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LAIBACH - Macbeth (1990)
Par JOVIAL le 2 Août 2012          Consultée 1426 fois

Après Scipion Nasice en 1986, c’est au tour du metteur en scène allemand Wilfried Minks de faire appel aux talents de LAIBACH pour la réalisation du soundtrack de sa nouvelle pièce de théâtre, devant être présentée au fameux Deutsches Schauspielhaus d’Hambourg fin 1989. Pour le groupe slovène, le défi est cependant d’un tout autre calibre que Krst Pod Triglavom. En effet, pour ce dernier, Dejan Knez et Scipion Nasice étaient parvenus à travailler sur un pied d’égalité, bande-son et scènes étant construites pratiquement en même temps, permettant ainsi une parfaite cohésion entre la musique et la représentation théâtrale en elle-même. Avec Minks, l’affaire se complique, LAIBACH voit les scènes déjà quasiment montées et doit ainsi se calquer dessus par la suite, ce qui, vous l’imaginez, ne facilite en rien son travail. Alors en plus, lorsque la pièce choisie n’est autre que Macbeth, classique des classiques de la tragédie anglaise écrite par un certain Shakespeare, la tâche s’annonce donc d’autant plus ardue pour nos amis slovènes, qui néanmoins dispose d’une assez grande liberté de composition pour cette adaptation disons plutôt … personnelle de la part du metteur en scène teuton.

Macbeth est un album frustrant. Frustrant parce que tout d’abord trop court, avec sa petite demi-heure qui ne rassasie personne. Frustrant parce qu’ensuite très inégal avec, faisons simple, une première partie plutôt moyenne, pourtant très proche du style indus de Let It Be, et une seconde moitié au contraire excellente, délaissant rythmiques brutales et autres arrangements rébarbatifs pour s’essayer à des notes plus avant-gardistes, avec ses collages de cordes et cuivres et son final terrifiant, parfait décor de la mort du roi Macbeth dans la pièce. Mais n’allons point trop vite en besogne et revenons à notre première partie : qu’est-ce que je lui reproche ? Tout d’abord, elle sent trop le réchauffé. Ainsi, le trop long diptyque « Preludium/Agnus Dei (Acropolis) » ne fait que reprendre et étoffer l’instrumental de « Nova Akropola » sorti cinq ans plus tôt sur l’album du même nom, tandis ce que l’introduction de Krst Pod Triglavom se voit également reprise quelques minutes plus tard. En somme, rien de bien palpitant durant cette première quinzaine de minutes, si ce n’est quelques courts passages plus efficaces, tel que l’électrisante « Wutach Schlucht », où se rejoignent guitares tranchantes et intermèdes plus inquiétants, soulignant parfaitement la folie naissante de Lady Macbeth ou rappelant au contraire intelligemment les prédictions des trois sorcières (les pleurs d’enfants pour la descendance promise à Banquo par exemple).

Heureusement pour nous, la seconde partie du disque se révèle autrement plus intéressante, habilement construite et d’une beauté à laquelle LAIBACH ne nous avait jusqu’alors que peu habitué. Cela commence tout d’abord par une « U.S.A. » absolument magnifique avec son armée de cordes et de vocalises féminines, suivie en ligne droite par les deux pièces suivantes, « 10.5.1941 »* et « Expectans Expectavos », qui en reprennent la mélodie dans une montée en puissance graduelle et tragique, émouvante même, sur laquelle Lady Macbeth perd définitivement la raison, obsédée par le sang qui macule ses mains meurtrières. « Coincidentia Oppositorum » enfin, plus guerrière, c’est la longue marche vers l’horrible bataille et la mort de Macbeth, qui interviennent toutes deux quelques minutes plus tard, dans un festival d’éclairs, de hurlements et de cuivres imposants, avant la terrible conclusion et l’agonie du roi usurpateur, qui s’éteint à mesure que la musique se dénude, pour ne plus ressembler dans ses derniers instants qu’aux râles électriques des claviers d’un Dejan Knez qui signe ici ses plus beaux arrangements.

Macbeth est ainsi un album bien étrange dans la discographie du groupe slovène et, bien que trois ans à peine se soient écoulés, il semble déjà bien loin le temps des compositions plus brutales, mais non moins subtiles, d’un Opus Dei avec qui celui-ci ne partage finalement plus grand-chose. LAIBACH lâche du lest, évolue, s'essaye à de nouvelles expériences qui pour l'instant fonctionnent, sans pour autant trop nous rassurer quant à la suite des évènements, au vue notamment de ces fameuses quinze premières minutes peu convaincantes.

Un très humble 3/5

*Clin d’œil au saut en parachute de Rudolf Hess, ancien bras droit d’Hitler, sur l’Ecosse le 10 mai 1941. LAIBACH a d’ailleurs collé le son d’un moteur d’avion en début de morceau.

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- Dejan Knez (arrangemments)
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1. Preludium
2. Agnus Dei (acropolis)
3. Wutach Schlucht
4. Die Zeit
5. Ohne Geld
6. U.s.a.
7. 10.5.1941
8. Expectans Expectavos
9. Coincidentia Oppositorum
10. Wolf
11. Agnus Dei (exil Und Tod)



             



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