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VANGELIS - Mask (1985)
Par ARP2600 le 16 Octobre 2012          Consultée 2071 fois

En cette année 1985, Vangelis s'est montré étonnamment sérieux. Les deux disques qui y sont parus, Mask et Invisible Connections, se raccordent clairement plus à la musique dite «classique» qu'à la musique populaire. Le second, très abstrait, a d'ailleurs été publié sur le label Deutsche Grammophon, et pas chez Polydor comme ses autres disques de l'époque. Nous reviendrons à cette œuvre contemporaine dans la prochaine chronique. Mask, quant à lui, est choral et nettement plus mélodique. Il s'agit d'un genre de cantate ou d'oratorio apparemment relié aux civilisations précolombiennes, et sans doute au choc avec les cultures européennes au XVIe siècle – notons que les paroles n'en sont pas, inutile d'essayer de les comprendre.

Ceci étant dit, Mask ressemble furieusement à de la musique sacrée. J'irais jusqu'à le comparer aux Carmina Burana de Carl Orff ou au Requiem de Fauré, deux œuvres chorales majeures de la fin XIXe et du début XXe que Vangelis doit bien évidemment connaître. Il ne s'agit pas de plagiat pour autant, on trouve juste certaines ressemblances dans les ambiances tour à tour rythmées et contemplatives et dans le traitement des voix. Bien sûr, les parties instrumentales de Mask sont électroniques, mais cela ne change rien. Déjà quelques années auparavant, quand Vangelis a commencé à utiliser son Yamaha CS80, il expliquait qu'il aimait cet instrument car il s'agissait d'un véritable orchestre. Clairement, le compositeur a toujours eu à cœur de se constituer une panoplie de sons cohérente lui permettant d'être un véritable homme-orchestre électronique.

Mask doit être considéré comme l'aboutissement de sa recherche musicale. Il s'agit d'une réalisation très ambitieuse, et parfaitement réussie. L'écriture est étonnante de la part d'un autodidacte comme Vangelis. Certains passages semblent presque fugués, tous les mouvements sont bigrement complexes, rien ne semble laissé au hasard dans la construction. Ensuite, c'est une question de goût personnel... il faut aimer le chant choral, il faut aimer cette réverbération il est vrai un peu excessive. Au moins cet album devrait-il plaire aux amateurs de Vangelis qui auraient omis de l'essayer. Il faut dire que Mask n'est vraiment pas connu, et sa faible disponibilité à l'heure actuelle n'arrange pas les choses. On peut craindre que cette belle œuvre reste dans l'oubli...

Il n'est pas aisé de détailler le contenu de ces six mouvements, qui forment vraiment un tout de 43 minutes. Le premier commence et s'achève de façon impressionnante, l'harmonie en mode mineur, le séquençage ultrarapide et le chant puissant donnent à cette introduction une ambiance des plus dramatiques. Par contre, le centre contemplatif du mouvement n'est pas ce qu'il y a de plus impérissable. Le deuxième morceau est court et tranquille, une mélodie subtile s'y déploie sur un tempo modéré. Le troisième est le plus tendu, en grande partie à cause de ces deux notes en quinte diminuée répétées inlassablement pendant le début et la fin du morceau. De nouveau, le milieu est différent, un signe de la progressivité de Vangelis, sans aucun doute. Ce passage central est très réussi, très évolutif, avec des beaux traits de sons de piano et de vibraphone.

Le quatrième mouvement est le plus répétitif et contemplatif. Il est caractérisé par un grand solo de ténor et une grande utilisation d'un son de vibraphone. Les interventions des chœurs y sont de toute beauté. Le cinquième mouvement vient en miroir du 1, débutant par un séquençage encore plus rapide, avec lequel contraste une mélodie des chœurs très lente, un effet que Vangelis avait inauguré sur Antarctica. Au centre du morceau, le tempo du séquençage diminue soudain d'un facteur quatre, et se voit contrebalancé par un son de marimba en intervalle dissonant. D'abord tranquille et ingrat, ce passage voit ensuite la tension remonter pour parvenir à une conclusion magistrale et, de nouveau, impressionnante. Le dernier mouvement est un épilogue très doux, reprenant le thème du deuxième.

Mask est vraiment une des plus grandes réussites de Vangelis. De par son ambition et sa complexité, cet album est sans doute son véritable chef-d’œuvre, sa quintessence, le disque qui devrait rester si tous les autres disparaissaient. Encore faudrait-il qu'il soit publiquement reconnu à sa juste valeur. L'intelligentsia du classique n'osera jamais reconnaître de vraies qualités d'écritures à un artiste lié au rock comme Vangelis, tandis que le public ayant accroché à son côté le plus commercial trouvera sans doute toujours ceci trop classique. J'espère que cette chronique incitera quelques curieux à le découvrir et œuvrera, même de façon infime, à sa reconnaissance.

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