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ROCK PROGRESSIF  |  COFFRET

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- Membre : Peter Gabriel , Guaranteed Pure, Gtr, Daryl Stuermer , Squackett, Stiltskin, Brand X, Mike & The Mechanics, Mike Rutherford , Anthony Phillips , Tony Banks , Cut_, Phil Collins , Ray Wilson , Steve Hackett , Frank Zappa

GENESIS - Archive Vol 1 (1998)
Par MARCO STIVELL le 13 Février 2011          Consultée 4050 fois

Une idée d’abord, puis un projet qui s’est concrétisé… Les cinq membres légendaires de GENESIS, Tony Banks, Steve Hackett, Peter Gabriel, Phil Collins et Mike Rutherford (avec aussi Anthony Phillips et John Silver) ont décidé de se retrouver en cette fin d’années 90, pour un projet discographique, et pas des moindres : le premier coffret (officiel) retraçant l’histoire du groupe, pour une période seulement certes, celle qui les a vus travailler tous les cinq ensemble (ou presque...) et que les amateurs du rock progressif appellent leur "âge d’or". Les albums concernés sont donc ceux de la fin des années 60 à 75, soit de From Genesis to Revelation à The Lamb Lies Down on Broadway. A peu de choses près, tous leurs meilleurs albums aux yeux des anciens rêveurs chevelus !

Quoiqu’il en soit, les sous-périodes sont réparties différemment sur ces quatre CDs... et de manière décroissante, soit en remontant le temps et non l'inverse. The Lamb se taille la part du lion avec deux galettes. Il s’agit de l’album ENTIER, enregistré le 24 janvier 1975 au Shrine Auditorium de Los Angeles. Un album monstre, et l’on en attend curieusement autant de la version live… Disons-le tout de suite, "on" ne sera pas déçu. On peut vraiment parler d’une version égale, sinon meilleure que l’originale. Cela est dû à beaucoup de choses, à savoir bien sûr l’interprétation, mais aussi le son qui a été bien retapé. Quelques imperfections studios comme le son de batterie ont été gommées, ici elle ressort super bien. En revanche, d’autres on fait leur apparition. Pour rester dans le cas de Phil, on n'entend pratiquement jamais ses chœurs, pourtant si efficaces d’ordinaire. Les sons de claviers de Tony ne ressortent pas beaucoup non plus, en dehors de l’orgue et du mellotron… Des fois je me dis heureusement, sur "Cuckoo Cocoon" par exemple où le synthé ne me semble pas très approprié, de même que le fait qu’il remplace le piano sur "Anyway" et "The Lamia", mais il est difficile de déplacer un piano en tournée, on s'en doute. Et puis on ne peut pas parler de totale authenticité dans ce témoignage live, loin s’en faut. La raison principale en est le chant de Peter, autrefois faux, ou bien dans l’impossibilité de se faire entendre, comme lorsqu’il arborait le costume de Slipperman. La plupart des chansons ont donc été retouchées en 98, mais aussi réenregistrées dans le cas du chanteur. Ce qui explique pourquoi on rencontre une voix plus "grosse" que ce qu’elle devait être à l’époque. "It" a été entièrement rejoué, ce qui explique le fade-out quelque peu frustrant à la fin du deuxième CD. Mais même autant peaufiné, le résultat est là, au moins aussi probant qu’en studio. En témoignent les "In the Cage", "The Carpet Crawlers" et j’en passe… Et puis en live, pas de fade-out (à part pour "It"), ce qui donne lieu à des transitions plus travaillées et aussi plus réussies. Le meilleur exemple qui me vient à l’esprit est celui qui se trouve entre "Here Comes the Supernatural Anaethetist" et "The Lamia", un passage evanescent guitare / clavier de la plus grande beauté. En parlant des guitares, elles ressortent mieux qu’en studio, et c’est encore un plus, quand on sait combien Steve Hackett était frustré à l'époque de ne pouvoir plus s'exprimer. Enfin bref, que d’arguments qui font de ce The Lamb live (down on Broadway...) un must pour tout fan du groupe qui se respecte.

