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Joni MITCHELL - Hejira (1976)
Par DERWIJES le 1er Octobre 2021          Consultée 675 fois

Huitième album de Joni MITCHELL paru en Novembre 1976 sur le label Asylum Records, Hejira est le deuxième chef-d’oeuvre de la chanteuse, après (voire avant pour certains) Blue. Album du voyage, son titre vient de l’arabe 'hijira' - 'héjire' en français-, signifiant 'voyage' et désignant le départ de Mahomet et de ses compagnons de la Mecque vers l’oasis de Yathrib. Avec la superbe photo de couverture de Joel BERNSTEIN montrant Joni en look bohémienne chic contenant en elle le lake Mendata (Madison, Wisconsin) durant une nuit d’orage, c’est véritablement un album de voyages.

Voyages au pluriel, d’abord celui de sa participation au Rolling Thunder Revue de Bob DYLAN, tournée documentée dans plusieurs ouvrages, signalons simplement ici qu’elle la finira avec une addiction à la cocaïne.
Peu de temps après, elle enchaîne avec une autre tournée, celle pour promouvoir The Hissing of the Summer Lawns, qui finira en eau de boudin et avec une annulation pure et simple de la tournée au bout de quelques dates à cause des tensions au sein du groupe, le copain du moment, et accessoirement batteur du groupe, ayant moyennement apprécié qu’elle le trompe avec Sam SHEPHARD.
Troisième voyage, enfin, le plus décisif, qui fit quasiment immédiatement suite à l’annulation de sa tournée. Désireuse de se vider la tête, elle partit avec des amis (et amants) traverser les USA. Départ : Los Angeles, destination : Le Maine, puis vice-versa avec un arrêt par le Golfe du Mexique et la Floride. Un voyage nomade typiquement dans l’esprit de la liberté américaine où ils devaient rouler uniquement de jour en restant cachés derrière des camions routiers pour échapper à la police puisqu’ils roulaient sans permis ; Joni se déguisait avec des perruques lorsqu’elle se rendait en public pour éviter d’attirer l’attention, ce qui ne suffisait parfois pas !

Cette aventure lui permettra de se ressourcer et de prendre le temps de se recentrer sur ses envies. Elle souhaite continuer à s’orienter vers un jazz de plus en plus expérimental, dégoûtée par le milieu du rock qu’elle côtoie depuis ses débuts et qu’elle a vu de très près pendant la Rolling Thunder Revue et qu’elle trouve égocentrique et arrogant, mais reste frustrée par les musiciens de studio avec qui elle travaille, jusqu’à ce qu’ils lui recommandent d’aller voir un petit génie nommé Jaco PASTORIUS : le coup de foudre artistique entre les deux est immédiat. Ils commencent immédiatement à travailler ensemble sur des compositions construites sur le duo guitare/basse mettant en valeur la basse.
L’enregistrement se fait rapidement : l’inspiration venant toute seule, neuf morceaux sont enregistrés, dont sept de plus de cinq minutes : Hejira est un album complexe. Les arrangements sont recherchés, les harmonies et les mélodies compliquées, les paroles ambitieuses. Mais c’est là qu’on touche au génie car, malgré tout, on s’y immerge très facilement. La musique sur une basse simple, la basse en avant, les autres instruments derrière, dans un paysage sobre, presque sec. C’est l’inspiration du voyage, cet espace réduit (le véhicule en mouvement) crée une histoire sans cesse renouvellée (le paysage qui défile). Les moments d’anthologie se succèdent, d’abord le single "Coyote" qui ouvre le disque, puis "Amelia", conversation entre l’aviatrice et Joni au milieu du désert, conversation de toutes ces femmes qui se battent pour exister dans un monde d’hommes. Puis, il y a l’hommage au bluesmen Furry LEWIS dans "Furry Sings the Blues", mal reçu par le principal intéressé, mais avec l’ami Neil YOUNG à l’harmonica. Il y a les chansons d’amour difficiles qui sont à la fois des confessions et des autopsies, "A Strange Boy", "Hejira" et "Blue Motel Room", et "Song for Sharon", la plus ambitieuse, la description du conflit intérieur d’une femme hésitant entre épouser son amour et la vie de femme au foyer ou conserver sa liberté malgré la solitude et le qu’en dira-on.

Hejira, au final, est la synthèse entre l’identité qu’elle s’est construite jusque là et celle qu’elle est en train de se construite. C’est la balance parfaite entre le ton intimiste qui l’a fait connaître et la musique plus expérimentale qu’elle recherche, et du même coup elle trouve l’équilibre idéal d'un album capable de plaire au grand public comme aux auditeurs les plus exigeants.

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- Joni Mitchell (chant, guitares acoustique et électrique)
- Larry Carlton (guitares acoustique et électrique)
- Abe Most (clarinette )
- Neil Young (harmonica )
- Chuck Findley (cors )
- Tom Scott (cor )
- Victor Feldman (vibraphone )
- Greg Leisz (pedal steel guitar )
- Jaco Pastorius (basse électrique )
- Max Bennett (basse électrique )
- Chuck Domanico (contrebasse)
- John Guerin (batterie)
- Bobbye Hall (percussions)


1. Coyote
2. Amelia
3. Furry Sings The Blues
4. A Strange Boy
5. Hejira
6. Song For Sharon
7. Black Crow
8. Blue Motel Room
9. Refuge Of The Roads



             



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