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KISS - Crazy Nights (1987)
Par TOMTOM le 11 Novembre 2014          Consultée 1234 fois

Satané groupe... A peine avions-nous eu le temps de nous remettre de "Uh! All Night" que ces salauds nous refont le coup du virage mainstream dégueu. Dynasty, ça vous rappelle quelque chose ? Pareil.

Crazy Nights est le disque d'un Kiss aigri. En 1987, ce qui cartonne le plus dans le joyeux monde du métal, Guns exceptés, c'est le Def Leppard post-Hysteria, le Van Halen sans Diamond Dave, ces gros nazes de Bon Jovi et le Whitesnake bronzé de "Here I Go Again". Autrement dit, des groupes qui ont su dépasser les menaces de mort des hardos assoiffés de distorsion pour proposer un truc vaguement métal, très barbapapa, rempli de claviers foireux et de batteries moins naturelles tu meurs. N'empêche que ça marche très bien. Aux concerts de Bon Jovi, il y a les gamins ET leurs parents. Bon Jovi dans ses clips a l'air super sympa. 1987, le métal est parvenu à dépasser les frontières de son public habituel pour en trouver un autre, beaucoup plus vaste celui-là : les fans de Phil Collins.

Toujours à la pointe de la compromission, c'est tout naturellement que Kiss attrape en marche le train du mainstream, laissant sur le quai la respectabilité hard qu'il avait regagné depuis 1982. Attention : "mainstream", "pop" et autres ne sont pas des insultes. Il y a des trucs ringards des eighties qu'on écoute toujours avec beaucoup de tendresse. Il y a même des trucs très bien, vachement drôles. Mais pas ici. Asylum lorgnait sur la pop. Crazy Nights se vautre dedans. C'est toute la différence.

"Reason To Live"... J'ai honte pour Paul STANLEY. Vraiment. Ce mec a été le héros de plein de gens. "Detroit Rock City", "Strutter", "Love Gun", etc. Et maintenant ça? La première fois que j'ai vu le clip, ça a été un vrai choc. Paul qui se trémousse sur ce rythme bâtard, qui chante avec son regard de teckel apeuré. Le malaise que je ressens en écoutant cette chanson est très dur à décrire. C'est une sorte de tristesse intense, de langueur infinie. Comme un embarras, une gène qui grandit à chaque note de synthés. Et ce rire nerveux qui sort parfois au moment du refrain.
Heureusement qu'il n'y a pas trop de balades dans cet album, imaginez l'état du chroniqueur à la fin.

L'autre succès commercial (si si) de l'album c'est le rock festif "Crazy, Crazy Nights" (remarquez le "crazy" en plus par rapport au titre de l'album, preuve que chez Kiss on est vraiment des oufs). Je ne sais pas comment on faisait la fête à la fin des années 80, mais si on passait ça en soirée ça ne devait vraiment pas être beau à voir. Paul STANLEY est visiblement trop content de chanter, tout le monde reprend en chœur et vas-y que je te tartine tout ça de synthés et d'écho dans tout les sens. 25 ans plus tard, ça paraît tellement ringard et niais ! Comparé à ça, "Jessie's Girl" de Rick Springfield (dans le registre pop hard rock) a la carrure de "Stairway To Heaven".

Voilà pour les deux titres ouvertement pop de cet album. Le reste du temps, Kiss a quelques réminiscences hard (bah oui quand même). Problème : tout est noyé dans une guimauve tellement peu subtile que même les titres relevés en deviennent embarrassants. Tous les refrains sont chantés sur le même mode émerveillé, faussement emprunté. Même Gene SIMMONS s'y met, alors que ce n'est pas du tout son registre.

Après, on pourrait sans doute sauver quelques moments ici et là. Mais impossible de rentrer dans les détails sans se choper une migraine. A la rigueur, on peut retenir que "Thief In The Night" est le titre le moins nul de l'album (placé en dernier, j'ai bien failli ne jamais y arriver). Je voulais dire du bien du jeu d'Eric CARR et de Bruce KULICK, mais comme ils co-signent quelques chansons de ce massacre, ils peuvent aller se brosser.

"My Way", par contre, est sûrement le titre le plus nul. Il y a aussi ce truc, "No No No", auquel je ne comprends absolument rien. Cette chanson n'a ni queue ni tête.

De manière parfaitement compréhensible, le métal pour synthétiseurs et plein de bons sentiments de "Crazy Nights" sera un succès commercial incroyable. Le public était demandeur, Kiss le savait. Si le jeu n'en valait pas la chandelle, jamais le groupe n'aurait osé un truc pareil. En tout cas, la rupture sonique avec Asylum est étourdissante. "C'est ma musique et j'en suis fière" chante Paul STANLEY dans "Crazy Nights"... "Musique" ici veut dire : "production lisse, innocente, sans une once d'excitation, ni d'agressivité". Dire que ce mec a voulu produire le premier Guns 'n Roses... Pas étonnant qu'ils aient refusé.

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   TOMTOM

 
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- Paul Stanley (guitare rythmique, chant)
- Gene Simmons (basse, chant)
- Bruce Kulick (guitare solo)
- Eric Carr (batterie)


1. Crazy Crazy Nights
2. I'll Fight Hell To Hold You
3. Bang Bang You
4. No, No, No
5. Hell Or High Water
6. My Way
7. When Your Walls Come Down
8. Reason To Live
9. Good Girl Gone Bad
10. Turn On The Night
11. Thief In The Night



             



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