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BIOPIC PAS VRAIMENT BIO  |  DVD

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QUEEN - Bohemian Rhapsody (2019)
Par LONG JOHN SILVER le 4 Octobre 2019          Consultée 292 fois

Ainsi, il aura fallu pas moins de huit ans au biopic le plus bankable de l’histoire du cinéma (pas loin du milliard de $ de recettes lors de son exploitation en salles) depuis son projet jusqu’à sa mise en chantier. Autant dire qu’entre les annonces et la sortie en salles l’attente a été mise à l’épreuve, on se demandait parfois si cela verrait le jour tant les déclarations contradictoires firent florès au long des années. Originellement, Sacha Baron Cohen, comédien célèbre pour ses provocations souvent hilarantes, devait incarner Freddie à l’écran, Brian May et Roger Taylor ne tarissant pas de propos validant sa candidature et artistiquement parlant cela avait de la gueule, cela semblait cohérent. Et finalement non. Le script ne lui convenant pas, le comédien lâcha l’affaire puis les échanges acrimonieux s’échangèrent entre les deux piliers de QUEEN et l’acteur. En substance, Baron Cohen aurait souhaité un film totalement centré sur le personnage Mercury, sa vie et ses excès, les deux autres recadrant déjà plus le collectif et arguant que ledit comédien aurait une image par trop « parodique» pour incarner le frontman du groupe. Car QUEEN, ce n’est pas une farce ! Mouais...

C’est finalement Rami Malek qui est engagé, on lui colle une prothèse dentaire (du genre too much) et le tour est joué : here’s Freddie ! À la réalisation, on fait appel à Bryan Singer, désormais connu pour ses films de super heroes mais surtout remarqué en 1995 pour avoir porté Usual Suspects à l’écran, un thriller à petit budget dont le succès (mérité) a fait le renom. De plus, le réalisateur partage un point commun avec le personnage principal du film : il est ouvertement bisexuel. De fait, Singer est capable de monter des films virtuoses en plus d’aborder de front des thèmes qu’on n’aborde généralement pas ou peu dans le cinéma mainstream. Alors, on se dit que ça peut le faire et on est contents. Oui mais Bryan Singer se fait finalement virer en fin de tournage, ses crédits de coproducteur lui sont retirés. C’est un certain Dexter Fletcher*, originellement pressenti pour réaliser le film, qui achève le boulot. Une décision lourde de sens, si près du but. And so what ?

C’est là que ça se gâte, dès lors qu’il s’agit de donner son avis sur ce film. Car nonobstant ses anachronismes, inexactitudes et autres faussetés, l’ensemble n’est pas déplaisant, fonctionne plutôt bien – au moins - sur ses deux premiers tiers. Cependant, hormis quelques plans audacieux (comme cette séquence où on suit puis on survole le tour bus du groupe avant d’y pénétrer par son pare-brise) on est soumis à une mise en forme très académique, ce qui n’est pas forcément rédhibitoire non plus, néanmoins ce constat s’étend à tous les aspects du film. Lors d’une scène, Rami/Freddie dit qu’il a choisi le nom QUEEN car il est provocateur et que lui-même est le type le plus provoquant du monde. Ok mais où est la provoc dans le film ? Cette affirmation n’est suivie d’aucune démonstration. Si la sexualité du chanteur est effectivement abordée (au moins reconnaissons cela), le reste est bien largement esquissé. De loin. Comme cette fête supposément orgiaque, laquelle en fin de compte reste des plus sages. Même des ados, qui invitent des potes quand leurs parents ont déserté la maison, font plus de dégâts. Ce film est on ne peut plus politiquement correct alors qu’en vrai la musique, l’imaginaire, les clips de QUEEN sont empreints de rococo, de fantasmes, de kitsch, de mauvais goût assumé, de fantaisie débridée... de provocation ! On comprend au visionnage le pourquoi de la décision de Sacha Baron Cohen. Le duo May/Taylor, qui a supervisé et approuvé l’ensemble, a veillé à faire appliquer une recette faite afin d’offrir un produit hyper consensuel. Recette que le groupe refuse d’accepter dans le film confronté au boss d’EMI dès lors qu’il s’agit de lui imposer la mise en chantier de l’album A Night At The Opera puis après la sortie en single de « Bohemian Rhapsody ». Alors, encore une fois, ceci ne donne pas forcément un mauvais film, quelques scènes font mouche, comme les deux que je viens de citer où Mike Meyers joue le vilain patron** qui veut brider ses poulains pour être sûr de ramasser la mise ou encore la scène de l’engueulade dans la ferme où le groupe enregistre l’album suscité.

