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VANGELIS - Blade Runner (1982)
Par MANIAC BLUES le 12 Février 2011          Consultée 2687 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Novembre 2019. Los Angeles. La chasse aux réplicants est ouverte. Le Blade Runner Rick Deckard a en effet pour mission de traquer ces êtres génétiquement modifiés, nouvelle espèce d'esclaves dans une société futuriste déshumanisée. L'atmosphère du film est sombre, malsaine et propose une vision pessimiste de l'avenir. Ridley Scott a réalisé avec Blade Runner un film d'une richesse visuelle fascinante et d'une noirceur absolue. Ce film, à l'esthétique froide et obscure, est donc une source d'inspiration inépuisable pour les expérimentations de Vangelis. Le compositeur grec n'a pas été choisi par hasard. Oscarisé pour sa B.O. des Chariots de Feu la même année, Vangelis n'a pas d'égal pour créer des atmosphères envoûtantes, étranges, obsédantes et surtout futuristes. En effet, Vangelis avec ses synthétiseurs est un avant-gardiste, un extraterrestre, le grand manitou de la musique atmosphérique. Jamais l'univers d'un musicien n'a aussi bien collé avec celui d'un film et c'est ce qui fait de Blade Runner une oeuvre si singulière à la fois pour Vangelis et Ridley Scott.

« J'ai rêvé de musique ». C'est ce que dit Rick Deckard, alias Harrison Ford, à la belle réplicante Rachel. Cette réplique est assez révélatrice du travail de Vangelis. Lente, froide, mélancolique, sombre, la musique hante Blade Runner avec force et s’élève comme une plainte onirique au dessus des buildings de Los Angeles. Avec ses mélodies brumeuses et ses sonorités étranges, cette partition nous plonge sous la pluie battante de cette cité crépusculaire. Bien qu'elle s'écoute à merveille sans les images, la musique de Vangelis reste indissociable de l'univers du film. On peut par exemple entendre des bribes de dialogues, des bruitages électroniques sur l'inquiétant « Blush Response ».

Ce qui fait la richesse de cette oeuvre, c'est que Vangelis ne cherche pas à rythmer l'action du film mais à créer un climat ténébreux,et parfois romantique. Les nappes de synthé évoquent tour à tour l'étrangeté, la déshumanisation des personnages et l'architecture cauchemardesque de Los Angeles. La verticalité et le gigantisme de la ville se traduisent ainsi par des mélodies aériennes, en apesanteur. Les synthétiseurs sont alors mis au premier plan et donnent une impression de flottement comme si l'on planait au dessus des immenses tours de cette ville du future. Des mélodies synthétiques répétitives, une rythmique froide et insistante, des fragments de voix, de chant, des sonorités troublantes parfois orientales caractérisent un certain nombre de morceaux comme « Wait For Me ». LA partition oscille alors entre bizarrerie et mélancolie à l'image de l'excellent « Blade Runner Blues » qui évoque la solitude de Rick Deckard.

Cependant, cette bande originale présente une facette plus humaine où se font entendre de magnifiques parties vocales et de douces notes de piano. La splendide voix de Mary Hopkin sur « Rachel's Song » donne des frissons. Tant de finesse et d'harmonies inventives contrastent avec les voix effrayantes du dantesque « Tales of The Future ». Le thème de l'amour est également une merveille : les plaintes romantiques du saxophone qui s’élèvent au dessus des nappes de synthé sont bouleversantes. Le sax colle très bien avec le côté années quarante du film. En effet, Riddley Scott a joué sur une esthétique rétro-futuriste étonnante. On peut par exemple voir une vieille cadillac au milieu des voitures volantes. L'allure de Harrison Ford fait également très flic de polars avec Humphrey Bogart. Ce côté rétro prend toute son ampleur avec la ballade sirupeuse « One More Kiss, Dear ». Cette chanson à la Frank Sinatra contraste alors terriblement avec l'ambiance glaciale mais pourtant brillante de « Tears In Rain » où l'on peut entendre le début de la tirade poignante du réplicant à la fin du film.

Enfin, cette bande originale comprend l'une des compositions les plus célèbres de Vangelis: « Blade Runner End title ». Ce morceau de bravoure final illustre bien la tonalité angoissante du film. Considérée à juste titre comme une pièce maîtresse dans la discographie de Vangelis, Blade Runner a pourtant connu une destinée singulière. Le disque n'a en effet été publié qu'en 1994, soit douze ans après la sortie du film. Quoi qu'il en soit, cet album qui a marqué au fer rouge les spectateurs ayant vu Blade Runner restera comme une des oeuvres marquantes de Vangelis.

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1. Main Titles Music From The Motion Picture 'blade R
2. Blush Response
3. Wait For Me
4. Rachel's Song
5. Love Theme From Blade Runner
6. One More Kiss, Dear
7. Blade Runner Blues
8. Memories Of Green
9. Tales Of The Future
10. Damask Rose
11. Blade Runner (end Title)
12. Tears In Rain



             



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