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WISHBONE ASH - Wishbone Ash (1970)
Par MARCO STIVELL le 2 Juillet 2011          Consultée 2237 fois

WISHBONE ASH, qui devra son succès particulièrement à sa paire de guitaristes légendaire, est curieusement un groupe dont le principal problème à la base a été de mettre quelqu'un à la place de cet instrument. Il y avait bien à l'origine Glen Turner, petit frère du bassiste Martin, mais ne souhaitant pas rester à Londres avec le groupe, il a vite fallu trouver autre chose. Le périodique Melody Maker devient alors un transmetteur de petites annonces de choix en ce début des années 70, car WISHBONE ASH (sous la direction de Miles Copeland, frère de Stewart) tout comme Genesis y trouveront leur sixcordiste déterminant. Pour "Wishbone", ils seront même deux. Ne parvenant pas à trancher entre Andy Powell et David "Ted" Turner, tout deux excellents, le groupe gardera les deux, et préfigurera ainsi (voire influencera) d'autres grands groupes comme Thin Lizzy (et plus tard les metalleux), reposant beaucoup sur le jeu des "twin guitarists". Après de multiples concerts en première partie de groupes, une rencontre "branchée" avec Ritchie Blackmore permet à WISHBONE ASH de trouver en Derek Lawrence, qui s'occupe aussi de Deep Purple, son producteur. Le premier album peut enfin sortir.

"Blind Eye" est un blues-rock assez prévisible, mais qui comporte déjà quelque chose de frais. Le chant de Martin Turner est à la fois clair et chaud, il possède une voix très agréable. La basse suit de près les guitares, la batterie rajoute quelques fills. On sent toute une préparation derrière, comme si le groupe misait avec cet album sur un gros coup. Un peu de piano survient au second couplet. C'est Matthew Fisher, membre de Procol Harum, qui s'y colle. "Lady Whisky" approfondit ce triumvirat sacré de guitares (deux six cordes + la basse toujours très présente), mais déjà les deux guitaristes commencent à se lâcher un peu plus et ne pas se contenter de riffs harmonisés. Les soli sont au départ "simples", mais il y a du potentiel là-dedans, oh que oui. Et ça bouillonne dans la seconde partie, avant d'éclater fièrement (les soli sont encore plus mordants). Cette chanson, qui évoquerait presque une personne qui titube après trop forte consommation d'Old Scotch, se révèle excellente et déjà moins "basique" que la première. On saluera le chant de Martin Turner, une nouvelle fois.

Sur "Errors of my Way", les voix des deux guitaristes viennent soutenir celle de Turner, ce qui donne un air de ballade mi-blues mi-folk assez épique. On plane et on jouit à l'écoute de ce titre, le septième ciel étant ambivalent pour le coup : les moments où ça s'énerve valent bien ceux où ça chante paisiblement (?) Et ce solo mes amis, tout en apesanteur... "Queen of Fortune" démarre sur les chapeaux de roue, ou plutôt la fièvre tout décibels dehors. Les refrains sont remarquables de folie, le riff, le solo et la rythmique sont envoûtants, bref que du bonheur sur ce titre là encore.

C'est avec la dernière partie qu'on attaque le moment de vérité de ce premier album. Deux morceaux de dix minutes à la suite, ça veut dire ce que ça veut dire. C'est la basse qui ouvre "Handy", preuve supplémentaire de son importance chez WISHBONE ASH, et elle joue ici pleinement le rôle d'une guitare. Si on ne plane pas sur la partie qui suit, c'est qu'on n'est pas fait pour le rock, c'est dit ! La basse revient seule, amorçant une transition vers une partie où les guitares s'énervent un peu plus... Même la batterie a son moment de gloire, sans faire étalage de démonstration puérile, et qui permet de passer à un rythme plus ternaire. C'est musical, c'est WISHBONE ASH. En prime, un petit délire jazzy pour bien conclure. "Phoenix" est dans la même veine créatrice, en plus épique et en tout aussi classieux. De grands moments que cette "wah-wah" fantômatique, ce chant de Martin Turner qui évoque un Greg Lake à ses meilleures performances d'alors, cette envolée "ska" du milieu, ce magma bouillonnant après 7'00... Décousu mais toujours inspiré.

On sent déjà une réelle entente dans ce groupe qui a composé ensemble tous les morceaux du disque, et qui joue fortement de son aura collective, chaque instrument étant idéalement représenté. Un oncle m'avait fait écouter WISHBONE ASH il y a longtemps, un ou deux titres en live, et déjà j'y sentais ce parfum de toute-puissance au travers d'une musique rock chateoyante. Chapeau bas, pour un début ! Pas entièrement blues ou crossover-rock, pas entièrement rock progressif, rock point barre, et créatif, et musical. Déjà mythique...

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   MARCO STIVELL

 
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- Andy Powell (guitares, chant)
- Ted Turner (guitares, chant)
- Martin Turner (basse, chant)
- Steve Upton (batterie)


1. Blind Eye
2. Lady Whiskey
3. Errors Of My Way
4. Queen Of Torture
5. Handy
6. Phoenix



             



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