Mais voilà qu’approche le dénouement du film, il va falloir que les choses se compliquent pour nos héros et désigner fissa un vrai (méchant/vilain/pas beau/tout moche donc too much) antagoniste qui sème la zizanie, chose dont on s’était pourtant passée jusque là. Autant faire porter (le gros) chapeau à un suppôt, à savoir le secrétaire particulier de Rami/Freddie, le dénommé Paul Prenter auquel on doit – dans le film - le limogeage du manager du groupe John Reid. Pour commencer. Après quoi ce gougeât s’arrange pour isoler Freddie de ses copains et – pire – fait de la rétention d’informations à propos de la participation demandée au groupe pour le Live Aid. Heureusement, Mary « Love Of My Life » Austin veille au grain, le coupable est démasqué puis viré. Oui je spoile. Car là, le film devient gênant. On a bien compris qu’il ne fallait surtout pas écorner l’image de feu Freddie Mercury, par contre imaginer des méfaits inexistants à l’endroit de son plus proche collaborateur, no soucis. Alors oui, le gars, une fois éconduit (pour un autre motif), est bien allé à la télé pour balancer sur son ex-patron et c’est dégueulasse. Pourquoi inventer autre chose ? Dans le film, Freddie est une victime, c’est un mec sympa et s’il lui arrive des malheurs c’est pas de sa faute, il a été manipulé, il n’a AUCUNE zone d’ombre.

Enfin, il y a ce final devant lequel tant se pâment : El famoso concert de Wembley, le climax du film, reproduit à l’identique. Ma question étant la suivante : quel est l’intérêt de reproduire (à l’identique donc) un événement que tout le monde peut voir –en vrai- sur You Tube ? Mais c’est une prouesse technique voyons ! Autre argument ? Freddie et ses potes n’ont plus joué ensemble depuis des années (en vrai, c’est faux), il leur a annoncé sa maladie (encore faux), c’était la meilleure prestation du Live Aid (bon là, vu le niveau de pas mal d’autres artistes, venus les mains dans les poches, c’est assez vrai). Enfin, grâce à cette prestation devenue mythique, les dons ont afflué ! Aucun argument artistique ici, quant au dernier cité il est loin d’être avéré malgré ce qu’on découvre à l’écran. Mais je chipote, la scène fait quand même plaisir, car quand on aime autant le groupe que moi on se laisse chavirer comme une fille (un peu trop) facile. Néanmoins, si j’apprécie le plan où le visage de Freddie/Malek se reflète sur l’ébène de son piano, je goûte bien moins les tronches ahuries de ses camarades de groupe qui l’observent en se demandant comment cela va se passer vu ce qu’on nous a fait ingurgiter auparavant pour en arriver là. Du pur surlignage ! En plus de mettre en scène une attitude tout sauf professionnelle de la part de zicos aguerris.

Vous l’avez sans doute compris, Bohemian Rhapsody est un biopic taillé à la gloire de Freddie Mercury, bien plus qu’un film retraçant la carrière de son groupe. Les trois autres membres y sont plus que secondaires, le deuxième rôle est d’ailleurs officiellement tenu par Lucy Boynton qui incarne Mary Austin. En cela, Bohemian Rhapsody rappelle The Doors d’Oliver Stone, qui avait focalisé sur Jim Morrison et laissé une bonne place à sa fiancée. Si ce n’est qu’il est bien plus lisse, car si Stone a pu agacer en donnant son point de vue (notamment en mettant en scène, dès le début de son film, un trauma d’enfance), au moins en donnait-il un, de point de vue. Le film crédité (malgré tout) à Bryan Singer se contente de faire défiler une suite chronologique de faits. De Freddie Mercury, on ne donne pas grand chose ou plutôt on se contente de les survoler. Et au bout du compte, on n’apprend rien d’autant que la véracité de quasiment toutes les scènes de Bohemian Rhapsody pèse autant que celle de A Hard Day’s Night de Richard Lester, déroulant une journée passée avec les BEATLES. D'ailleurs, on peut légitimement se demander pourquoi les producteurs n’ont pas choisi de resserrer l’action du film sur un temps plus restreint, ou pourquoi, quitte à être exhaustif, n’être pas allé jusqu'au bout ? Pourquoi avoir choisi d’être chronologique à tout prix ? Autant QUEEN a su faire preuve d’inventivité tout au long de sa carrière, autant le duo May/Taylor qui a tout cornaqué s’est montré ici d’une frilosité implacable. Commercialement, c’est le jackpot, certes. Artistiquement, c’est le minimum syndical. Oui. Mais le film est plaisant. Plat mais plaisant. Quelque part entre agréable et frustrant. Pour les fantasmes, les aspects démesurés et flamboyants relatifs au groupe QUEEN, à sa musique, on repassera.

* À noter que Fletcher a réalisé peu après Rocketman, biopic/comédie musicale sur la vie d’Elton John, pas vu le film mais il semble d’après les revues qu’il ait pris le contre-pied de Bohemian Rhapsody.
** Mike Meyers offre ici un clin-d’œil à sa prestation dans Wayne’s World où on le voit headbanger sur le passage opéra de « Bohemian Rhapsody ».

Note réelle : 2,5

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