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- Membre : Alan Simon , Stevie Nicks , John Mcvie , Lindsey Buckingham
- Style + Membre : Peter Green , Peter Green Splinter Group , Mick Fleetwood , Christine Mcvie

FLEETWOOD MAC - Rumours Revisited (2013)
Par MARCO STIVELL le 25 Juillet 2023          Consultée 811 fois

Mojo Magazine, référence anglaise, est, on le sait, passé au stade de label depuis longtemps et ses compilations 'simples' de styles mais aussi hommages d'artistes variés à un seul pullulent, de LED ZEPPELIN à James BROWN en passant par Paul McCARTNEY. Parfois, ils (re)font aussi des albums, avec autant de distinction du point de vue qualitatif, et c'est tout naturellement qu'en 2013, sans pour autant parler d'occasion spéciale, ils ont tenu à s'attaquer au 9ème disque le plus vendu de tous les temps, à savoir Rumours de FLEETWOOD MAC. Groupe hybride car anglo-américain, passé du blues à la pop et devenu rapidement mixte (avec deux femmes dont le talent n'avait rien à envier à celui de leurs maris puis ex-maris présents à leurs côtés), mais qui, en dépit de sa carrière fournie, semble parfois moins emblématique que ce seul album de 1977, à jamais diamant brut de la musique occidentale en chanson. Et pour sûr, la certification Mojo prend encore du galon, avec toutefois de sacrées surprises à la clef, mais pas du goût de tout le monde, attention !

Dès les premières mesures de "Second Hand News" aux samples bizarroïdes, on sait que la légèreté est moins de mise qu'à l'origine, avec YEASAYER, combo new-yorkais qui produit des sons éléphantesques tout en respectant la mélodie de base, refrains fainéants en moins, sur un rythme ralenti mais exotique qui apparaît encore plus décalé. De même, "Never Going Back Again" et son reggae coloré, sous les effets de la cocaïne ou du LSD, très intéressant par ailleurs ! On le doit à un autre groupe indé pas du tout américain cette fois et bien loin des tropiques, à savoir SLARAFFENLAND, purement danois. Plus rien à voir avec la méditation sautillante guitare acoustique et voix du presque trop sage Lindsey Buckingham à l'évidence (comme "Second Hand News", on serait même plus dans ses albums solos à lui) ! À l'inverse, par les Canadiens de The BESNARD LAKES, "You Make Loving Fun" perd de sa sève dansante et chaleureuse pour se concentrer à merveille sur de grosses guitares à échos, autre forme de majesté entraînante.

Très étonnant est le shuffle made in The PHOENIX FOUNDATION pour "Don't Stop", tube parmi les tubes (n'est-ce pas, monsieur Bill Clinton ? Sans mauvaise blague hein), avec ses sons lumineux et surtout sa dualité voix de fille (plus proche de Stevie Nicks que de Christine McVie)/voix garçon pitchée dans les graves, pour offrir plus de contraste, assez sympathique. Déstabilisants sont "The Chain", plombant et malade (d'autant plus après la jolie respiration "Songbird" !) dans une veine synth-pop-ambient par LIARS, au chant rappelant le Iggy POP de The Idiot, et "Go Your Own Way", au groove funky très 'west-coast', très drôle d'idée on peut dire, de la part des DUTCH UNCLES qui sont pourtant tout ce qu'il y a de plus anglais ! Les hits de Rumours, album favori des couples divorcés de la seconde moitié des années 70, sont décidément favorables aux récréations des musiciens indés mais pas seulement, ouf ! Il y a aussi la stabilité, à chercher du côté du beau sexe plutôt, chose qui ne nous dépayse pas trop.

FLEETWOOD MAC, si l'on n'est pas trop obtus et bloqué sur l'identité masculine des débuts du groupe, c'est autant cette part féminine qui a littéralement 'éclaté' au grand jour grâce à Rumours et qui se trouve dignement respectée ici. La chanteuse de PURE BATHING CULTURE a beau, comme le reste de son combo indie, venir de rivages et forêts placés plus hauts sur la carte que la Californie traditionnelle (de l'Oregon en fait !), cette version du mythique "Dreams" s'insère à merveille parmi la pop qui regarde le Pacifique au coucher du soleil et fait rêver le monde entier. Onirisme et grandeur, quitte à en perdre le groove et la chaleur sensuelle directe de Stevie Nicks because préférence ici pour la réverb', ne sont ici pas sans rappeler de grands groupes comme BEST COAST et le reste des Californiens équivalents, établis sur scène depuis dix-quinze ans.

Les STAVES anglaises nous enchantent sur un "Songbird" qui ne perd rien de son essence folk, a juste troqué son piano et sa préciosité au feutre inestimable par des guitares printanières et des harmonies vocales très chouettes. Le final permet de faire durer le plaisir, en apesanteur et envolées légères. Beaucoup de délicatesse pour une reprise qui n'a pas à rougir, et dame Christine McVie, maintenant qu'elle a rejoint les étoiles (snif...), peut être fière de ses émules. Pour une autre relecture fidèle, il faut attendre "I Don't Know to Know", toujours aussi gai, et Dylan LEBLANC, proche de la country par essence, même avec des guitares surf planantes et de toute beauté. Après tout, les choeurs féminins font 50 % de la chanson et se trouvent même ici renforcés.

Les synthés-jouets modulaires placés sur un rythme tribal, l'harmonica ronflant, les échos et le 'bullet'-micro offrent une nouvelle rupture avec le "Oh Daddy" de 1977, par l'entremise de Mary EPWORTH, belle Anglaise qui avait si superbement rendu hommage à Sandy DENNY quelques années plus tôt. Un sacré effort et hautement mémorable, bien que totalement différent encore. Julia HOLTER enfin, très curieusement alors qu'elle ramène le piano et plus de dépouillement, va encore plus loin dans l'avant-garde, genre dont elle est spécialiste, en concluant le disque avec "Gold Dust Woman", deuxième hymne de la reine des gypsy-women en musique : Stevie Nicks. L'effet de montée en crescendo y est dignement respecté, l'orgue se balade joliment, le rythme flirte doucement avec le dancefloor, sans dénaturer la chanson ni perdre l'auditeur.

Il n'y a pas à dire, à part peut-être "The Chain" qui pourrait être taxé de hors-sujet, sans pour autant que ce soit mauvais, Rumours Revisited est une franche réussite, quitte à demander plusieurs chances. Bravo à Mojo et aux musiciens, messieurs, mais surtout (et en l'absence du contrat qui lie un batteur et un bassiste ad-vitam par leurs noms de famille), aux dames !

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   MARCO STIVELL

 
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1. Yeasayer - Second Hand News
2. Pure Bathing Culture - Dreams
3. Slaraffenland - Never Going Back Again
4. The Phoenix Foundation - Don't Stop
5. Dutch Uncles - Go Your Own Way
6. The Staves - Songbird
7. Liars - The Chain
8. The Besnard Lakes - You Make Loving You
9. Dylan Leblanc - I Don't Want To Know
10. Mary Epworth - Oh Daddy
11. Julia Holter - Gold Dust Woman



             



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