Et ce même fan n’est pas au bout de ses surprises. Le troisième CD du coffret est un regroupement de petits trésors prélevés sur des concerts faits au Rainbow en 1973, pour les premiers morceaux en tout cas (jusqu’à "I Know what I Like" inclus). Les passionnés de Selling England by the Pound seront comblés avec trois des morceaux majeurs de cet album, les trois premiers en fait. Le rendu de "Firth of Fifth" est conforme à ce que l’on pouvait en attendre, soit pas très différent de l’original sinon que l’intro au piano a déjà disparu. "Dancing with the Moonlit Knight" est quant à lui interprété dans une version dantesque, quel plaisir que d’entendre la guitare rugir et la batterie claquer aussi fort, l’orignal se fait tout petit à côté ! Et "I Know what I Like" avec Peter vaut le détour, même si celui-ci braille un petit peu. Plus curieusement à côté de ces pavés et de ce tube, le groupe a choisi d’inclure une version de la petite chanson acoustique "More Fool me", par Phil bien sûr. Une version on ne peut plus conforme à l’originale, mais qui ressort mieux en concert. Et puis surtout, un peu comme "Horizons" sur Foxtrot, elle fait office de petite pause avant LE morceau, je veux bien sûr parler de "Supper’s Ready". Le défaut du live de 73 a été ici corrigé, ce morceau-emblême n’est cette fois pas absent. Et on ne trouve rien à dire, sinon que cette interprétation avec Peter justifie une écoute usuelle du disque, même si je soupçonne quelques réenregistrements vocaux (sur "The Guaranteed Eternal Sanctuary Man", sacré Peter), même si le son se refait un peu brouillon sur le final… Et puis surtout quand on connaît la version avec Phil sur Seconds out (bien qu'elle soit un savant collage), un tel niveau est difficilement égalable. A côté de cela, le groupe nous propose un "Stagnation" tiré des BBC sessions de 1970, Phil et Steve faisant leurs premiers pas avec le groupe. Le son est honnête, le rendu aussi, et on a un bel aperçu de ce qu’aurait été Trespass avec un tel batteur (je rappelle que j'aime beaucoup le style John Mayhew). On continue avec les deux seuls inédits sauvés de cette longue période 70-75, "Happy the Man" et "Twilight Alehouse". La première date de l’époque Nursery Cryme et est une petite chanson bien sympa, joyeuse et tubesque, avec un semblant d’harmonica (joué par Steve forcément) au-dessus des guitares douze cordes. "Twilight Alehouse" n’a pas été retenue pour Selling England by the Pound, et j’aurais tendance à le comprendre. C’est un genre de "Can-Utility and the Coastliners" en plus délirant et plus basiquement rock, tout à fait intéressant, mais pas aussi captivant et abouti que d’autres morceaux de l’époque. C’est le genre de choses que d’autres disent de "The Battle of Epping Forest", c’est vrai, il faut le reconnaître. Retenons-en avant tout le jeu des guitares et celui des percussions. On termine avec la version single de "Watcher of the Skies", débarrassé de toutes les parties complexes et dans une réalisation plus formatée, notamment sur le final. Preuve que même dans sa facette la plus complexe, GENESIS garde un esprit prépondéremment pop. Soit un CD plus que convenable, et encore un indispensable à tout amoureux de cette période.

