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LAIBACH - Wat (2003)
Par JOVIAL le 28 Septembre 2013          Consultée 1155 fois

Après une décennie musicalement en demi-teinte, l’heure est à la réflexion dans les rangs de nos Slovènes préférés. Auparavant si réguliers, ils s’accordent une pause à laquelle ils ne nous avaient pas encore habitué : entre la sortie de Jesus Christ Superstars et celle de WAT s’écoulent ainsi pas de moins de six longues années, aucunement synonyme d’inactivité pour LAIBACH toutefois, qui en profite pour remasteriser ses premières œuvres, multiplier les tournées européennes et expérimenter de nouveaux horizons. Ce douzième album résonne d’ailleurs comme un projet longuement mûri. La croix de Malevitch, qui fait sur la pochette sa première réapparition depuis 1992, semble vouloir signifier un certain retour aux sources, ce qui n’est pas forcément faux tant certains morceaux rappellent les ambiances de Kapital voire de Nova Akropola, mais dans le même temps ce « LAIBACH » barré, également en couverture, nous invite clairement à penser que le groupe souhaite rompre avec ces dernières productions. Et la musique nous le confirme bien, car il n’est ici ni question de metal industriel (Jesus Christ Superstars) ni d’electro chiante (NATO), Dejan Knez nous proposant ainsi un album à première vue dans la plus pure tradition de l’EBM, mais puisant en réalité ses influences rythmiques et d’orchestration dans ses travaux plus antérieurs, les deux albums cités plus haut en tête.

LAIBACH retrouve toute sa puissance, sa brutalité qui martèle le crâne et l’écrabouille sans pitié, avec des titres certes parfois très simples (« Tanz Mit Laibach », « Achtung! » ou l’excellente « Das Spiel Ist Aust ») mais toujours des plus efficaces et fédérateurs. Les morceaux les plus intéressants sont néanmoins - et c’est une constante chez nos Slovènes depuis quelques albums - les moins frontaux, les plus construits, les plus travaillés, ceux sur lesquels l’effort est porté davantage sur l’esthétique et le climat que sur l’emprise d’un beat vigoureux dissimulant malheureusement parfois toute la richesse des arrangements de Knez au premier abord. « B Mashina », nouveau classique du groupe, ouvre ainsi les hostilités de cette meilleure des façons, avec un Milan Fras de nouveau au sommet, des chœurs sublimes et une orchestration remarquable, presque dramatique, bien digne de la grande époque de LAIBACH. WAT renoue par la suite avec des tons plus sombres que les précédents albums, notamment sur la futuriste « Du Bist Unser » ou mieux sur l’impressionnante « Ende », où rarement l’électronique de la formation slave aura sonné aussi glauque, ou mieux encore sur « Anti-Semitism », dont les cuivres et les cordes nous renvoie directement au terrifiant Krst Pod Triglavom de 1986.

Le groupe accuse cependant une petite baisse de forme au milieu du disque, dont la plupart des pistes sonnent un peu creuses et restent bien décevantes : « Now You Will Pay » démarre plutôt adroitement mais tourne rapidement en rond, « Hell: Symmetry » est ennuyeuse et paresseuse du début à la fin, de même que « Satanic Versus », trois morceaux donc bien faiblards et insipides au regard du reste de l‘album. Milan Fras lui-même nous y déçoit, étonnamment indolent et peu convaincant. La recette qui avait pourtant bien marché sur « Du Bist Unser » et « Ende » n’aura finalement pas mené LAIBACH bien loin et il faut finalement attendre l’ultime piste, « Anti-Semitism », pour regagner une once de terreur froide et aliénante, les mi-figues mi-raisins « The Great Divide » et le morceau-titre, malgré un léger mieux, ne marquants toutes deux pas non plus les esprits.

La production et les arrangements désormais un peu trop propres à mon goût rendent également la musique du groupe moins attractive, certes plus facile d’accès, mais perdant son côté menaçant qui jusqu’à Kapital avait été conservé. Les années 90 ont donc décidement fait beaucoup de mal à nos Slovènes, qui ont perdu en assurance, mais n’exagérons pas, certainement pas en créativité. WAT signe ainsi tout de même le retour discret de LAIBACH sur le devant de la scène, avec cet acronyme édifiant, ce « We Are Time », celui d’un « nous sommes encore dans le coup ! », qui paiera fort heureusement trois ans plus tard, avec l’immense Volk, dont le style est tout simplement encore en gestation ici.

3/5
À retenir : « B Mashina » et « Anti-Semitism ».

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1. B Mashina
2. Tanz Mit Laibach
3. Du Bist Unser
4. Achtung!
5. Ende
6. Now You Will Pay
7. Hell: Symmetry
8. Das Spiel Ist Aus
9. Satanic Versus
10. The Great Divide
11. Wat
12. Anti-semitism



             



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