assez de combattre pour rester à la pointe de l'avant-garde. La catastrophe NATO avançait déjà sur un terrain plus que connu, ou du moins déjà amplement défriché, et les Slovènes récidivent ainsi sur ce Jesus Christ Superstars, en voulant s'attaquer à un style qu'ils ont pourtant contribué à créer, celui des Rammstein, Ministry et autres Goldflesh, nommons-le directement, le metal industriel.

Ce qui est con, c'est que là, je vous ai sans doute mis l'eau à la bouche. Crévindieu, LAIBACH qui fait du metal, une musique déjà hyper puissante à la base qui en rencontre une autre toute aussi robuste, ça ne peut que faire des étincelles !

N'est-ce pas, hein ?

On se calme tout de suite les enfants. Je ne suis pas d'humeur. Non, définitivement, ce n'est pas avec Jesus Christ Superstars que LAIBACH rattrapera la connerie NATO. Je l'avoue toutefois volontiers, le disque sait se montrer efficace et nous procurer un peu plus de plaisir que l'immondice citée à la ligne précédente. Citons pêle-mêle les très bien senties « Declaration of Freedom » et « Message from the Black Star », aux riffs chirurgicaux absolument irrésistibles, où Milan Fras nous régale de sa voix caverneuse ; l'hymne « God is God », écrit par Ben Watkins et Nick Burton de Juno Reactor, qui contrairement à ce que l'on aurait pu penser, s'avère des plus réussis, viril et grandiloquent à souhait, et enfin la magnifique « Jesus Christ Superstar », reprise à l'opéra-rock de 1973 et restant à mon avis l'une des meilleures productions du groupe durant les années 90. Néanmoins, pour être franc, si ces quatre morceaux sont sans doute très bons au sein de cet album, mieux vaut ne pas se replonger tout de suite dans les productions plus anciennes de la formation, ils se dégonfleraient alors en un instant devant le vice, l'inventivité et la puissance du quatuor dans les années 80. En un mot, le groupe ne se foule pas : les compositions, même efficaces, demeurent pour la plupart d'une pauvreté et d'une simplicité affligeantes. Le LAIBACH de l'audace a ainsi laissé place à un LAIBACH suffisant, ne sachant paradoxalement plus trop où donner de la tête, cultivant l'espoir de toujours satisfaire un public qui depuis longtemps n'est déjà plus vraiment le même.

Mais venons-en maintenant au reste de l'album, un moment dans ma chronique que j'aime tout particulièrement vivre lors de l'écriture, car je vais vous descendre ça vite fait, ça me fait déjà marrer tiens ! Mais… non dis donc, rien à dire monsieur. Tout comme LAIBACH en fin de compte. « Abuse and Confession » se perd dans ses chœurs tout à fait immondes et gonflants, tandis que « Kingdom of God » alterne entre un bon refrain et des couplets d'un vide sidéral. Mais il y a encore pire, avec « The Cross » par exemple, reprise de Prince, assez clichée dans l'esprit et tournant rapidement en rond, sans aucun doute trop faiblarde sur un disque se voulant massif et bodybuildé. Je vous épargnerai enfin la mention des deux derniers morceaux de Jesus Christ Superstars, « To the New Light », qui réécrit de façon encore plus chiante la vieille « Sredi Bojev », et un affreux « Deus Ex Machina » qui clôt l'album dans l'immobilité la plus totale, ça en serait presque surprenant si ça n'était pas aussi mauvais.

L'album-concept ne semble visiblement pas réussir à LAIBACH : NATO et la guerre, Jesus Christ Superstars et la religion : deux disques, deux plantages. Alors évidemment, le second demeure foncièrement meilleur que le premier, mais pas de quoi s'en réjouir pour autant et ne tournons pas autour du pot plus longtemps, Jesus Christ Superstars n'est pas le genre d'albums vraiment indispensables. Et encore moins en face des productions des autres cadors du genre, notamment ceux cités plus hauts, qui au même moment sortaient de bien meilleures œuvres.

2/5, disque très moyen.
Pour ne pas repartir bredouille : « Jesus Christ Superstars » et « Declaration of Freedom ».

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- Milan Fras (chant)
- Dejan Knez (arrangemments)
- Ervin Markošek (batterie ?)
- Ivan Novak (arrangemments ?)


1. God Is God
2. Jesus Christ Superstar
3. Kingdom Of God
4. Abuse And Confession
5. Declaration Of Freedom
6. Message From The Black Star
7. The Cross
8. To The New Light
9. Deus Ex Machina



             



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