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KISS - Unmasked (1980)
Par TOMTOM le 31 Juillet 2013          Consultée 2101 fois

Qu’ils semblent lointains, les horizons bénis du hard rock'roll qui avaient fait la gloire de Kiss dans la deuxième moitié des années 1970. Car alors que commence une nouvelle décennie, le groupe de Paul STANLEY confirme le virage entamé l’année précédente avec Dynasty. Exit la grandiloquence, la violence intrinsèque de la guitare d’Ace FREHLEY, les envolées démoniaques de Gene SIMMONS et les textes provocateurs, place aux synthés (discrets, mais là quand même), aux mélodies pop sucrées et aux guitares gentillettes. Si Unmasked n’avait pas été si mauvais, Kiss en serait presque devenu respectable.

Autant Dynasty pouvait être marrant de temps à autre (« I Was Made… »), autant Unmasked n’inspire aucun sentiment, si ce n’est la navritude. Voyez, c’est tellement dur à décrire qu’il n’existe aucun substantif approprié. En plus, je ne sais pas ce qui me navre le plus : les compositions sont insipides (« Naked City », ceux qui aiment cet album disent que c’est son meilleur titre), les chœurs abominables (« Is That You ? »), les riffs trempés dans la mélasse (« What Makes The World Go Round », quand on a entendu « Calling Dr. Love », ça fait un choc), les paroles d’une niaiserie affligeante, etc. A ce propos, il est ahurissant de voir le changement de ton de Kiss, et ce, rien qu’à travers les textes de « Talk To Me » (pas la chanson la plus vilaine de l’album par ailleurs). Sur ce pseudo-hit, Ace FREHLEY bredouille: « Talk to me, talk to me, all i want is a little conversation ». Impossible de savoir si le guitariste était sérieux quand il a pondu ça, ou si l’euphémisme est très bien camouflé, mais on très très loin des paroles de, au hasard, « She » et de son graveleux « tout le monde il sait qu’elle est trop bonne ».

Kiss a changé, les fans sont perdus et les puristes déçus, soit. Mais même sans être un amoureux fou du groupe, difficile d’aimer l’abominable « Shandi » et son clip à pleurer, l’ulcérant « She’s So European » et ses trois notes de synthétiseurs insupportables, le repoussant « Easy As It Seems » et sa basse au ras des pâquerettes, etc. Tout ici suinte la pop US la plus minable qui soit, à tel point qu’il est dur d’imaginer comment un groupe peut mettre autant d’énergie à se saborder. Quand on sait ce qui s’est passé avec ce groupe en 1977 et ce qui s’y passera en 1982, Unmasked ne peut être que l’album du grand gâchis. Rien ici n’est sincère, assumé. Même la guitare d’Ace FREHLEY (et pourtant dieu sait que je suis tolérant en ce qui concerne le bonhomme) se fourvoie, se lisse à en devenir aussi banale que celle de n’importe quelle guitar hero de bas étage.

Croyez le si vous voulez, mais je réécoute cet album en même temps que je le chronique (sic) et je viens d’éclater de rire en entendant « Torpedo Girl ». Marrant que ma mémoire ait réussi à effacer ce truc. Peut-être est-ce à cause de cette basse rebondissante (je vois bien Gene SIMMONS dans le studio : « Les mecs, je vais essayer quelque chose de nouveau, un truc trop funky, accrochez-vous ! ») ou de cette partie de batterie ridicule en guise d’introduction. D’ailleurs, Anton FIG (derrière les fûts sur tout Unmasked) réussit l’exploit de faire encore moins bien que Peter CRISS sur Destroyer, plus basique tu meurs. Finalement, cocaïné ou pas, le batteur-chat avait tout compris : mieux valait quitter le navire pendant qu’il en était encore temps, histoire de ne pas trop accoler son nom aux nouveaux potes de Paul STANLEY (le producteur Vini PONCIA ou ce mystérieux Pepe CASTRO qui cosigne « Naked City »).

Il y a bien longtemps, j’ai établi une technique objective pour déceler les mauvaises chansons. Je vous la livre ici de bon cœur, ça peut toujours servir. Fermez les yeux quelques secondes et imaginez une plage de sable blanc qui se fait doucement lécher par une mer d’un bleu paradisiaque. Le soleil est presque orange, mais toujours entier. Sur ce paysage enchanteur, lancez la musique. Attendez quelques secondes, puis superposez ces deux univers. A partir de là, il n’y a plus 32 solutions : si vous pouvez imaginer le chanteur de ladite chanson sur la plage, se déhancher sur le sable ou faire un petit footing en agitant les bras de haut en bas (adapter le rythme en fonction du tempo du titre), chanter un sourire idiot gravé sur le visage, les yeux à demi fermé (les lunettes de soleil ça marche aussi) alors vous avez gagné : cette chanson est nulle. Ou tout simplement risible. Et si vous n’êtes pas encore tout à fait sûr, vous pouvez toujours imaginer le reste du groupe passer sur des planches à voile en arrière plan, instruments à la main. Bizarrement, ça marche sur beaucoup de titres de Bryan Adams, Bon Jovi et sur toute la discographie de Blink-182. Pour Unmasked, ça marche sur tous les titres. Et le pire, c’est qu’on ne peut même pas se consoler en se disant que le prochain sera meilleur…

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   TOMTOM

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Paul Stanley (guitare rythmique, chant)
- Gene Simmons (basse, chant)
- Ace Frehley (guitare solo, chant)
- Peter Criss (batteur sur la pochette)
- Anton Fig (batterie sur le disque)


1. Is That You?
2. Shandi
3. Talk To Me
4. Naked City
5. What Makes The World Go 'round
6. Tomorrow
7. Two Sides Of The Coin
8. She's So European
9. Easy As It Seems
10. Torpedo Girl
11. You're All That I Want



             



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