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LAIBACH - Nato (1994)
Par JOVIAL le 5 Avril 2013          Consultée 1333 fois

Le cas NATO. Encore un album de LAIBACH qui aura fait couler beaucoup d'encre à sa sortie en 1994. Ou de mauvaises larmes, à vous de voir. Les anciennes nations de la désormais Ex-Yougoslavie s’entre-déchirent alors au même moment dans de sanglantes guerres : Serbes, Bosniens, Croates, Albanais, Kosovars, Macédoniens, Chrétiens, Musulmans, militaires, miliciens, voisins et voisines se foutent alors joyeusement sur la gueule, sous les yeux médusés d'une OTAN impuissante. LAIBACH en fait justement le thème de son dixième album : l'OTAN (NATO chez Shakespeare) et surtout la guerre qui tue les gens, sujet en somme à la hauteur d'un groupe qui, rappelons-le, avait proposé une critique intelligente de l'économie capitaliste sur l'excellent Kapital deux ans auparavant. Deux ans qui semblent sur NATO très très loin.

Cet album est un naufrage à tous les niveaux, et tout d'abord sur le plan conceptuel. LAIBACH a toujours été un groupe fondamentalement provocateur. Ce qu'il veut dénoncer, il se l'approprie pour mieux le discréditer dans la violence et la caricature, en choquant par la brutalité et la noirceur de sa musique. Ici, la formation slovène se complaît dans les hymnes graves et simplistes néantisant la guerre et ses vilains méfaits. Où est donc passer l'esprit sardonique, tout le mauvais goût des précédents albums ? Envolé, à de rares exceptions près, des morceaux restant étrangement les moins mauvais moments d'un disque absolument décevant.

Car sur le plan musical, c'est pas franchement plus folichon : NATO est facile, enfantin. Je ne reproche pas au groupe de ne sortir ici qu'un ensemble de neuf covers, LAIBACH a déjà fait de même sur Let It Be, et c'était plutôt réussi. Mais cette fois-ci, nos Slovènes s'amusent à massacrer des classiques rock, folk et autres au moyen d'un mélange indus/techno des plus foireux. N'allons pas par quatre chemins, seuls deux morceaux sont ici à sauver : le titre-éponyme qui ouvre l'album, reprise efficace de la géniale pièce « Mars – The Bringer of War » de Gustav Holst, et « Alle Gegen Alle », œuvre de la D.A.F., pionnier de l'électronique et grande influence de LAIBACH. J'y faisais référence au paragraphe précédent, voici les rares moments où Milan Fras et ses camarades renouent avec une musique violente et impériale, efficace à en faire froid dans le dos, en évitant un propos naïf et navrant.

Pour le reste, nul besoin de faire du track by track pour résumer NATO. Les compositions sont insipides et ennuyeuses. LAIBACH n'expérimente quasiment plus, et les associations qu'il tente ne fonctionnent guère. À titre d'exemple, « War », des Temptations, aurait pu faire un excellent et original moment de musique électronique, avec ses magnifiques chœurs féminins, si un « refrain » bancal ne venait pas saper tout l'édifice. Plus loin, c'est sur « In The Army Now », le tube des Status Quo, que nos Slovènes s'écroulent, en proposant une caricature de leur propre musique, des plus médiocres et laborieuses. De manière générale, si les arrangements symphoniques sont toujours présents, LAIBACH s'est aventuré sur un terrain qui ne lui sied guère, encore plus « techno » que Kapital, plus dansant également, qui ne convainc pas. J'éviterais tout particulièrement d'aborder le sujet de « The Final Countdown », dont ce bon vieux Scooter aurait probablement été très fier. Et lorsqu'enfin prend au groupe le désir de revenir à ses premiers amours, cela donne soit du très poussif (« 2525 »), soit du déjà-vu (« Mars On River Drina »), aucunement ne serait-ce que de l'efficient.

NATO s'écoute certes sans difficulté, mais rate dans le même temps beaucoup de marches. On sent une formation en manque d'assurance face au nouveau chemin qu'elle emprunte, optant alors pour une solution de facilité qu'elle ne parvient pas à masquer. En voulant sans cesse se maintenir à la tête de l'avant-garde, LAIBACH en perd une partie de son identité musicale et, comble du comble, ne semble même pas s'en rendre compte. Le verdict est ainsi clair et sans appel : NATO est une véritable déception.

1,5/5, à éviter, hormis peut-être « Alle Gegen Alle ».

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- Dejan Knez (arrangemments)
- Milan Fras (chant)
- Ervin Markošek (batterie)
- Ivan Novak (arrangemments)


1. Nato
2. War
3. Final Countdown
4. In The Army Now
5. Dogs Of War
6. Alle Gegen Alle
7. National Reservation
8. 2525
9. Mars On River Drina



             



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