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GENESIS - Abacab (1981)
Par ONCLE VIANDE le 1er Mars 2008          Consultée 10267 fois

« Abacab » le maudit, « Abacab » le mal aimé. Ce disque incarne le GENESIS des années 80 et il est compréhensible que les fans de la première heure lui vouent une haine féroce. Pourtant, le trio franchira encore un palier avec Invisible touch, mais « Abacab » apporte la rupture, la vraie, celle qui ne laisse plus espérer de retour en arrière.

En 1981, GENESIS change de maison de disque et monte son propre studio, « The Farm », perdu dans la campagne du Surrey. Cette nouvelle installation motivée par les coûts des séances d'enregistrement va bouleverser sa façon de créer. Jusque là, sa musique était façonnée à partir des mélodies. Le groupe peaufinait longuement ses compositions avant de les enregistrer en des temps records. Désormais il peut rester des semaines à improviser sans contrainte. Le rythme insuffle les idées, les arrangements se dépouillent et les textes suivent. La musique devient simple, énergique et directe. L’autre grand changement vient du son. Collins abandonne la technique lumineuse qui rayonnait encore sur « Duke » au profit de grosses frappes plastifiées – même s’il parvient encore à placer des figures assez classieuses sur certains titres. Le chant se fait plus rageur mais toujours aussi insupportablement nasal. C’est de Tony Banks dont vient le revirement le plus visible, qui troque ses claviers vintage pour des synthés abrasifs et des voix numérisées.

Je n’aime pas « Abacab », mais je lui reconnais des qualités d’évolution à défaut de qualités artistiques. D’abord, il montre un groupe capable de faire table rase du passé, de changer ses méthodes de travail et de renouveler ses sons. Ensuite, il révèle un combo doué pour pondre des tubes, souvent très bons (« Mama ») - ce qui n’est pas une mince qualité – et qui lui vaudront de passer auprès de milliers d’oreilles mal informées pour un groupe des années 80. Enfin, il confirme sa faculté d'assimiler les modes pour en tirer les éléments les plus efficaces. Cela explique pourquoi il a su s’affirmer et s’épanouir dans deux décennies diamétralement opposées.
Je ne reproche pas à GENESIS d'avoir simplifié sa musique (il le fallait) ni de l'avoir dépassionnée (l’époque y incitait fortement), encore moins ses sons high tech (c’était un choix intéressant), mais de faire de la musique transparente, exploitant de grosses ficelles pour séduire le plus grand nombre. L’album contient pourtant des éléments intéressants et laisse entrevoir ce qu'il aurait pu devenir si son désir de plaire ne l’avait pas poussé à faire de la pop pré-mâchée. « Keep it dark » a des qualités, « Dodo » de la puissance et « Who dunnit ? » des accents punks. Je pense même qu'il aurait pu bluffer son monde avec un rock synthétique tendu et agressif, et dont « The lamb » dévoilait déjà quelques pistes (Back in NYC).
« Dodo », « Keep it dark », « Who dunnit ? » et certains passages du titre éponyme, voilà ce que je retiens d’« Abacab ». Mais ceci côtoie le pire, et le pire chez GENESIS n’est pas ses hits, mais ses ballades mielleuses et sa pop bedonnante. « Man on the corner », « Like it or not », « Another record », « Me and Sarah Jane »... souffrance... Le disque est quantitativement moyen, mais la « bonne » moitié n’est pas de taille à tirer l’ensemble très haut.

Avec « Abacab », GENESIS se débarrasse du peu de rigueur qui lui restait encore. Il devient une machine visant l’efficacité commerciale, compétence pour laquelle il va se révéler surdoué. L’esthète criera au scandale, le fan de rock passera son chemin. Pour anecdote, « Abacab » est l’un des premiers disques rock pressés en CD. Autre anecdote, la pochette existe en trois versions. Génial non ?

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   (3 chroniques)



- Tony Banks (claviers)
- Phil Collins (batterie, chant)
- Mike Rutherford (basse, guitare)


1. Abacab
2. No Reply At All
3. Me And Sarah Jane
4. Keep It Dark
5. Dodo / Lurker
6. Who Dunnit ?
7. Man On The Corner
8. Like It Or Not
9. Another Record



             



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