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- Membre : Jon & Vangelis, Aphrodite's Child, Irène Papas & Vangelis

VANGELIS - Sex Power (1970)
Par ARP2600 le 27 Août 2015          Consultée 1086 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Vangelis a eu une telle activité musicale depuis ses débuts dans les années 60 jusqu'à sa quasi-retraite du côté de 1996 qu'il est parfois un peu difficile de s'y retrouver. Pour faire simple, il a commencé en Grèce avec un genre de groupe yé-yé appelé The Forminx (de 62 à 66), puis il est venu en France avec ses compatriotes Demis Roussos et Loukas Sideras, où ils ont formé Aphrodite's Child, groupe encore connu de nos jours aussi bien pour sa pop que pour le rock progressif de 666. Cependant, si celui-ci a existé entre 67 et 72, Vangelis n'a pas attendu sa dissolution pour commencer à travailler seul.

En effet, il semble qu'il ait été de tout temps intéressé par la musique de film. On peut dire que ses grands succès commerciaux des années 80 et 90 en la matière n'étaient pas des coups d'essai, ça non. C'est un fait, son premier comme son dernier disques (hors compilations bien sûr) sont des bandes originales. Déjà en Grèce dans les années 60, il en avait composé au moins quatre pour des films locaux, mais qui n'ont pas été publiées. C'est en France qu'il a connu une première occasion plus prometteuse, juste avant de commencer sa longue collaboration avec Frédéric Rossif. En 1970, donc, il a mis en musique le film Sex Power d'Henry Chapier, BO que Philips a bien voulu sortir, avec même un single, sous son nom entier Vangelis Papathanassiou.

Évidemment, ce titre fait craindre le pire. Je n'ai pas vu ce film, mais il semble que non, ce ne soit pas tout-à-fait un film érotique. Cela parlerait de sexualité, certes, mais plutôt dans le contexte de l'époque hippie. Un film onirique, paraît-il, et apparemment assez difficile à suivre. Mais qu'importe. Vangelis semble avoir ressenti une certaine gêne au sujet du film, à moins que ce soit pour la qualité de son travail ? Toujours est-il que, ce disque n'étant jamais ressorti, il est une vraie rareté... acquérir un original est aussi cher que vain, car ce travail embryonnaire ne peut intéresser que les fans.

Ces trente-quatre minutes de musique ne sont pas extraordinaires, c'est un fait. Qui en doutait ? Néanmoins, cette BO est quand même aussi instructive qu'émouvante. Les deux premiers albums d'Aphrodite's Child laissent déjà transparaître ce que sera le style de Vangelis, mais pas tant que cela. Sex Power est beaucoup plus fondateur. C'est là qu'il a commencé à agencer les sons à sa manière, utilisant tout ce que l'électronique permettait à l'époque, ainsi que divers instruments traditionnels. Oui, c'est bel et bien son premier disque solo et le début de cette étonnante aventure artistique.

Pourtant, les années suivantes seront assez chaotiques, entre le quasi-ambient de l'Apocalypse des animaux et le rock de Earth, sans oublier l'étrange poème symphonique Fais que ton rêve soit plus long que la nuit, on voit qu'il aura essayé plusieurs pistes avant de revenir à son idée d'origine : Si Sex Power annonce un disque en particulier, c'est forcément Heaven and Hell. On trouve déjà ici des arrangements très lyriques, des chœurs, ces traits de piano si caractéristiques, des nappes enveloppantes, et bien sûr cette réverbération typique. Il y a même un peu de Fender Rhodes au début de la deuxième face, avec déjà ce formidable caractère évocateur, après quoi on trouve une première séquence de type « musique contemporaine », durant environ huit minutes.

Il faut quand même parler des problèmes qui plombent ce disque. Oui, c'est déjà du Vangelis, et du plus kitsch... certains effets que j'évoque au-dessus ne sont guère mesurés ici, c'est souvent trop, notamment au niveau des chœurs. Il aura toujours eu une certaine propension à faire du mélo, mais en réussissant à la mesurer sur ses bons albums. Ici, la pilule peut avoir du mal à passer. Et sinon, un problème récurrent des BO, bien sûr, un thème fort mièvre est répété jusqu'à l’écœurement pendant une bonne partie de la première face et la fin de la seconde. Même s'il est parfois à la guitare, parfois aux claviers, parfois chanté, l'effet est très négatif.

On retiendra surtout le thème principal, au tout début du disque, déjà si électronique, kitsch mais étonnant pour l'époque. Les divers passages rythmiques, surtout le début de la deuxième face, sont également assez satisfaisants. Le reste est anecdotique et a fort mal vieilli, mais n'oublions pas que c'était fait pour un film de 1970, pas pour rester dans l'histoire de la musique. Un démarrage tranquille pour Vangelis donc, d'une médiocrité certainement pas inquiétante à un moment de sa carrière où ce genre de projet était secondaire.

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