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VANGELIS - Heaven And Hell (1975)
Par GOUNOUMAN le 21 Janvier 2009          Consultée 6490 fois

Heaven and Hell marque une profonde césure dans la carrière de Vangelis. Car même si techniquement, ce ne sont que deux courtes années qui le séparent de son prédécesseur, il s’agit bel et bien là d’un nouveau départ. En 1975, Vangelis émigre à Londres pour emménager dans un lieu qui aura tôt fait de devenir l’unique sanctuaire de ses divines créations : les studios Nemo, où il composera, enregistrera et produira tous ses albums jusqu’au début des années 80. Avec « Heaven and Hell », premier d’une longue série, notre magicien de l’électronique entame donc une glorieuse décennie, qui lui permettra d’accroître sa notoriété et de toucher un plus grand public, grâce à des sorties variées et un rythme de parution des plus soutenus.

Si « L’Apocalypse des Animaux » voyait Vangelis atteindre une réelle maturité dans l’expression de son propos, offrant des odes ambient relativement minimalistes empreintes de poésie et de délicatesse, l’étrange et grandiose suite symphonique que constitue cet opus propose un changement total d’univers. Délaissant les mélodies évidentes et mélancoliques de l’album précédent, Vangelis va totalement se réinventer avec cet ouvrage des plus audacieux, véritable fusion entre la new-age/électronique et une relecture contemporaine de la musique classique/symphonique.

Et pour conférer à ses compositions toute la richesse et la puissance dont elles avaient besoin, Vangelis a pris soin de bien s’entourer. Un chœur très important de musiciens, ainsi qu’une soprano à la voix des plus enchanteresses, Vana Veroutis, apportent donc leur talent, leur charisme à l’œuvre, participant sur l’essentiel de l’opus. Et il faut aussi souligner un fait d’importance : c’est sur cet album que se créé un nouveau mythe. Naissance d’une grande collaboration, début d’une nouvelle histoire… Car oui, c’est bien sur cet album que vous pourrez entendre le tout premier duo entre Vangelis et Jon Anderson, la voix du célèbre groupe de rock progressif, Yes. Un peu en rupture avec le reste de l’œuvre, cette charmante ballade (que sa production maladroite tend selon moi à ancrer plus profondément dans son époque) délivre de superbes et délicates émotions. Un très beau premier duo qui augurait déjà du meilleur pour la suite !

Mise à part cette chanson assez unique, « Heaven and Hell » est divisé en deux grandes pistes, comportant chacune des mouvements bien distincts, aussi bien en terme d’ambiances que de sons ou même de domaines d’inspiration.

Et chacune des deux parties de contenir ses pièces maîtresses, ses mélodies fortes et incroyablement prenantes, dont certaines seront très largement ré-usées par la suite et influenceront beaucoup le rayonnement de Vangelis jusqu’au milieu des années 80. Par exemple, la première partie contient en son centre une piste d’environ 4 minutes, instrumentale, basée sur un piano dont la douce mélodie se voit vite relayée par des claviers atmosphériques à souhait au son typiquement vangelisien, tandis qu’à l’arrière, des chœurs grandioses montent et gagnent petit à petit en puissance… Si vous entendiez cette très belle mélodie, elle vous paraîtrait très probablement familière. Et sur l’essentiel des « Best of » de Vangelis, vous pourriez la trouver sous le nom de « Theme from Cosmos ». Peut-être n’avez-vous pas oublié cette série des années 80, qui avait utilisé cette pièce pour générique ? Une des premières multiples collaborations de Vangelis avec des personnalités du secteur du cinéma et de la télévision.

D’autres mélodies orchestrales, comme l’emphatique et surnaturelle « 12 O’Clock » sont également restées célèbres. Ce thème, avec ses chœurs et son ouverture au son de cloches, aux consonances presque sacrées, très mystique, rompt avec l’aspect purement électronique de l’œuvre pour se présenter comme une piste hantée, très orchestrale et incroyablement touchante. Les montées en puissance des chœurs sont proprement inoubliables, et s’il y a bien un morceau qui nous permet de bien savourer le timbre chaleureux et délicat de Vana Veroutis, c’est bien celui-là. « Symphony to the powers B. », thème principal de la première partie est également très classique et orchestral, avec une construction admirable, des parties plus légères, d’autres plus grandiloquentes, pour un thème qui ne cesse jamais de varier ou de nous enchanter. Citons aussi « Needles & Bones », thème génialement progressif, qui propose un enchevêtrement de pistes brillantes pour un délire électronique fantastique et terriblement accrocheur. A l’évidence un de mes coups de cœurs de l’opus, même si apparemment, le grand public n’a pas particulièrement retenu ce thème…

A d’autres moments, Vangelis obscurcit considérablement le tableau dépeint, comme sur la macabre et très inquiétante introduction de la partie 2, ou encore sur la plus joyeuse mais terriblement décadente « Bacchanale », où l’utilisation des chœurs s’avère vraiment des plus inattendues. Et l’album de s’achever sur « A way », complainte mélancolique aux sons typiquement vangelisiens, qui s’éloigne doucement, et permet à l’auditeur de sortir doucement de son monde de rêves et de fantasmes pour trouver le courage de réintégrer le réel, jusqu’à son prochain voyage dans ses terres enchanteresses…

Vraiment, à chaque fois que je lance cet album, j’en ressors les bras ballants et la langue jusque par terre ; quel infernal paradis ! Quelle brillante expérimentation ! Quelle jubilatoire démonstration de pur génie, de parfaite créativité !
Cet album est réellement un hybride improbable, un monument qui enchaîne hymnes intemporels et ambiances électroniques alambiquées et si étrangement structurées… Une architecture grotesque et pourtant si belle qu’elle en frôlerait les 5 étoiles… Au final, vous l’aurez compris, voici bien là l’un des tous meilleurs albums de Vangelis, qui défie fort bien les affres du temps… A l’évidence, un indispensable, qui a marqué son époque : un grand pas pour la musique électronique au sens large. A connaître, impérativement !

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- Vangelis (tout)


- Heaven And Hell Part 1
1. (including :)bacchanale
2. Symphony To The Powers B
3. Movement 3 (theme From Cosmos)
- So Long Ago, So Clear
- heaven And Hell Part 2
4. (including :)intestinal Bat
5. Needles & Bones
6. 12 O'clock
7. Aries
8. A Way



             



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