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LAIBACH - Sympathy For The Devil (1988)
Par JOVIAL le 16 Mars 2012          Consultée 1718 fois

Sympathy For The Devil est vraiment un album très spécial. D’accord, on pourrait presque dire ça pour tous les albums de LAIBACH, du premier jusqu’au dernier et même pour les plus mauvais, mais j’avoue que celui-ci m’a franchement surpris. Non pas qu’il soit aussi monumental comme précédemment le furent Krst Pod Triglavom et Opus Dei, mais bien parce qu’il voit les natifs de Trbovlje changer radicalement leur approche de la musique. Le principal responsable de ce virement de bord se nomme Dejan Knez, seconde tête pensante du groupe après Milan Fras. Le bonhomme, et ce depuis le début, a toujours affiché une certaine volonté d’indépendance par rapport à Fras, et très tôt, s’en est d’ailleurs allé former son propre projet parallèle, 300.000 V.K., plus orienté vers l’électronique d’avant-garde. Plus tard, c’est Milan Fras lui-même qui va être à l’origine d’un second projet, baptisé Germania, en s’unissant de manière surprenante avec deux ex-cadors de la pop slovène, Iztok Turk et Anja Rupel, auquel Dejan Knez va encore une fois largement contribuer. Bon, je pense que maintenant, vous commencez à comprendre que ce skeud n’est pas un album de LAIBACH à proprement parler, puisque le groupe ne signe ici que trois morceaux sur huit, le reste étant alors le fruit des efforts de 300.000 V.K. et Germania. C’est sans aucun doute pour cela que Sympathy For The Devil m’a autant dérouté lors de mes premières écoutes. Si des morceaux comme « Time For A Change » et « Sympathy For The Devil » restent très proche de l’univers musical du précédent album, on ne peut pas franchement en dire autant de tous les autres, reflétant bien le fait qu’il y ait ici trois groupes à composer, et non pas un seul. Milan Fras qualifia ce nouveau style abordé de « proto-techno », et je pense qu’on ne peut pas vraiment le contredire sur cette étiquette, tant il est vrai que Germania et surtout 300.000 V.K. possèdent indéniablement des sonorités plus electro, faites de samples et de ces rythmiques si caractéristiques que Kraftwerk et bien d’autres ont popularisé au début des années 80.

Mais je sens que tout cela commence à vous faire froid dans le dos. Les puristes s’agitent déjà en lisant le terme de « techno ». Qu’ils se rassurent, le grand bond en avant n’est pas pour cet album, et LAIBACH n’a rien perdu de sa superbe. C’est ainsi que, accompagné d’un chant particulièrement nasillard, Knez marie la cithare au beat primaire de son électronique en guise d’introduction à l’excellente « Dem Teufel Zugeneigt ». Le rythme est frénétique, globalement moins lourd que sur les morceaux d’indus martial des précédents albums, et permet au groupe de s’aventurer vers des compositions aux styles donc plus inédits : electro agressive et dramatique sur « Anastasia », ambiances plus « dansantes » pour « Who Killed The Kennedys Instrumental » et « Soul To Waste Instrumental », peut-être plus conventionnelles et trop longues, mais finalement assez efficaces dans leurs domaines respectifs. Ce qui peut par contre s’avérer ennuyeux, ce sont les textes, identiques bien sûr pour chaque chanson. Car, comme vous l’aviez sans doute déjà deviné (non ?), cet album ne contient que des « reprises » du morceau éponyme d’un petit groupe très peu connu, les Rolling Stones. Et il faut bien s’avouer qu’à force d’entendre ces mêmes « ouw-ouw » pendant plus d‘une trentaine de minutes, nos oreilles finissent bien vite par se lasser, même si Sympathy For The Devil reste un album très diversifié. Mais d’un autre côté, LAIBACH ou ses entités parallèles cherchent constamment l’innovation dans leurs morceaux et ne se complaisent pas dans le cover de bas-étage. En témoignent « Dem Teufel Zugeneigt », dont je vous ai déjà parlé, ou bien les dialogues complètement hallucinés de « Who Killed The Kennedys Instrumental » ou encore les solos distordus de « Soul to Waste ». Sur cette dernière de nouveau, le groupe réussit un véritable tour de force, celui d’associer un instrumental simple et lumineux, au chant particulièrement rauque et caverneux, évidemment modifié, de Milan Fras. Bon, certes le résultat est parfois discutable, et j’ai, je m’en accuse, mis un certain temps à apprécier l’œuvre dans sa totalité.

Quoiqu’il en soit, LAIBACH en surprendra plus d’un avec cet album qui, il est vrai, ne lui ressemble guère. Les plus « nostalgiques » se consoleront sûrement avec les puissants « Time For A Change » et « Sympathy For The Devil », d’un héroïsme jouissif. Personnellement, j’ai toujours une vision double quant à cette galette. Entre deux très bons, mais moins évidents, albums que sont Let It Be et Macbeth, il ne fait aucun doute que celui-ci nous apparaît comme une récréation sans grand intérêt, mais que, d’un autre côté, et au fil du temps, il se laisse tout de même apprécier. Son écoute ne constitue en aucun cas un calvaire, comme le seront bientôt certaines « œuvres » du groupe slovène, mais reste simplement agréable. C’est simpliste diront certains, une trahison diront d’autres, mais Sympathy For The Devil constituera toujours, et c’est certain, un album d’electro/indus beaucoup plus intéressant et recherché que malheureusement une grande majorité de ce que nous pouvons entendre à l’heure actuelle dans ce style.

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- Laibach (1, 2 & 7)
- 300.000 V.k. (3, 6 & 8)
- Germania (4 & 5)


1. Time For A Change
2. Dem Teufel Zugeneigt
3. Anastasia
4. Who Killed The Kennedys (instrumental)
5. Who Killed The Kennedys
6. Soul To Waste
7. Sympathy For The Devil
8. Soul To Waste (instrumental)



             



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