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INDOCHINE - Paradize (2002)
Par RICHARD le 9 Avril 2020          Consultée 320 fois


Le voici donc l'album de la renaissance d'INDOCHINE. Celui de l'explosion populaire, des passages radio et télé innombrables et des tournées sold out. En effet, si vous ne viviez pas sur une île déserte, il était tout bonnement impossible de passer entre les gouttes indochinoises. Porté par le single inter-générationnel «J'ai Demandé A La Lune», Sirkis tenait enfin sa revanche. Lorsque l'on était sensible à l'histoire du combo, ceci ne pouvait que faire plaisir. Ce retournement de veste effectué par la plupart des médias ou l'arrivée en masse de nouveaux fans faisaient en sorte que maintenant, tout allait dorénavant pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pourtant, les choses n'étaient sans doute pas si simples. Si Paradize est sans conteste l'album du succès commercial retrouvé,il n'est pas forcément celui de la qualité artistique. Sirkis même s'il est un boulimique de culture s'est encore plus ouvert au monde et aux autres. Mickaël FURNON de MICKEY 3D, Jean-Louis MURAT ou les auteures Ann SCOTT et Camille LAURENS ont apporté dans l'univers pourtant souvent hermétique de l’indéboulonnable leader leurs mots. Si cet apport insuffle à l'évidence un vent de fraîcheur, il ne suffit pas nécessairement à soulever l'enthousiasme. En 1981, lors de ses premiers concerts INDOCHINE reprenait «L'Opportunisme» de DUTRONC. Par un malheureux hasard, c'est bien cette sensation qui sied le mieux à Paradize.

De la pochette gentiment provoc mêlant sexe et religion aux looks gothique pas crédibles pour un verre d'absinthe du groupe sur scène et dans les clips, tout est bon pour appâter le chaland en mal de sensations faciles. Sirkis raccroche le wagon qualité de PLACEBO, SMASHING PUMPKINS et autre MANSON. Sous la houlette de son nouveau compositeur oLi dE SaT, les sonorités se veulent plus dures, moins pop et sans doute plus «rock». C'est indéniablement dans le prolongement du splendide Dancetaria (1999) que cette galette prend sa source. L'âme et l’honnêteté en apparence en moins. L'album est long, trop long, même si parfois il est traversé par d'excellents morceaux. C'est le syndrome Paradize qui naît devant nous et qui sera décliné par la suite jusqu'à plus soif. Soit, au minimum 60 à 70 minutes d'ambiances plus ou moins prenantes, INDOCHINE oubliant le plus souvent cependant que quantité ne rime pas avec qualité.

Si le groupe sonne quelque peu différemment, c'est aussi parce qu'il s'inspire souvent de sonorités déjà existantes. Ainsi «Le Grand Secret» avec Melissa AUF DER MAUR des SMASHING PUMPKINS est justement pompé sur le «Blank Page» de son ancien groupe tandis que «Marilyn» rappelle furieusement le «Goodbye Horses» de Q Lazzarus que l'on entend dans Le Silence Des Agneaux. INDOCHINE désire incontestablement sonner dans l'air du temps. Ceci donne alors des titres en carton-pâte qui n'ont d'abrasif que l'adjectif. Les brouillons et simili indus «Paradize» et «Punker» vont nulle part. Cette impasse est encore plus prononcée sur les pénibles «Like A Monster» (ce texte) et «Dunkerque». Le groupe peine à s'extirper de ce sentiment d'ennui. On pourra reconnaître à tous ces morceaux leur côté assurément bien travaillé, mais il manque le petit plus, voire le grand plus.Pour une fois, la voix de Sirkis n'est pas en cause. Le leader a progressé nettement dans ce domaine depuis le Péril Jaune (heureusement d'ailleurs) et elle procure facilement sa belle dose d'émotions.

Si le neuvième album n'est pas définitivement désespérant c'est aussi et surtout parce que ses cinq derniers titres tiennent plus que la route.INDOCHINE s'inspire ici et ne copie pas. L'excellent riff de «Popstitute» ne serait pas renié par MOLKO tandis que le prenant «DARK» aux guitares hélium CURE fait dire que le groupe a encore des choses à nous dire.Les mots du leader évoquent ici avec finesse relations difficiles, espoir et déception. Paradize se clôt sur un titre particulièrement émouvant écrit par MURAT l'ermite auvergnat. Préférez la version-clip que l'on trouve sur la toile. MURAT esquisse subtilement en quelques lignes plus de vingt ans de carrière avec ses hauts et ses bas. C'est beau, tout simplement.

Paradize est gourmand, sans doute trop. En voulant à tout prix sortir de ses dures années d'anonymat,INDOCHINE gagne de nouveau en popularité ce qu'il perd en créativité. Paradize, comme un petit goût d'enfer.

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   DARK PANDA

 
   RICHARD
   SUNTORY TIME

 
   (3 chroniques)



- Nicola Sirkis (chant, composition principale)
- Boris Jardel (guitare principale)
- Oli De Sat (guitare rythmique, arrangements)
- Marc Eliard (basse)
- Matthieu Rabaté (batterie)
- Frédéric Helbert (claviers)


1. Paradize
2. Electrastar
3. Punker
4. Mao Boy
5. J'ai Demandé à La Lune
6. Dunkerque
7. Like A Monster
8. Le Grand Secret
9. La Nuit Des Fées
10. Marilyn
11. Le Manoir
12. Popstitute
13. Dark
14. Comateen
15. Un Singe En Hiver



             



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