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FLEETWOOD MAC - Mr. Wonderful (1968)
Par MARCO STIVELL le 4 Mai 2014          Consultée 1404 fois

Grâce à son premier album, FLEETWOOD MAC jouit d'un succès franchement exceptionnel. Un qualificatif qui sied fort bien au groupe, y compris en cette fin d'années soixante empreinte d'une jeunesse insouciante, sans grande ambition et encore marquée du sceau british blues, l'envie de jouer plutôt que d'innover. Il est ainsi naturel que Peter Green, Mick Fleetwood, John McVie et Jeremy Spencer se retrouvent en avril 1968, deux mois seulement après la sortie du premier album, pour enregistrer ce qui deviendra Mr. Wonderful au mois d'août.

S'il n'est pas un pionnier, ce disque se démarque beaucoup de son prédécesseur en termes de réalisation. L'enregistrement a une couleur exclusivement live, prélevé en direct dans les studios de la CBS à Londres, même si la qualité est telle qu'on a de prime abord plutôt l'impression d'une simple démo commercialisée et de musiciens n'ayant pas quitté leur garage de répétitions. Parmi ceux-ci et en dehors du quatuor, une section de saxophones participe à l'ensemble des sessions, de même qu'une personne ramenée pour le moment aux crédits additionnels, mais qui figurera par la suite comme emblème de FLEETWOOD MAC. Christine Perfect, car c'est bien d'elle qu'il s'agit, n'est pas encore madame John McVie et officie au sein du groupe concurrent Chicken Shack, mais son piano polyvalent et omniprésent sur Mr. Wonderful dénote déjà en partie de son talent inestimable. Elle en vole presque la vedette aux autres hommes, dont Peter Green.

Car FLEETWOOD MAC tient sans doute à rapprocher Mr. Wonderful des anciens disques de bluesmen américains par sa réalisation, lui donner des allures d'hommage direct et humble, un certain parfum d'authenticité. Sur le principe et le papier, cela a quelque chose d'enthousiasmant. On aimerait s'en tenir là et se délecter du son gazeux de la batterie de Mick Fleetwood, du mixage approximatif de Mike Vernon, de l'ambiance inédite transportant l'auditeur d'un studio de Londres à un troquet de Chicago ou de New Orleans... Hélas, le parti-pris révèle ses limites en particulier lorsque l'on entend le résultat sur la guitare de Peter Green, ici criarde et sans grand miracle. Il faut dire aussi que cet album, anachronique en pleine période psychédélique, n'en sue pas moins la drogue à plein nez : cela se remarque surtout dans les chants de Peter Green et de Jeremy Spencer, qui œuvrent là aussi de manière séparée, ne jouent jamais ensemble. Une belle rupture supplémentaire avec le premier album qui était très « frais » !

Cependant, il faut mettre aussi cela sur le compte d'une préférence très nette pour les tempos lents doublés d'une rythmique brute, qui procurent à l'auditeur le sentiment d'une musique qui « se traîne », sentiment lui-même renforcé par l'écoute de morceaux encore moins marquants que ceux du premier album. « Love That Burns » s'étire en longueur et s'achève par un fade-out, le groupe ne sachant pas comment le finir, et -par dessus tout- quitte à grignoter un joli solo de piano... Jeremy Spencer a un peu baissé son bouton de saturation et s'identifie plus que jamais à Elmore James en proposant quatre reprises. Mais en sus de cela, le guitariste peine à masquer une inspiration défaillante par son choix de répéter sempiternellement le même riff pour chacune, ce qui fait qu'on ne distingue même plus le classique « Dust My Broom ».

Peter Green a lui aussi du mal à se démarquer, à part peut-être sur « Stop Messin' Round » qui bénéficie avant tout de sa place avantageuse dans un ensemble trop uniforme. Les saxophones se limitent à un tapis d'accompagnement, dont l'emploi (onze morceaux sur douze !) est proportionnellement inverse à la mise en valeur, mis à part un solo sur l'instrumental « Evenin' Boogie ». Ce titre est l'un des rares tempos rapides, presque bâclé (décalage rythmique) et sonne « histoire de... », comme le blues acoustique lancinant de « Trying So Hard to Forget ». Le tout s'écoute, mais parfois péniblement, et peu d'éléments sont propices à faire de Mr. Wonderful un classique au final, à moins d'être un fan de blues indulgent et de savourer la pochette sur laquelle figure un Mick Fleetwood halluciné. C'est par ailleurs le début d'une imagerie décalée que cultivera longtemps FLEETWOOD MAC et auquel son géant de batteur se pliera parfois volontiers...

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   MARCO STIVELL

 
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- Peter Green (chant, guitare, basse)
- Jeremy Spencer (chant, guitare, piano)
- John Mc Vie (basse)
- Mick Fleetwood (batterie)
- David Howard (saxophone)
- Roland Vaughan (saxophone)
- Steve Gregory (saxophone)
- Johnny Almond (saxophone)
- Christine Perfect (piano)
- Anthony Bennett (harmonica)


1. Stop Messin’ Round
2. I’ve Lost My Baby
3. Rollin’ Man
4. Dust My Broom
5. Love That Burns
6. Doctor Brown
7. Need Your Love Tonight
8. If You Be My Baby
9. Evenin’ Boogie
10. Lazy Poker Blues
11. Coming Home
12. Trying So Hard To Forget
13. Stop Messin’ Round (bonus)
14. I Held My Baby Last Night (bonus)
15. Mystery Boogie (bonus)



             



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