Après tout cela, quand on sait que le quatrième CD est uniquement consacré aux débuts, avant même Trespass, on se dit que l’on a fait le tour des bonnes choses. Ce n’est pas vrai, mais pas faux non plus. Il suffit de ne pas rejeter en bloc From Genesis to Revelation, car la plupart des chansons ("In the Wilderness" et à partir de "Build me a Mountain" jusqu’à la fin) sont dans le même esprit, et font partie des premières chansons enregistrées par le groupe, en 1967 / 68. Certaines ont, paraît-il, été retrouvées dans le grenier d’Anthony Phillips ! Si l’on n’est pas rebuté par l’album, on peut dire que chacun des titres est sympathique à écouter, que ce soient les démos de chansons déjà connues ("In the Wilderness", "One Day", "She is Beautiful" qui deviendra "The Serpent", "Patricia" qui deviendra "In Hiding") ou les inédites. Mais non, on ne s’en fout pas des démos, car si elles ressemblent bien à leurs versions finales, ici on ne pense même pas un seul instant aux arrangements de violons et de cuivres, ils sont tout simplement absents. Si vous avez écarté le naïf premier album pour cette raison, vous pouvez explorer ce quatrième CD sans difficulté. Et quant aux inédites, certaines d’entre elles sont vraiment chouettes, que ce soit "The Mystery of the Flannan Isle Lighthouse" (un des premiers contes de Peter Gabriel), le plus rock "Build me a Mountain", ou "The Magic of Time", étonnament jazzy. Elles font comme les deux tiers de ce disque partie des chansons les moins passionnantes du groupe, mais on les écoute avec le sourire, pour le charme et la naïveté des débuts. Du reste, ce quatrième disque vaut surtout pour les chansons de 1969. La période Jonathan King est finie, et on n’est pas encore tout à fait dans Trespass. Ces chansons oubliées et restées à l’état de maquettes se trouvent ainsi révélées au grand jour et pour notre plus grand bonheur. Seule exception, "Going out to Get you", un rock dans la lignée de "In the Beginning", gentillet au demeurant, mais trop exigeant vocalement parlant pour Peter (c’est d’ailleurs certainement sa moins bonne prestation au sein du groupe, voire de toute sa carrière). Mais les autres, "The Shepherd", "Pacidy" et "Let us Now Make Love" (dont on connaît déjà l’air grâce à Ant depuis la réédition de son Ivory Moon) annoncent et contiennent la nébulosité de Trespass, en moins étoffé. Peter fait ses premiers pas à la flûte (plutôt assurés d’ailleurs), et c’est avec ravissement que l’on entend Tony seconder le chanteur sur "The Shepherd", ainsi que Ant sur le romantique "Let us Now Make Love". Et puis il y a cette démo de "Dusk", moins magique que la version connue, plus "caractérielle", et comprenant une partie finale guitares / flûte de la plus grande beauté.

Ajoutons à tout cela un livret bien fourni en histoires et en photos, et l’on obtient un objet des plus précieux, que l’on hésiterait presque à ne serait-ce que toucher (avec les yeux).

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   MARCO STIVELL

 
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- Tony Banks (claviers, chant)
- Steve Hackett (guitares, harmonica)
- Peter Gabriel (chant, flûte, percussions)
- Phil Collins (batterie, chant, percussions)
- Mike Rutherford (guitares, basse, chant)
- + Pour Le Quatrième Cd :
- Anthony Phillips (guitares, chant)
- John Silver (batterie, percussions)
- John Mayhew (batterie, percussions, chant)
- David Thomas (choeurs)


- disc 1 Et 2 : The Lamb Lies Down On Broadway (li
1. The Lamb Lies Down On Broadway
2. Fly On A Windshield
3. Broadway Melody Of ’74
4. Cuckoo Cocoon
5. In The Cage
6. The Grand Parade Of Lifeless Packaging
7. Back In N.y.c.
8. Hairless Heart
9. Counting Out Time
10. The Carpet Crawlers
11. The Chamber Of 32 Doors

1. Lilywhite Lilith
2. The Waiting Room
3. Anyway
4. Here Comes The Supernatural Anaesthetist
5. The Lamia
6. Silent Sorrow In Empty Boats
7. The Colony Of Slippermen (arrival/a Visit To Dokto
8. Ravine
9. The Light Dies Down On Broadway
10. Riding The Scree
11. In The Rapids
12. It

- disc 3 : Divers Live Et Inédits
1. Dancing With The Moonlit Knight
2. Firth Of Fifth
3. More Fool Me
4. Supper’s Ready
5. I Know What I Like
6. Stagnation
7. Twilight Alehouse
8. Happy The Man
9. Watcher Of The Skies (version Single)

- disc 4 :
1. In The Wilderness
2. The Shepherd
3. Pacidy
4. Let Us Now Make Love
5. Going Out To Get You
6. Dusk
7. Build Me A Mountain
8. Image Blown Out
9. One Day
10. Where The Sour Turns To Sweet
11. In The Beginning
12. The Magic Of Time
13. Hey !
14. Hidden In The World Of Dawn
15. Sea Bee
16. The Mystery Of The Flannan Isle Lighthouse
17. Hair On The Arms And Legs
18. She Is Beautiful
19. Try A Little Sadness
20. Patricia



             



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