Recherche avancée       Liste groupes



      
FOLK / JAZZ  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Bob Dylan , Tracy Chapman , Jackson Browne , Leonard Cohen , Joan Baez
- Membre : David Crosby
- Style + Membre : Neil Young , Jaco Pastorius, Wayne Shorter , Charles Mingus , The Band , Stephen Stills

Joni MITCHELL - Turbulent Indigo (1994)
Par DERWIJES le 22 Octobre 2021          Consultée 615 fois

Ce quinzième album inaugure une nouvelle période dans la vie et la carrière de Joni MITCHELL. Elle a fêté ses 50 ans en 1993 et s’est offert comme cadeau un divorce d'avec son mari de 12 ans, Larry KLEIN (dit comme ça…). Les deux restent en bon terme puisque Larry est toujours présent pour l’aider dans la production. Si elle-même décrivait Night Ride Home comme une collection de middle-aged love songs, il faut bien avouer que cet album lui avait permis de renouer avec son style favori, du folk mâtiné de jazz. Une recette qu’elle applique de nouveau ici.

Avec son titre et sa pochette (qui inaugure une série de quatre -de Turbulent Indigo jusqu’à Travelogue- albums où Joni va peindre elle-même les pochettes de ses albums pour le plus grand plaisir de nos yeux), l’allusion à VAN GOGH est on ne peut plus claire, avec l’idée de payer hommage aux tourments artistiques. Avec quinze albums (dix-sept en comptant ses deux live) sur quarante ans de carrière, Joni a connu suffisamment de tourments artistiques pour que cet hommage soit mérité. Il faut croire que le thème résonna avec son audience puisque Turbulent Indigo fut l’album de son grand retour, celui couronné par le Grammy Award du Meilleur Album Pop de l’Année et par les louanges que lui porte toute une nouvelle génération d’artistes, de Sheryl CROW à Alanis MORISSETTE en passant par Suzanne VEGA ou BJÖRK.

Avec ses aides habituelles -Larry Klein à la basse, Wayne SHORTER au saxophone- et le petit nouveau SEAL qui vient faire coucou sur "How Do You Stop", reprise de James BROWN (sur son album Gravity de 1986). Son vieil ami David CROSBY vient aussi prêter main-forte, mais pour l’écriture de "Yvette in English". Des bribes du texte traînaient depuis longtemps chez elle et ne sachant qu’en faire elle les a envoyées par fax à Crosby qui lui a renvoyé une chanson complète que Joni a ensuite remaniée dans le texte actuel pour aboutir enfin à cette jolie chanson, sans prétention, mélancolique, de son séjour français. La qualité des textes est montée d’un cran par rapport à ses albums précédents. L’exception à la règle étant "Sex Kills" qui récapitule les diverses catastrophes du siècle et critique la diabolisation du sexe ? Non, elle fait beaucoup, beaucoup mieux sur "Sunny Sunday", avec un principe de base qui ferait une excellente nouvelle : une femme tente tous les soirs de tirer sur le lampadaire en face de sa fenêtre mais manque le coup à chaque voix. Métaphore de la rébellion de l’individu face à la civilisation, sur le besoin de se trouver un but, aussi futile soit-il ? A chacun son interprétation, c’est en tout cas une excellente entrée en matière pour l’album.
D’autres textes méritent d’être relevés, "Borderline" qui aborde les troubles de la personnalité, et "The Magdalene Laundries", sur les Irlandaises enfermées à l’asyle de Magdalene et obligées de travailler dans la lingerie, un texte social, historique et politique dans lequel elle est tout à son aise, tandis que "The Sire of Sorrow (Job’s Sad Song)" reprend l’histoire biblique de Job.

Du point de vue musical, c'est le retour du jazz d’Hejira, mais en plus atmosphérique. L’accent est mis sur le chant et tout le long de l’album les instruments sont plutôt en sourdine avec des arrangements discrets. Si on y trouve de bons moments (comme la chanson titre), l’ensemble manque de l’intensité nécessaire pour coller aux textes. Excepté ce léger défaut tout à fait subjectif, Turbulent Indigo constitue sinon le retour en forme de Joni MITCHELL qui confirmera avec son effort suivant que cet essai réussi n’était pas une coïncidence.

A lire aussi en FOLK par DERWIJES :


Joni MITCHELL
Blue (1971)
Blue like me




Joan BAEZ
Blessed Are... (1971)
Dernier pour Vanguard, premier d'une superbe série


Marquez et partagez





 
   DERWIJES

 
  N/A



- Joni Mitchell (chant, chœurs, guitare, claviers)
- Larry Klein (orgue, basse)
- Michael Landau (guitare électrique)
- Greg Leisz (pedal steel guitar)
- Steuart Smith (guitare)
- Wayne Shorter (saxophone soprano)
- Jim Keltner (batterie)
- Carlos Vega (batterie)
- Seal (chant)
- Charles Valentino (chœurs)
- Kris Kello (chœurs)
- Bill Dillon (synthétiseur)


1. Sunny Sunday
2. Sex Kills
3. How Do You Stop
4. Turbulent Indigo
5. Last Chance Lost
6. The Magdalene Laundries
7. Not To Blame
8. Borderline
9. Yvette In English
10. The Sire Of Sorrow (job's Sad Song)



             



1999 - 2024 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod