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- Membre : Peter Gabriel , Guaranteed Pure, Gtr, Daryl Stuermer , Squackett, Stiltskin, Brand X, Mike & The Mechanics, Mike Rutherford , Anthony Phillips , Tony Banks , Cut_, Phil Collins , Ray Wilson , Steve Hackett , Frank Zappa

GENESIS - From Genesis To Revelation (1969)
Par ONCLE VIANDE le 17 Février 2008          Consultée 11169 fois

Je ne fâcherai personne en disant que ce premier GENESIS est particulièrement mauvais. On ne peut raisonnablement l’adorer, tout au plus y est-on attaché pour des raisons sentimentales. Les membres eux mêmes lui ont toujours manifesté une indifférence totale. On eut aimé qu’ils fassent preuve du même discernement envers d’autres productions.

La photo du groupe ne laisse aucun doute. Ce n’est ni les STOOGES ni le MC5. Vous pouvez leur confier vos filles, ils n’y toucheront pas. De bons garçons qui lisent Emily Brontë et écoutent les Beatles. En 1968, GENESIS est un groupe encore mal dégrossi et sans identité musicale. Le noyau historique Banks/Gabriel/Philips/Rutherford aura beaucoup de mal à intégrer un batteur, qui sera toujours une pièce rapportée au clan Charterhouse, et jusqu’à l’arrivée de Phil Collins, il collectionnera les intérimaires manchots (Chris Stewart, John Silver, John Mayhew).
Ce disque est d’abord la chose de Jonathan King, ancien de Charterhouse qui prendra le groupe sous son aile et lui imposera ses vues ; plaire au plus grand nombre, et si possible aux adolescentes. « From Genesis to revelation » est un mauvais disque pop. Les chansons sont mièvres, les vocaux purs sucre et les textes pas piqués des hannetons. Comme si cela ne suffisait pas, King impose au groupe des arrangements de cordes et de cuivres qui achèveront de ringardiser l’objet. Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, « FGTR » est un concept album, et non des moindres puisqu’il traite en toute simplicité de la bible, « de la Genèse à l’Apocalypse ». Cette ambition démesurée aura au moins le mérite de donner au groupe son nom, postérieur au titre donc, et de voir le précieux chef d’œuvre rangé dans les bacs de musique religieuse.
Avec le temps, le disque appelle à l’indulgence. Rien ne le rendra bon, mais les moments épargnés par King se montrent écoutables. Des lignes de piano témoignent d’une sensibilité à fleur de peau, hélas les rares moments prometteurs sont rapidement gâchés pas la cavalerie violonnesque. Une chanson comme « Am I very wrong ? » n’aurait pas détonné sur un disque de NICK DRAKE.
Mélodiquement habile mais naïf, « FGTR » n’est pas vide, mais il appartient à un autre temps, celui qui a vu les débuts discographiques des Fab Four, et comme il ne peut prétendre au second degré, sa désuétude suffit à le crucifier. Gabriel chante comme un ado, les guitares sont rachitiques, les arrangements kitch, la batterie insignifiante et la production convenue. Celui qui tire son épingle du jeu est Banks, déjà passionné par ce mode mineur où il puisera tant. « Dusk » et « White mountain » resteront précieusement en réserve pour la suite, et le disque s’affirme davantage comme un exercice formatif, permettant au groupe d’aborder sa période Charisma avec un petit vécu.
Si GENESIS n’avait pas été manipulé par King, on peut penser que leur premier essai aurait été tout différent, une sorte de folk celtique éthéré et plutôt agréable. Le groupe se plie ici aux exigences d’un producteur soucieux de séduire un public étranger à la chose rock. Se sentant piégé, il enregistrera la plupart des morceaux à contre cœur, puis par jeu, ce qui nous autorise à relativiser la naïveté du contenu. Néanmoins, GENESIS n’est pas mûr pour réaliser une œuvre personnelle. Il est nourri d’influences multiples et habité d’une ambition certaine, mais dénué de vision claire, et il faudra le premier KING CRIMSON pour que les pièces du puzzle s’assemblent enfin.

Ceux qui souhaiteraient approfondir cette œuvre de jeunesse pourront écouter les versions demos du coffret « Archive 67 – 75 » pas encore massacrées par Jonathan King. S’il faut retenir un titre, ce sera « The serpent », qui invite le groupe à mordre dans le fruit défendu et d’accéder à la connaissance. C’est justement par le péché que tout va commencer. Tout un symbole.

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   (3 chroniques)



- Tony Banks (piano, choeur)
- Peter Gabriel (chant, flûte)
- Anthony Phillips (guitare, choeur)
- Mike Rutherford: (basse, guitare, choeur)
- John Silver (batterie, choeur)


1. Where The Sour Turns To Sweet
2. In The Beginning
3. Fireside Song
4. The Serpent
5. Am I Very Wrong
6. In The Wilderness
7. The Conqueror
8. In Hiding
9. One Day
10. Window
11. In Limbo
12. Silent Sun
13. A Place To Call My Own



             



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