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VANGELIS - Invisible Connections (1985)
Par ARP2600 le 19 Novembre 2012          Consultée 1526 fois

En ce milieu des années 80, Vangelis était dans une bonne passe, sérieuse et expérimentale. C'est là qu'il a sorti Soil Festivities et Mask, l'un ambiant, l'autre lyrique, dans un style proche : Une musique électronique mélodique, peu accessible sans être particulièrement déconcertante. A côté de ces deux-là, il a également publié l'étrange Invisible Connections. Celui-ci, à l'instar du Beaubourg de 1978, est plutôt à relier à la musique électroacoustique, un style expérimental, basé non pas sur des mélodies et enchaînements rythmiques instinctifs, mais sur des structures plus ou moins ordonnées qui semblent le plus souvent chaotiques. En d'autres termes, on entend des paquets de sons intervenir à des moments qui semblent aléatoires... le résultat l'est tout autant, ce n'est que par hasard qu'on obtient une belle œuvre dans cet ordre d'idées.

Il convient tout de même de relativiser la contribution de Vangelis à ce genre. On sent toujours chez lui une volonté de créer de la beauté avant toute chose, mais Invisible Connections reste une tentative très abstraite. Le fait est que ce disque est de toute évidence plus stable que Beaubourg. Il ne s'agit plus ici de divagations ni de showcasing d'un instrument. Non, s'il est fort probable que Vangelis ait écrit ceci pour s'amuser entre des œuvres qu'il jugeait plus sérieuses (Soil Festivities et Mask donc), il a quand même cette fois travaillé de façon bien plus cohérente. On peut encore ajouter que, contrairement à Beaubourg qui était par moments fort rythmé et agressif, la musique de I.C. est exclusivement lente et de faible densité. Autre point étonnant, cet album a été publié sur le fameux label Deutsche Grammophon, spécialisé dans la musique classique et romantique des siècles précédents. Sans doute que Polygram ne savait pas où classer cet ovni... en tout cas, cela n'a pas aidé à la diffusion de la chose.

Si le résultat est plus ou moins satisfaisant, il faut malheureusement pour Vangelis relativiser l'intérêt du disque. Tout d'abord, en musique électronique abstraite, il est difficile de rivaliser avec les travaux de Cluster et Tangerine Dream au début des années 70. Le problème est sans doute le matériel utilisé. Cluster et TD utilisaient tout ce qui leur tombait sous la main dans un premier temps, des synthés modulaires ensuite, pour obtenir des sons très diversifiés et déroutants. Vangelis, lui, en est toujours en 85 aux synthés polyphoniques du genre CS80, il n'y a ici aucun son vraiment inhabituel, ce qui nuit au caractère potentiellement mystérieux d'une telle musique. Autre problème, pour renforcer les ambiances et permettre un tel étirement temporel du son, Vangelis abuse manifestement de la réverbération, ce qui est difficile à supporter sur une quarantaine de minutes.

Il reste le talent naturel du compositeur. La disposition des sons est subtile, surtout sur la première face. Le piano préparé lancinant perturbé par des percussions est du plus bel effet tandis que la deuxième partie de la plage, le passage le plus conventionnel du lot, propose des nappes très vangeliennes que la plupart de ses amateurs devraient apprécier. Aussi curieux que cela puisse paraître, tandis que ce passage n'est guère plus mélodique que le reste, le mélange sonore annonce clairement son album de 88, le très pop Direct. La seconde face est plus éparse. Elle est constituée de deux morceaux à peine séparés, «Atom Blaster» et «Thermo Vision», titres qui donnent un petit côté physicien à l'ensemble. Ceci est impossible à décrire, disons simplement que des sons éclatent agressivement, avec une structure rythmique ténue, et résonnent ensuite pendant au moins dix secondes. Pas très engageant mais cela ne donne pas si mal.

En fin de compte, Invisible Connections est mitigé. Dans un premier temps, je le trouvais excellent mais, après plusieurs écoutes, on constate qu'il n'y a en fait pas grand chose à comprendre. C'est un bon disque de musique bizarre, sans plus, à écouter avec parcimonie si on trouve ce genre de chose agréable ou amusant. Étant donné que ce disque est une vraie rareté, il est fort peu probable qu'il sorte un jour de l'oubli dans lequel il est né.

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1. Invisible Connections
2. Atom Blaster
3. Thermo Vision



             



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