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The CURE - The Cure (2004)
Par LUDO le 4 Avril 2005          Consultée 6939 fois

Robert SMITH et sa "joyeuse" bande est de retour avec un nouvel album ? Deux sons de cloche sonnent alors à mes oreilles : "Encore" et "Génial". "Encore" car pour l'énième fois on avait cru comprendre que c'était fini, tellement SMITH était sorti littéralement épuisé physiquement et moralement de "Bloodflowers" en 2000. "Génial" car, comme d'habitude, on ne sait pas trop à quoi s'attendre avec Robert, capable du très bon comme du moins bon (NON, je n'ai pas dit mauvais...). Et là, grosse surprise, l'album sera produit par... Ross ROBINSON, producteur émérite de AT THE DRIVE-IN (ah ah ?), KORN (oui oui), SLIPKNOT (mouais mouais) entre autres. Enfin, ça sonne quand même pas très THE CURE tout ça !

Eh bien, THE CURE va s'offrir une petite cure de jouvence auprès de ROBINSON. Voilà, j'ai casé mon jeu de mots à deux balles que tout le monde a fait avant moi, je vais pouvoir continuer. C'est certainement d'ailleurs au niveau de la production que vient l'originalité. Sans tomber dans une caricature des groupes précités, l'album possède un souffle très moderne, beaucoup plus agressif, que cela soit au niveau des instruments ou du chant. THE CURE a la rage et cela se sent.

Non, Robert ne s'est pas mis à bouger la tête dans tous les sens, mais son chant est nettement plus libéré qu'avant et n'hésite pas à sortir de ces habituelles "plaintes" pour s'exprimer un peu plus et cracher ce qu'il a dans le ventre. Les textes sont vraiment incisifs, ce qui n'était plus vraiment le cas depuis "Pornography" en 1982 ! SMITH exorcise ici les relations de couples, de l'amour le plus idyllique ("Before Three") à la dispute la plus sauvage ("Us Or Them").

Ainsi l'album s'ouvre de manière complètement déroutante, un sentiment de profond malaise s'installe et nous attrape rapidement, "Lost" nous montre un Robert SMITH, presque hurlant, expiant sa perte d'identité. Le tout sur des guitares oppressantes et un environnement sonore qui s'amplifie jusqu'à tout accaparer, mis à part les cris de désespoir du chanteur. Et ce n'est pas avec "Labyrith" et ses ambiances légèrement orientales qui fera retomber ce climat.

L'accalmie musicale viendra de titres plus pop tels que "The End Of The World" contenant des parties de synthés très mises en avant, "Taking off" très léger, assurément un tube, typique THE CURE. Et il y a la véritable perle qui vient clore l'album, "Going Nowhere" très dépouillée, portée par un piano d'une beauté absolue et la voix remplie d'émotions de Robert SMITH.

Le corps de l'album est composé de chansons plus ou moins lourdes mais toujours efficaces à l'image d'un "Alt.end" au refrain implacable. Et je ne pourrai pas passer à côté du morceau de bravoure de l'album, "The Promise", 10 minutes d'un déluge de distorsions guitaristiques appuyé par les complaintes d'un Robert en état de grâce, le tout soutenu par une batterie monstrueuse. Batterie très mise en avant sur tout l'album, dévoilant un Jason COOPER au jeu très varié et pas évident. Devenue presque une marque de fabrique du groupe, Simon GALLUP à la basse assure une rythmique à la fois lourde et mélodique à souhait. Roger O'DONNELL s'en tire avec les honneurs aux synthés où il développe une multitude d'effets qui viendront renforcer les atmosphères si bizarres de cet album.

Sans être mauvais, "The Cure" est plus apte à séduire une nouvelle génération de fans, plutôt que d'accrocher réellement les aficionados. La production est très bonne, insuffle à l'album un côté presque live, offre un sacré relifting à la bande à Robert. Seulement, je trouve que la magie a quelque peu disparue...

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- Robert Smith (chant, guitare)
- Simon Gallup (basse)
- Perry Balmonte (guitares)
- Roger O'donnel (synthés)
- Jason Cooper (batterie)


1. Lost
2. Labyrinth
3. Before Three
4. The End Of The World
5. Anniversary
6. Us Or Them
7. Alt.end
8. (i Don't Know What's Going) On
9. Taking Off
10. Never
11. The Promise
12. Going Nowhere



             



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