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 The Illustrated Elton John Discography (1225)

Elton JOHN - Breaking Hearts (1984)
Par MARCO STIVELL le 13 Juin 2012          Consultée 1833 fois

Sacré Elton ! A peine nous laisse-t-il entendre que les retrouvailles avec ses anciens musiciens seraient définitives et que Too Low for Zero devrait être le point de départ d'une nouvelle collaboration soudée et solide, qu'il nous sort ce Breaking Hearts marquant la fin des festivités. Non pas comme nouveau point de départ, mais comme bilan tout simplement puisque les musiciens sont toujours présents, mais qu'ils ne le seront plus pour les suivants. Si Davey Johnstone restera, il n'en sera pas de même pour Nigel Olsson que l'on ne reverra pas avant 2001, et surtout le pauvre Dee Murray dont c'est carrément la dernière participation à un disque d'Elton, avant qu'il ne meure avant 1992. Ah Elton, quelle vacherie !

Enfin quoi qu'il en soit, il convient de savourer Breaking Hearts pour cette dernière réunion, mais heureusement aussi en termes de composition, car sans égaler l'excellent Too Low for Zero, l'effort réalisé ici est encore très honorable. Le ton est plus léger et moins "classique", moins tubesque aussi. Seul le titre final, "Sad Songs (Say So Much)" connaîtra un mince succès (eu égard d'autres tubes eighties du combo) en étant pas mal passé à la radio.

Si le disque est plus léger que son prédécesseur, il démarre toutefois avec un titre "lourd" tant dans le texte que dans la musique. Sur "Restless", Bernie Taupin décrit l'évolution de la Guerre Froide, à son paroxysme à l'époque, en faisant même quelques liens avec le livre 1984 de George Orwell ("Walls have ears", "Big Brother's watching"). Fait amusant, Breaking Hearts paraît en 1984... Un hasard ? Musicalement, c'est le titre le plus long du disque (cinq minutes passées) et il est servi par un arrangement blues-rock très proche du hard. La basse de Dee Murray est impériale (comme sur tout le disque), le solo de guitare est inspiré, et il y a ce détail non négligeable, un synthé eighties rougeoyant en fond sonore. On pense presque au "Gimme all Your Lovin" de ZZ Top sorti un an plus tôt. C'est osé et réussi ! On ne peut s'empêcher de faire un lien avec le fameux tube "Sad Songs (Say So Much)", où Bernie Taupin décrit cette tendance à écouter des chansons tristes (blues notamment) lorsque tout va mal, et qui lui pour le coup est beaucoup plus léger musicalement, typiquement eighties.

On retrouve cette ambivalence presque tout au long de l'album, sans pour autant que les textes soient aussi sombres. Parmi les titres dynamiques, "Slow Down Georgie (She's Poison)" commence à la 12 cordes (je rappelle qu'on on est au beau milieu des années 80) sur fond de nappe avant de partir en fiesta sixties. Davey Johnstone rajoute quelques grosses guitares sur le final. Dans la même veine rétro, "Who Wears These Shoes ?" est un peu le prolongement de "I'm Still Standing" en moins significatif, bien que toujours efficace. "Did He Shoot Her ?" s'inspire lui aussi d'un titre de Too Low for Zero, la chanson-titre elle-même, avec plein de percussions mais en moins dense, quoique l'orchestration soit également riche de cette basse, de ces nappes et de ce sitar inédit. Avec un propos aussi léger dans l'esprit que hard dans le ton, "Li'l 'Frigerator" est aussi parfaitement convaincant. Non seulement les synthés sont un régal (notamment la vague de glace sur le refrain), mais en plus il contient la seule participation extérieure au groupe pour ce disque, celle d'un sax alto pour un solo curieusement très court. Quant à "Passengers", bien qu'il soit moins dynamique, il est à ranger dans les titres enjoués en tant que bizarrerie répétitive et rigolote (à base de chants délirants, de congas et de synthé-harmonica), franchement sympathique.

Ce disque rock eighties contient bien sûr son lot de ballades, sans quoi ce ne serait plus un disque d'Elton ! "Breaking Hearts (Ain't What It Used to Be)" en est une très classique au piano, jolie sans être un sommet. Plus probants sont "In Neon", slow langoureux en rythme ternaire avec guitare clean, et "Burning Buildings", autre slow langoureux en binaire cette fois, avec plus de grosses guitares et toujours passionné. Témoin d'idées qui foisonnent, il contient un très beau passage où la guitare classique rencontre le piano... Bref, pour un peu on croirait être revenu aux années 70, cette impression étant confortée par l'étalage des choeurs des trois musiciens accompagnant Elton. Ils officient sur tout le disque, sans exception, mais saupoudrés ainsi sur les ballades, on pense aux loins "Rocket Man", "Harmony"...

De bien bonne facture, Breaking Hearts nous permet de déguster une dernière fois le talent de ces musiciens ensemble et parvient à se hisser au rang des plus belles réussites d'Elton dans les années 80. Encore un exploit quand on sait combien cette période est décriée...

Note réelle : 3,75/5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Elton John (chant, claviers)
- Davey Johnstone (guitares, choeurs)
- Dee Murray (basse, choeurs)
- Nigel Olsson (batterie, choeurs)
- + Andrew Thompson (saxophone alto)


1. Restless
2. Slow Down Georgie (she's Poison)
3. Who Wears These Shoes ?
4. Breaking Hearts (ain't What It Used To Be)
5. Li'l 'frigerator
6. Passengers
7. In Neon
8. Burning Buildings
9. Did He Shoot Her ?
10. Sad Songs (say So Much)



             



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