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- Membre : Alan Simon , Stevie Nicks , John Mcvie , Lindsey Buckingham
- Style + Membre : Peter Green , Peter Green Splinter Group , Mick Fleetwood , Christine Mcvie

FLEETWOOD MAC - Kiln House (1970)
Par MARCO STIVELL le 8 Juin 2014          Consultée 3448 fois

Peter Green est parti rejoindre Syd Barrett dans le monde des « absents », icônes du rock en développement sapées par la drogue et à l'existence dès lors marginalisée. Depuis le mois de mai 1970, Jeremy Spencer et Danny Kirwan s'occupent du matériel musical à fournir et FLEETWOOD MAC recrute la claviériste-chanteuse Christine McVie. Echappée de Chicken Shack, autre groupe de british-blues éminent que l'histoire a oublié, elle vient de publier un disque solo passé inaperçu et possède encore son nom de jeune fille, Perfect, lorsqu'elle épouse John McVie et se voit conviée à soutenir le groupe dans sa nouvelle direction. Ce n'est toutefois pas encore officiel et son seul crédit, fait non négligeable, mentionne son dessin absolument merveilleux, mélange d'Angleterre et d'Extrême-Orient, qui range directement cette pochette parmi les plus belles du groupe.

Kiln House, publié en septembre 1970, tranche clairement avec le son blues de Then Play on, spatialisé et nébuleux. Si réverb' il y a, on ne la rencontre que sur la voix de Jeremy Spencer. Le guitariste domine dans l'écriture par son choix de rendre hommage au Sun Sound des années 50 (doo-wops et ballades country), de manière décontractée, à son image. Notons qu'il chante avec un timbre moins adolescent qu'à ses débuts, se fait ici crooner à outrance, soutenu par les onomatopées vocales de Kirwan, si caractéristiques. Ce son rétro donne l'impression d'écouter les premiers ELVIS ou Buddy HOLLY, à qui une chanson du milieu de l'album portant son nom est empruntée ("Peggy Sue Got Married"), et non à sa mère comme les crédits le stipulent. À noter l'aisance évidente de John McVie à la basse, particulièrement sur "Mission Bell" et "This is the Rock" qui sont, en dehors de la "Buddy's Song", les meilleurs expériences d'un genre pourtant loin d'être personnel.

Danny Kirwan et Jeremy Spencer travaillent de concert, bien plus volontairement que ce dernier ne le faisait à l'égard de Peter Green. Spencer a cependant son empreinte parodique qui regarde le passé, alors que Kirwan figure comme le principal responsable du virage rock, qu'il soit dur ou soft. Dans ce dernier registre, comment ne pas fondre pour l'instrumental "Earl Gray", une impression de paysage champêtre vu de la fenêtre du cottage à 5 p.m., so british... La mélodie de guitare caressante se voit fort à-propos rejointe par le piano sur le "refrain", l'ambiance paisible est portée par une rythmique joliment dosée, comme le sucre dans le thé.

Mick Fleetwood commence d'ailleurs à s'affirmer tel qu'on le connait, à mieux soupeser ses coups de caisse claire comme on l'entend dès "Station Man". La voix de Christine McVie survole les choeurs et le titre révèle des moments proches de l'improvisation, en particulier pour les solos de guitares. C'est aussi le cas de "Tell Me all the Things you Do", titre le plus musclé de l'album où ça gronde dans tous les sens, où Fleetwood canarde sa cloche, comme il le faisait sur "Oh Well", diversifiant ainsi son champ d'action (il y a aussi ça et là des bongos, des congas, des cloches tubulaires sur "Mission Bell"...). Un morceau jubilatoire, tout comme l'est "Jewel-Eyed Judy" (dédié à Judy Wong, une amie du groupe) dans un registre plus lent. Co-signé par Fleetwood, John McVie et Danny Kirwan, il est ponctué de riffs furieux et de lignes mélodiques à la guitare, et tout comme "Tell Me All the Things you Do", rehaussé par la virtuosité de Christine McVie au piano électrique RMI, plus que bienvenue.

Kiln House -en référence à leur retraite favorite du sud de l'Angleterre- fait office de transition dans la carrière de FLEETWOOD MAC, car il s'agit du dernier album en compagnie de Jeremy Spencer, de plus en plus miné par la drogue, atteint de paranoïa. Il déserte le groupe juste avant un concert en Californie, soi-disant pour acheter le journal, et en réalité pour intégrer la secte des Enfants de Dieu... Avec deux défections en cette année 1970 (Peter Green donne un coup de main pour finir la tournée), le groupe entame une période d'incertitude et d'instabilité, qui s'étendra sur quelques années mais favorisera mieux que jamais sa créativité. À commencer par ce disque hybride, dans lequel Spencer fait le pitre tout en laissant son meilleur héritage pour FLEETWOOD MAC. Une oeuvre si attachante d'abord grâce à Danny Kirwan et ses compositions, grâce encore à une ambiance soft, très "cool". Un album qui ne se rattache ni aux débuts british blues, ni aux plus grands succès du groupe, mais qui mérite d'être redécouvert.

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   MARCO STIVELL

 
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- Jeremy Spencer (guitares, chant, piano)
- Danny Kirwan (guitares, chant)
- John Mcvie (basse)
- Mick Fleetwood (batterie, percussions)
- + Christine Mcvie (claviers, choeurs)


1. This Is The Rock
2. Station Man
3. Blood On The Floor
4. Hi Ho Silver
5. Jewel-eyed Judy
6. Buddy's Song
7. Earl Gray
8. One Together
9. Tell Me All The Things You Do
10. Mission Bell



             



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