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HARD PROGRESSIF  |  STUDIO

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KISS - Music From The Elder (1981)
Par TOMTOM le 31 Août 2013          Consultée 2462 fois

Je me demande ce qu’Eric CARR a bien pu penser lorsqu’il est entré en studio, ce maussade jour de mars 1981 où Kiss a décidé de commencer l’enregistrement de sa bouse grabataire la plus nauséabonde, le bien nommé Music From The Elder. Imaginez : le mec est fan de Kiss, des rêves de hard rock plein la tête, il est embauché après la désertion de Peter CRISS et fait preuve d’un enthousiasme débordant sur scène (durant la tournée Unmasked, celle qui n’était pas assez bonne pour passer par les USA).

Et puis un beau jour, il croise Bill AUCOIN, le manager du groupe : « Eric ! Pour le prochain album, Paul et Gene ont eu une idée géniale : un album concept ! Avec ça, on est sûr de ramasser plein de blé yeah ! » Et le batteur de répondre, candide : « Euh, qu’est ce que c’est que quoi un album concept ? » « Je sais pas trop… Un album sans blanc entre les chansons, un truc un peu prog quoi. Avec une histoire qui se tient. On pourrait même en faire un film imagine ! » « Comme « Kiss contre les fantômes » ? » « Euh, oui. De toute façon, tu n’as pas trop ton mot à dire, on a déjà trouvé le producteur et Ace en a plus grand-chose à foutre alors… » « Le producteur, c’est qui ? » « Bob EZRIN, tu sais Destroyer tout ça. » « Et The Wall, aussi. C’est pas très Kiss ça, The Wall. » « On n’a pas besoin de faire du Kiss pour pondre un bon album à ce que je sache !? »

L’argument imparable… Celui avancé par tous les défenseurs de cet album, psychotiques exclus. « Si tu écoutes Music From The Elder en te disant que ce n’est pas Kiss, le disque est pas désagréable à écouter. » Un exercice cérébral aussi impossible qu’absurde, d’abord parce que cet album n’est pas bon (ni même « pas désagréable à écouter ») mais il l’est justement parce que c’est Kiss qui joue dessus. Car si le groupe avait pu faire preuve, par le passé, d’un génie typiquement glam et hard rock (immédiat, en soi), force est de constater que la formation n’a ni les capacités musicales ni les forces compositrices nécessaires pour tricoter un concept album entier. Encore moins pour imaginer variations pertinentes et autres pièces symphoniques dignes des plus grands groupes de prog. Kiss, en plus d’avoir eu une idée à la con (la troisième en trois ans), s’attaquait en plus à une quête trop grosse pour lui.

Pourtant les mecs avaient mis le paquet : Paul STANLEY s’était acheté un bandana violet, Gene SIMMONS s’était coupé les cheveux, les deux compères étaient allés rechercher Bob EZRIN qui amène dans sa besace quelques glorieuses signatures (Lou REED) et un orchestre symphonique. La bande s’était même mise à imaginer une histoire au ras des pâquerettes dont je vous fais grâce, vaguement heroic-fantasy et dont la niaiserie affligeante était censée soutenir l’album entier.

Idée pourrie, look pourri, histoire pourrie. Mais quid de la musique me demande celui qui n’a pas encore compris ? Après une entrée en fanfare (sic), « Just A Boy » entame les hostilités : commençant comme du Fairport Convention foireux pour mieux aller s’écraser sur un riff hard mal branlé, on y entend Paul STANLEY chanter comme je ne sais quel castra d’opérette, s’émerveillant de tout comme s’il avait en permanence un tutu autour des fesses et un projecteur braqué sur la tronche. Voltigeant des années lumières au dessus de toute décence, le délire continue sur cet « Odyssey » au lyrisme affligeant. À en faire hurler de rire les danseurs du Bolchoï.

La suite n’est pas plus inspirée (ou alors est trop inspirée) : Gene SIMMONS est dans un état lamentable, tout au plus est-il sauvé par le pseudo-single « A World Without Heroes » et un « Mr. Blackwell » bof mais rigolo. Ace FREHLEY, lui, est quelque part ailleurs. Et même s’il se rattrape un peu sur le marrant « Escape From The Island », son boulot sur « Dark Light » est consternant, ses solos toujours un peu moches et fastidieux (« Mr. Blackwell »). Le mec souffre, ça s’entend.

Peut-on sauver quelque chose de ce disque ? Des moments par-ci par là, peut-être. Mais les titres sont trop ternes, trop lourdingues (« I », qu’est-ce que c’est long !), trop mal foutus (« The Oath », ses claviers tourbillonnants abominables made in ERZIN), trop surjoués (aucune émotion du début à la fin) pour qu’une seule chanson de Music From The Elder puisse rentrer dans les annales. Ou tout simplement dans un best of de Kiss. A ce propos, l’album sera un tel fiasco qu’aucune tournée ne sera programmée pour le promouvoir (comment promouvoir un tel truc ?) et que Casablanca commandera fissa à Paul STANLEY un best of (Killers) avec quatre inédits rustauds (« I’m a Legend Tonight », « Partners In Crime » et les très bon « Nowhere To Run » et « Down On Your Knees ») histoire de récupérer un peu de fric après le déluge. Pas folle, la maison de disque n’osera pas y inclure un seul titre de Music From The Elder.

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   TOMTOM

 
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   (3 chroniques)



- Paul Stanley (chant, guitare rythmique)
- Gene Simmons (chant, basse)
- Ace Frehley (chant, guitare solo)
- Eric Carr (batterie)
- Bob Ezrin (claviers)


1. The Oath
2. Fanfare
3. Just A Boy
4. Dark Light
5. Only You
6. Under The Rose
7. World Without Heroes
8. Mr. Blackwell
9. Escape From The Island
10. Odyssey
11. I



             



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