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1970 Wishbone Ash
2020 Coat Of Arms
 

- Membre : Creeds Cross

WISHBONE ASH - Locked In (1976)
Par ERWIN le 21 Octobre 2019          Consultée 559 fois

Alors cette pochette … Si comme moi vous êtes dubitatifs devant la photo, il convient de trouver la substantifique moëlle qui permet encore à nos Anglais de s'agiter. Que voit-on ? Un hublot fermé qui laisse perler de l'eau, ce qui sous-entend que de l'autre côté on est sous la flotte, et là, voilà notre quatuor bien aimé qui pose au-dessous d'une cité américaine d'importance. On reconnaît la statue de la liberté, voilà donc New York. Mais que signifie l'image damned ? Nos Anglais seraient-ils noyés sous l'Amérique et ne parviendraient-ils pas à respirer là-dessous ? Je me perds en conjectures, il doit y avoir de la substance illicite là-dessous ! Nous voici donc réunis pour la sixième livraison de WISHBONE ASH, alors que le précédent opus There's A Rub a cartonné et reste aujourd'hui un classique.

Ce nouvel album semble destiné à faire frémir le marché américain. Voilà une tache difficile pour un groupe qui ne fonctionne pas avec des singles. Certes, MTV n'est pas encore là, mais nos amis yankees ne jurent que par leur billboard ! C'est donc Tom Dowd, renommé producteur des ALLMANN BROS, qui prend en main la galette. Vous allez voir que le son est sans doute certes plus smooth, presque southern par instants, mais qu'il manque cruellement de la sainte clarté du ASH la plupart du temps. Nous sommes donc en 76 et la bande à Andy Powell relance les dés avec ambition, du moins le croient-ils !

Allez, on débute par les aspects positifs, peu nombreux : "Rest In Peace" n'est pas désagréable, même si manque un peu l'élan créatif habituel des natifs de l'Essex. Le petit bridge est sympa. "Half Past Lovin'" est presque couillue, un riff mi-hard mi-funk, avec une vraie intervention d'Andy Powell pour enrober tout ça et un violon d'obédience bien ricaine. Mais seule "Say Goodbye" me semble digne d'un micro intérêt : le riff y est plus puissant, l'ambiance générale incite à l'introspection. C'est clairement sympathique, avec des solo qui tiennent la route. Oui-da, mais pas de quoi crier au miracle non plus.

Embrayons ! Quelques ambiances que n'aurait pas reniées Gregg ALLMAN sur la planante et sudiste "No Water In The Well". Le hammond est en place, cette introduction est assez chouette même si les vocaux de Laurie Wisefield me semblent un peu criards pour une telle composition. Alors on attend la montée du bridge, comme dans tout classique de southern rock qui se respecte, si si ! Même lorsque c'est un groupe grandbreton qui est à la manoeuvre, il n'y a pas de raison. On attend... On attend, ça devrait exploser... Allez ! Bah nan, que dalle, bite couilles nichons, rien de rien... La compo se termine en peau de boudin avant même d'avoir embrayé... Quelle cata ! C'est incompréhensible. Et ça continue : "Trust You" est toute platounette ; peu d'émotions en fait émanent de ces chansons, comme si le talent de compositeurs des musiciens s'était éteint dans cette traversée volontaire pour les Etats-Unis. Je trouve le refrain de celle-ci carrément à chier.

Laurie garde, hélas, le mike sur "It All Started In Heaven" et par instants on dirait Bob DYLAN au chant sur cette compo qui aurait pu sortir de la gratte du barde de Duluth. Voilà qui est bien surprenant, avec un refrain Stonien là encore étonnant, mais pas vraiment performant. Enfin, un peu de soli, avec une twin sympa. Puis c'est un ch'ti rythme funkynet sur "Moonshine" qui nous fait curieusement quitter les rivages du rock de grande extraction inclassable que pratiquait jusqu'alors le groupe. Là, c'est soft-rock, presque classic rock, un peu de DOOBIE BROS là-dedans, un peu de EAGLES, oui c'est west coast, et ça reste moyen, quelques petites fulgurances en solo de notre Andy mais c'est bien léger pour ensoleiller ce début d'automne.

Martin Tuner reprend le micro sur la ballade "She Was My Best Friend", mais décidément, la sauce ne prend guère tant c'est plaintif. On ne doute pas de cette belle expérience de vie vécue par Martin, mais le chant et l'orchestration de cette chanson ne sont vraiment pas terribles, à oublier rapidement, d'autant que les interventions des six cordistes sont inexistantes. Je m'interroge... Comment Dowd, habitué à l'excellence de Dickey BETTS et Duane ALLMAN n'a-t-il pas su proposer à Andy et Laurie de se lancer dans des bavardages plus intenses ?

Evidemment, cet album inconsistant ne va trouver aucun succès ni aux U.S, ni même dans l'antre de la bête en perfide Albion. Il faut dire que pas un seul titre ne passe le cap de l'indifférence. On trouve une utilité à le mettre en fond éventuel, ça ne dérange personne et n'éveille pas la moindre question. Le groupe a depuis pris l'habitude de se défausser sur le producteur pour arguer de la faiblesse de cet album. Admettons, il m'est toutefois avis qu'ils sont grand majeurs et vaccinés nos petits gars. A eux d'assumer point barre. Mais au final, c'est un peu comme si effectivement on les avait enfermés et qu'ils se soient révélés incapables de proposer du matos digne de ce nom.

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   ERWIN

 
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- Andy Powell (guitare-chant)
- Laurie Wisefield (guitare-chant)
- Martin Turner (basse-chant)
- Steve Uptown (batterie)


1. Rest In Peace
2. No Water In The Well
3. Moonshine
4. She Was My Best Friend
5. It Started In Heaven
6. Half Patsy Lovin'
7. Trust In You
8. Say Goodbye



             



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